Arcadie – Emmanuelle Bayamack-Tam

Arcadie est un roman déroutant, un de ces livres dont je ne sais trop quoi penser. Il raconte l’histoire de Farah, 14 ans, qui vit à Liberty House, une communauté libertaire située à la frontière franco-italienne. Sa mère, électro-sensible, a trouvé refuge dans cet endroit situé en zone blanche. Son père, complètement à l’Ouest, semble s’y plaire aussi, tout comme sa grand-mère une homosexuelle excentrique.

Dans cette communauté qui regroupe des personnes en marge de la société, la liberté passe avant tout, le naturisme est de mise, la sexualité est débridée. Les couples s’échangent. Les vieux, les moches, les malades ont droit eux aussi à leur dose de sexe. Ils peuvent d’ailleurs se plaindre lors des assemblées s’ils ne trouvent pas de partenaire. Le point commun entre tous les membres de Liberty House réside dans une certaine forme de folie.

L’héroïne, Farah, qui n’est encore qu’une adolescente au début du roman, est complètement obsédée par la sexualité. La langue, à la fois érudite et crue, est déstabilisante. On ne s’attend ni à de tels mots dans la bouche d’une gamine ni à ce qu’elle ouvre sans arrêt ses cuisses à Arcady, le gourou de la communauté, un homme quelque peu rebutant âgé de 35 ans de plus qu’elle. La réflexion sur la féminité et la sexualité est nettement plus intéressante que ces scènes trop présentes à mon goût.

En grandissant, Farah porte un regard sans concession sur sa propre communauté. Un évènement vient montrer les limites de l’Eden que constitue Libery House et remettre en cause ses beaux principes. La jeune fille va alors se confronter au monde extérieur et suivre son propre chemin, si tant est que ce soit possible.

Un roman actuel qui, mine de rien, pointe du doigt certaines des problématiques de notre société et offre une belle ode à l’amour et à la liberté.

 BAYAMACK-TAM, Emmanuelle, Arcadie, P.O.L, 2018.

22 réflexions sur « Arcadie – Emmanuelle Bayamack-Tam »

    1. Je ne pense pas que ce soit ce titre qui passe la sélection du prix de Elle du jury de février. Il est en concurrence avec Einstein, le sexe et moi ! Et aussi avec Maîtres et esclaves de Paul Grevaillac que j’ai préféré de loin mais qui, a mon avis, n’a aucune chance de passer.

    1. Je ne sais pas si je me lancerai dans Le garçon de l’été. Ce livre est intéressant mais je n’aime pas forcément être déroutée à ce point.

La parole est à vous !