Au revoir là-haut – Pierre Lemaitre et Christian de Metter

Au revoir là-haut Lemaître De Metter

Pour moi, Au revoir là-haut, c’est une voix, celle de Pierre Lemaître lisant son propre texte dans la version audio proposée par les éditions Audiolib. C’est désormais aussi un trait et des visages, ceux de Christian de Metter dans l’adaptation du roman en bande dessinée.

J’ai retrouvé avec plaisir les personnages d’Édouard et d’Albert, deux soldats de la guerre de 14 victimes de leur salaud de capitaine, d’Aulnay-Pradelle, qui les envoie au combat pour monter en grade alors que la guerre vient tout juste de se terminer. En sauvant Albert, enseveli dans un trou d’obus, Édouard est défiguré. Il fait donc partie de ceux que l’on appelle les gueules cassées et que la société aimerait bien oublier.

Albert ne peut se résoudre à abandonner Édouard à son triste sort. Il fait tout ce qu’il peut pour soulager sa douleur et gagner de quoi survivre. Las de cette vie de misère, les deux hommes décident de monter une arnaque qui rivalise de cynisme avec celles dont leur ancien capitaine, d’Aulnay-Pradelle, est le spécialiste.

La destinée d’Édouard et d’Albert est si terrible qu’on ne saurait les juger. Bien entendu, on ne peut pas considérer l’arnaque qu’ils mettent en place de manière positive mais en même temps, la société donne t-elle à ces hommes qui se sont battus pour elle les moyens d’exister ? Les dessins de Christian de Metter qui donnent un aspect attendrissant et parfois même drôle aux personnages principaux dans certaines scènes, vont dans le sens de cette interprétation

Si l’on ne retrouve pas totalement l’intensité du texte d’origine, cet album est tout de même une belle réussite. Condenser un roman de presque 600 pages en une bande dessinée de 180 pages est un vrai défi. Les éléments clés du roman sont bien là tout comme les émotions suscitées par cette cruelle histoire.  Le texte s’efface pour laisser toute sa place au trait fin et aux couleurs pastels de Christian de Metter, si bien que les personnages prennent vie devant les yeux du lecteur. On referme la BD en ayant envie de découvrir ou de redécouvrir le roman.

LEMAITRE, Pierre, DE METTER, Christian, Au revoir là-haut, Rue de Sèvres, 2016.

15 pensées sur “Au revoir là-haut – Pierre Lemaitre et Christian de Metter”

    1. Dans ce cas, laisse passer du temps entre les deux lectures sinon là BD risque de te paraître moins bien, un peu comme quand on regarde un film juste après avoir lu le roman qui lui correspond.

    1. J’ai eu un gros, gros coup de cœur aussi pour « Le quatrième mur » de Sorj Chalandon lu par Féodor Atkine. Quand je pense à ce livre, j’entends sa voix. Pour « Au revoir là-haut », c’est pareil.

    1. Je ne suis pas étonnée par l’avis de ta fille. Au collège, les 3èmes lisent et apprécient Maus de Spigelman, Auschwitz de Croci ou encore les BD de Tardi. Je pense qu’il en sera de même pour celle-ci !

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