Ásta – Jón Kalman Stefánsson

Sigvaldi est allongé sur le trottoir, incapable de se relever. Il vient de tomber d’une échelle alors qu’il repeignait la fenêtre du premier étage d’un bâtiment. A ses côtés, une femme tente de lui venir en aide. Sigvaldi est incapable de lui répondre, son esprit divague de souvenirs en souvenirs. Sa vie défile devant ses yeux, mélangeant les époques et les personnages.

Le lecteur doit alors accepter de ne pas tout comprendre et de suivre les méandres de la mémoire de cet homme pour qui la vie n’a pas tenu toutes ses promesses. Petit à petit, les pièces du puzzle se mettent pourtant en place et offrent une fresque familiale islandaise brillamment écrite. Mention spéciale à Eric Boury, le traducteur, qui a su restituer cette atmosphère et ce lyrisme si envoutants.

Tout commence à Reykjavik, au début des années 1950. Helga donne naissance à Ásta et Sigvaldi est un papa comblé. Le couple a choisi ce prénom en hommage aux émotions ressenties à la lecture de Gens indépendants, un roman islandais qui leur a arraché quelques larmes. A une lettre près, Ásta signifie également amour. Ásta sera pourtant l’enfant du déchirement. Sigvaldi n’est pas le père qu’il aurait souhaité. Helga est incapable d’offrir la sécurité nécessaire à un nourrisson. Plus tard, Ásta et Josef bénéficieront eux aussi d’instants de bonheur. Jusqu’à ce que la vie et son lot de tragédies viennent s’en mêler.

Les années passent, les générations se suivent et le destin semble toujours plus ou moins le même. La recherche du bonheur semble vaine. Les liens familiaux, pourtant, sont importants et la vie mérite d’être vécue. Surtout lorsqu’elle est racontée par Jón Kalman Stefánsson !

L’avis de Sandrine avec qui j’ai le plaisir de partager cette lecture.

STEFÁNSSON, Jón Kalman, Ásta, Grasset, 2018.

27 réflexions sur « Ásta – Jón Kalman Stefánsson »

  1. Comme je le disais chez Sandrine, j’ai hâte de le lire, mais j’ai deux romans en cours et 3 réservations à venir à la bibli. Je lis beaucoup Islandais, par contre je n’ai pas encore abordé cet auteur.

    1. Les méandres, c’est ce qui fait aussi l’intérêt du livre, non ? Concernant le dénouement, c’est vrai qu’il arrive un peu rapidement et qu’on referme le livre à regret.

        1. Je viens de regarder le pitch et ça me donne envie. Enfin pas pour tout de suite car je vais recevoir 7 livres pour le Prix des Lectrices de Elle dans les jours qui viennent.

La parole est à vous !