Au fil de l’eau – Juan Diaz Canales

Dans une Espagne marquée par la crise, Niceto et ses amis retraités arrondissent les fins de mois en revendant à la sauvette  des objets tombés du camion. Ancien opposant au régime de Franco, le vieil homme au caractère bien trempé est aussi et surtout désabusé. La police, qui l’arrête de temps en temps, ne lui fait pas peur. Il ne semble plus avoir grand chose à perdre et même la présence à ses côtés de son petit-fils Alavaro, qui va bientôt être papa, ne suffit pas à lui rendre la vie un peu plus légère.

Dès les premières pages, Longinos, un des amis de Niceto, est retrouvé assassiné dans une barque et la vie de la petite bande de retraités prend un tournant. En effet, ce meurtre n’est que le premier d’une série. Qui est le meurtrier ? Quel est le mobile ? On pense avoir devant les yeux un polar mais ce n’est pas vraiment le cas. Le quotidien de tout ce petit monde s’enfonce dans une noirceur extrême dont rien ni personne ne semble pouvoir les sortir et surtout pas les générations d’après, celles du fils et du petit-fils de Niceto.

Je suis tombée sur cette BD un peu par hasard. L’éditeur, Rue de Sèvres, et le vague souvenir de chroniques lues ici ou là m’ont incitée à l’emprunter sans même la feuilleter. L’auteur, Juan Diaz Canales, ne me disait rien. Il est pourtant le scénariste de Blacksad et du dernier Corto Maltese. C’est dire mon manque de culture en matière de BD ! Pour la première fois, Diaz Canales se met au dessin avec un noir et blanc qui colle parfaitement à cette chronique d’une société rongée par le manque d’espoir.

On regrettera cependant la difficulté à distinguer les retraités les uns des autres et le manque d’informations, volontairement entretenu par l’auteur, autour de la vie des personnages. Le dénouement reste également assez énigmatique, même après relecture. Pour toutes ces raisons, je risque d’oublier bien vite Au fil de l’eau. Dommage car la réflexion sur la société, la vieillesse, la vie, la mort, le lien entre les générations est intéressante.

Les avis de Stephie, Mo, Noukette, Jérôme.

DIAZ CANALES, Juan, Au fil de l’eau, Rue de Sèvres, 2016.

    La BD de la semaine, c’est chez Mo aujourd’hui.

15 pensées sur “Au fil de l’eau – Juan Diaz Canales”

  1. J’ai le même ressenti que toi. J’ai apprécié les personnages mais le dénouement et la « morale » de cette histoire restent une grande nébuleuse 😀

    1. Niceto est peut être dans une sorte de dépression ou de mélancolie qui le fait agir et penser ainsi, non ? Ce qui me gêne, c’est que je ne vois pas où l’auteur veut en venir.

  2. J’ai eu la même impression! et avec du recul, je me souviens surtout que je suis passée à côté de quelque chose plutôt que de l’histoire elle-même!

  3. Je te rejoints sur le fait que ce n’est pas toujours facile à suivre et qu’il faut parfois beaucoup interpréter pour comprendre mais j’en garde un bon souvenir.

    1. Le problème, c’est qu’il n’y a pas assez d’indices pour l’interprétation. Du coup, on reste dans le doute. Et ça, je n’aime pas.

La parole est à vous !