« 40 ans, 6 morts et quelques jours » de Victor Rizman

Un publicitaire de 40 ans, père de famille sans histoires, décide de se prendre en main pour faire face à la crise de la quarantaine. Sa vie de famille et son job ne lui conviennent plus : qu’à cela ne tienne, il va changer tout ça. Rien de plus facile avec Internet. Désormais, il s’appelle Mélinda286 et traque ses futures victimes -des hommes sans morale- sur des sites de rencontres. Il prend un appartement sans que sa femme et sa fille s’en aperçoivent et mène une double vie de de publicitaire pour une marque de nourriture pour chiens et de serial killer.

Pour donner un peu de piment à tout ça, il met les médias dans la course et son interlocuteur privilégié, Vulcain Sanglar, est un pauvre journaliste minable qui sent mauvais mais qui a une imagination débordante pour faire des hypothèses sur les motivations de ce tueur mystérieux. Le regard que porte ses collègues sur lui va changer du jour au lendemain grâce à cette affaire.

Bien entendu, la police est sur le coup. C’est Schmidt -un flic mis au placard pour avoir été mettre sont nez là où il ne fallait pas- qui est en charge du dossier. Le capitaine se méfie des évidences mais va t-il une nouvelle fois risquer sa carrière pour faire éclater la vérité ?

                                    

Un jour, j’ai reçu un mail de Victor Rizman me parlant de son livre et m’invitant à consulter son site. Tout de suite, j’ai accroché. Le site est bien construit, le graphisme est sympa, le CV de l’auteur m’a fait beaucoup rire… Quelques temps plus tard, nouveau mail avec un lien vers la bande annonce du livre. Et là, malgré la peur d’être déçue et de perdre mon temps comme c’est parfois le cas avec les nombreuses sollicitations que l’ont reçoit sur la blogosphère, je n’ai pas pu résister, j’ai demandé un service de presse. Suivre son instinct, ça a parfois du bon !

Au départ, j’ai eu un peu de mal à me faire au cynisme du narrateur et à l’aspect trivial de certaines de ses remarques mais très vite je me suis laissée emporter par l’intrigue. Le dénouement, à rebondissements, m’a vraiment surprise. Il met en avant les dérives de la société de consommation et de communication  et montre à quel point nous pouvons nous faire manipuler par les médias et les images. Nous vivons dans un monde où tout va vite, où il faut vendre à n’importe quel prix, où l’humain ne compte plus. Mais où est passé l’esprit critique et le nécessaire recul sur les choses ?

Seul petit bémol dans ce roman: le personnage du journaliste, Sanglar a des attitudes et une façon de vivre peu vraisemblables. Il vit dans une crasse effroyable, collectionne des objets vraiment surprenants et on ne comprend pas toujours ce qu’il fait quand il va voir sa mémé, dans les bois. Mais ce personnage n’est-il pas là pour monter un peu plus qu’il ne faut pas toujours se fier aux apparences ?

Un roman à lire, pour l’intrigue mais aussi pour toutes les réflexions sur la communication, la pub, l’Internet, etc.

Un extrait à méditer :

« Je suis fasciné par la proximité illusoire que crée Internet et ses e-mails. L’immédiateté de l’échange, l’absence de rencontre avec ce qu’elle contient d’indices dévastateurs dans la découverte subjective de l’autre, créent vite un cocon d’illusion nourri par l’intarissable besoin de séduire et l’incroyable optimisme de l’espèce humaine. […]. Tout est parfait, comme rêvé. […]. Tout le monde y croit et surtout veut y croire, pour finalement échanger des e-mails avec le chien du voisin. » p.40-41.

RIZMAN, Victor, 40 ans, 6 morts et quelques jours…, Emotion works, 2009.

20 réflexions sur « « 40 ans, 6 morts et quelques jours » de Victor Rizman »

  1. J’ai eu les mêmes mails, mais n’ai pas trop compris e quoi il s’agissait… Ça a l’air intéressant, finalement, mais est ce bien raisonnable de dire oui à toutes les propositions de livres??? ^_^ ce qui est mon cas, le plus souvent…

  2. Effectivement , la visite du site m’a conquise ! Je me suis tué les yeux sur le CV avant de remarquer la loupe à côté ! )))
    Et la chanson , c’est quoi tu connais … c’est lui ? On dirait du Gainsbourg …
    Tout ça m’attire bien (d’autant plus que je suis une ancienne rédactrice publicitaire ) mais j’ai déjà tellement de livres en attente que je vais attendre avant de le commander ! En tout cas , je le garde dans un coin de ma tête ,c’est sûr !
    Bon week-end de Pâques saxaoul…

  3. @Keisha : moi aussi j’ai beaucoup de mal à refuser une proposition de livres !
    @Stephie : tu ne seras pas déçue, je pense.
    @La Pyrénéenne : je ne connais pas la chanson mais j’ai beaucoup aimé. Je peux te le prêter si ça te tente. Sinon, il coute 12 euros. Si tous les livres étaient à ce pris là, j’achèterais plus souvent des nouveautés !
    @cécile : non, ce n’est pas trop glauque. C’est un polar, alors l’ambiance est un peu particulière… Il y a beaucoup plus de cynisme que de trivialité. Si tu veux le lire, je te le prête.

  4. Bien que séduit par le site du livre, je n’ai pas succombé à la proposition, ce genre littéraire n’étant pas trop ma tasse de thé. Ce que tu en dis ici me ferait presque regretter ma décision )

  5. L’auteur :Beau site ?
    Mais vous avez tous des yeux de chat !
    Ce site pour moi est quasi-illisible. Que de noir, et des textes écrits dans de tout petits caractères d’une fonte mal dessinée.
    Comprends pas. Jamais vu un site internet aussi mal fait.
    Et quid de l’éditeur ? Pas de nom. Auto-édition ? On aimerait en savoir un minimum. Pas d’extraits à ce que j’ai vu, mais ai-je bien vu ?
    Bref, j’ai zappé tout de suite
    Noann

  6. MERCI
    merci pour votre lecture et votre analyse.
    Un petit bémol aussi si vous me permettez ce clin d’oeil … Si Sanglar vous semble invraisemblable, venez faire un tour avec moi dans les Vosges ou dans certains patelins des Etats Unis et vous verrez que la réalité est encore plus spectaculaire, crade et bizarre !! Je voyage beaucoup et j’écris souvent à partir de ceux que je rencontre. Encore merci pour votre interet et votre article.
    @ noann je respecte ton choix, respecte le mien d’être sélectif, je n’ai pas fait un site commercial pour plaire à tout le monde. Il reflete le livre, je crois, Il est logique que certains n’aiment pas et c’est tres bien ainsi. Et s’il y a un resumé « avec une loupe ecrit en tout petit et CTRL + qui marche pas », il y a aussi et SURTOUT une bande annonce

    Le livre est edité par emotion works
    ISBN 978 2 9533461 0 7 il est disponible sur le site Bonnes lectures a tous !

  7. trivial?
    bonjour, j ai vu ta critique du roman de rizman, je l ai lu aussi et je suis étonnée que tu y ais vu de la trivialité ? Le cynisme oui, je suis d accord avec toi mais je n ai rien vu de trivial…et je hais la trivialité .! mais peut être ne donne t on pas la même définition au terme « trivialité » ? (et je rajouterai que Sanglar est mon personnage préféré dans le roman, un côté animal qui n est pas pour me déplaire En tout cas,nous nous rejoignons sur un point: ce roman vaut la peine d’être lu et peut plaire à des personnes n’ayant visiblement pas la même perception des choses Reste que le sens que tu donnes à « trivialité » m intéresse à Noann: pourquoi tant de mépris pour l’auto édition? parlons du roman plutot que du site ou de la maison d édition! et si ton avis est bien sur bon à entendre, la réponse de l auteur l est tout autant non? Candy

  8. Tiens,je suis toujours intéressée par les petites maisons d’édition, alors je note. Et C’est vrai , Noann (que je ne connais pas), que je te trouve un peu intolérante par rapport à ces petites maisons d’édition et ces auteurs inconnus qui font parfois avec les moyens du bord. Moi, je note ce titre en tout cas.

  9. il faut ch… tous ces trolls qui viennent parasiter nos petits échanges bon enfant…
    Supprimer ce style de com, les ignorer ou y répondre je ne sais pas ce que je ferai mais le logo est bien ainsi que la déclaration d’Antigone…
    Sur ce je lève bientôt les voiles,bisous saxaoul

  10. 40 ans 6 morts et quelques jours…
    Je suis entrain de finir le bouquin de Victor Rizman… Je suis assez d’accord avec vous tous (toutes); y-compris pour ce qui est de la stérilité du débat sur le site internet… En ce qui me concerne, je ne suis pas encore allé voir ce site, le livre me suffit… Pour l’instant !
    Pour ce qui est de la susceptibilité des auteurs on peut penser que quelqu’un qui se sort les tripes pour une oeuvre soit un peu amer quand la critique ne porte que sur les périphériques…
    Cela dit Rizman est effectivement zen sur ce coup-là !
    Celà lui ressemble-t-il ? Je sais qu’il y en aura d’autres, soyons à l’affut!

La parole est à vous !

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