Ailefroide : Altitude 3954 – Olivier Bocquet et Jean-Marc Rochette

Jean-Marc Rochette rêve de montagne depuis qu’il est gamin et n’a qu’une idée en tête : grimper toujours plus haut. Sa première ascension, il la fait dans les années 1970 avec Sempé, un adolescent de son âge et du matos que Laroche-Joubert, une célébrité locale du CAF (Club Alpin Français), lui prête. C’est le début d’une passion dévorante et d’une liste interminable de courses en montagne.

Pour s’acheter son propre équipement, Jean-Marc réussit à obtenir un 15 en allemand alors qu’il est plutôt fâché avec l’école. Avec Sempé, il se fixe pour objectif de gravir la face Nord d’Ailefroide. Pour cela, ils doivent s’entraîner et multiplier les allers-retours de Grenoble à La Bérade en mobylette.

Outre l’alpinisme, l’adolescent est passionné par la peinture et le dessin. Il deviendra auteur de bandes dessinées et c’est quarante ou cinquante ans plus tard, après avoir fait son trou dans le métier, qu’il revient à travers ce récit initiatique, sur sa passion pour l’alpinisme et son entrée dans l’âge adulte. Le recul lui permet d’avoir un autre regard sur celui qu’il était alors.

La BD, un pavé de 280 pages, multiplie les vues de parois rocheuses plus dangereuses les unes que les autres, de glaciers, de refuges gardés par des jolies filles, de bivouacs sous les étoiles et de sommets qui dominent le monde. Le trait est simplifié au maximum mais la diversité des angles ainsi que le rythme et le contexte varié de ces courses en montagne créent un dynamisme qui fait qu’on ne s’ennuie jamais.

La montagne est pleine de dangers. Certains se blessent. D’autres perdent la vie. Jean-Marc, lui, est un jeune chien fougueux. Il tire des rappels sur la façade du lycée dans lequel il est interne et prend des risques, seul ou à deux, dans des courses qui ne sont pas toujours de son niveau. Petit à petit, la réalité de la vie le rattrape.

C’est peu dire que j’ai dévoré Ailefroide. Depuis mon adolescence et la lecture des romans de Frison-Roche, la montagne et l’alpinisme me font rêver. Comme le dit très justement Bernard Amy dans la postface, là-haut, on laisse son moi social et on le regarde avec une certaine distance. On prend aussi de sacrés leçons de vie !

BOCQUET, Olivier, ROCHETTE, Jean-Marc, Ailefroide : Altitude 3954, Casterman 2018.

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35 réflexions sur « Ailefroide : Altitude 3954 – Olivier Bocquet et Jean-Marc Rochette »

  1. sans être passionnée de montagne, j’apprécie souvent ces récits extrêmes qui évoquent transcendance et beauté sauvage de la nature, je note !

  2. Je ne sais pas si je suis assez passionnée pour me lancer mais j’aime beaucoup la peinture des grands espaces et tous les thèmes qui s’y réfèrent…. liberté, dépassement de soi… ça pourrait me plaire !

    1. Peut-être un emprunt pour ne pas prendre de risque. J’ai vu que l’auteur participait demain à un masterclasse organisé par France Culture. Dommage que je n’habite pas Paris 😉 !

  3. Le sujet ne me passionne pas vraiment, mais je reconnais que c’est une très belle BD ( coup de coeur de mon Monsieur, ce qui explique que je l’ai eu dans les mains ;))

    1. J’imagine que ton Monsieur a été très sensible au dessin. Il est magnifique… Il connaît les œuvres de Jean-Marc Rochette ?

  4. Je garde un bon souvenir d’un manga de Taniguchi (en plusieurs tomes) sur la montagne, alors que le sujet me tentait moyennement au départ… Donc peut-être que je pourrais tenter celui-ci ?!

    1. Oui, on sent les personnages très humbles par rapport à la montagne. Quand on vit dans un tel cadre, il n’y a pas vraiment le choix de toute façon si on veut rester en vie….

    1. Ce qu’il y a de bien avec la BD c’est que la production est tellement diversifiée que chacun peut y trouver son bonheur.

  5. J’ai eu une longue époque où je dévorais les récits de montagne,il y en a plein sur mes étagères. J’étais aussi fasciné par ces aventures humaines et inhumaines aussi. 260 pages c’est énorme pour une BD !

La parole est à vous !