Alain Mabanckou – Petit piment

Quand Priceminister a proposé aux blogueurs de recevoir un livre et de le chroniquer dans le cadre des Matchs de la rentrée littéraire, j’ai décidé de suivre les conseils de la pétillante Stephie et de choisir Petit piment d’Alain Mabanckou. Je ne connais pas bien cet auteur et je ne lis pas assez de littérature étrangère. Ce roman était donc un bon moyen de sortir de mon horizon de lecture habituel. Le seul problème, c’est que je n’aurais pas dû lire la quatrième de couverture qui dévoile carrément le dénouement. Ce genre de chose a le don de m’énerver !

Petit piment, c’est le surnom donné à Tokumisa Nzambe po Mose yamoyindo abotami namboka ya Bakoko à l’orphelinat de Loango. En lingala, langue parlée au Congo, cela signifie « Rendons grâce à Dieu, le Moïse noir est né sur la terre des ancêtres ».

Ce nom à rallonge est donné au héros du roman par Papa Moupelo, le prêtre de l’orphelinat. Cet homme original vient chaque week-end pour faire chanter et danser les enfants. Sa venue est attendue. Nous sommes dans le Congo des années 1960. Petit piment a treize ans, ne connaît pas l’identité de ses parents, et la vie à l’orphelinat n’est pas drôle du tout.

Toute la semaine, les enfants subissent le mépris et la méchanceté du directeur, Dieudonné Ngoulmoumako. Cet homme corrompu n’hésite pas à abuser de son pouvoir et à les battre. Les surveillants, des membres de sa famille, sont à sa botte. Sabine Niangui prend heureusement soin de Petit piment et lui offre parfois du réconfort. L’adolescent a un ami prénommé Bonaventure. C’est d’ailleurs pour le défendre qu’il tient tête aux jumeaux Songi-Songi et Tala-Tala et hérite du surnom de petit piment.

Des bouleversements politiques viennent affecter la vie de l’orphelinat. La vie de Petit Piment bascule alors. Il grandit et porte un autre regard sur le monde qui l’entoure.

Les personnages qui croisent sa route, que ce soit à l’orphelinat ou en dehors, sont hauts en couleur et incarnent des archétypes de leur pays. Politique, corruption, prostitution, escalvage, magie : les sujets abordés sont nombreux. Écrit dans une langue poétique, imagée et pleine d’humour, ce roman d’apprentissage propose, souvent sous couvert de naïveté ou de légèreté, un véritable réflexion sur la société congolaise. 

MABANCKOU, Alain, Petit piment, Seuil, 2015.

9 pensées sur “Alain Mabanckou – Petit piment”

  1. Ah ces quatrièmes de couverture! Quand on a beaucoup parlé d’un livre sur les blogs, il vaut mieux ne pas les lire. (et parfois les blogs en disent trop)

  2. Trop longtemps que je n’ai pas lu de littérature africaine, tu me donnes envie de m’y remettre ! Et si je tombe sur ce titre à la bibli je me rappellerais de ne pas lire la 4ème de couv !

La parole est à vous !

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