Avant que naisse la forêt – Jérôme Chantreau

avant-que-naisse-la-foret-jerome-chantreauAlbert, marié et père d’une enfant, vient de perdre sa mère. De retour dans la maison familiale pour organiser les obsèques, il est envahi par une espèce de léthargie, un besoin de contempler et de laisser le temps se dilater. La propriété, située dans la Mayenne et isolée au milieu de plusieurs hectares de forêt, est propice à la solitude. Il passe de longues heures au milieu des arbres et des animaux sauvages, cherchant plus ou moins cet ermite qui, selon la légende, vivrait ici.

« L’écoute de Partir me donnait la certitude que la vie serait pleine de départ inopinés et de grands espoirs floqués dans le vent. Elle disait aussi le désastre qui succède au bonheur, la douloureuse perte des instants heureux, quand le plomb du quotidien nous plaque à terre, qu’il ne nous reste plus qu »à rêver d’illusoire rivages. » p. 99

Une nuit, Albert est réveillée par des bruits dans l’aile ancienne de la maison, celle de ses grands-parents et de sa mère alors qu’elle était encore enfant. Fantômes du passé ? Hallucinations ? Albert tente de faire ressurgir les souvenirs au sein de cette maison et de cette forêt qui ont un pouvoir étrange sur lui et sur tous les membres de la famille.

Le roman laisse alors la part belle au fantasmagorique et entraîne le lecteur dans un univers étrange. Je me suis demandée souvent où tout cela allait m’emmener et je dois bien avouer que j’ai été déçue par l’intrigue. En revanche, j’ai apprécié l’écriture et l’ode à la nature. La forêt est un être vivant doté d’une vie secrète que seul un œil attentif peut percevoir. Albert entre en communion avec elle jusqu’à faire revivre l’aspect sauvage qui sommeille en lui. Son attitude est extrémiste bien entendu mais je ne pouvais tout de même pas être insensible à la place laissée à la forêt, moi qui aie donné à ma fille un prénom au sens sylvestre.

« L’apparition d’un animal sauvage est un cadeau de la nature. » p. 150

CHANTREAU, Jérôme, Avant que naisse la forêt, Les escales, 2016.

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17 pensées sur “Avant que naisse la forêt – Jérôme Chantreau”

  1. J’ai hésité à l’acheter dimanche, et je ne l’ai pas fait. Un peu peur d’un côté trop fantastique. Je suis toutefois tentée par le côté nature profonde que tu décris.

    1. En fait, ça n’a rien de fantastique. C’est juste un roman sur l’état dans lequel nous plongent le deuil , l’isolement et la proximité de la nature sauvage. Faut pas écouter ce que les gens racontent…

      1. Après réflexion, le terme « fantastique » n’est effectivement pas adapté du moins dans son sens strictement littéraire. Je l’ai remplacé par celui de « fantasmagorique » mais je ne suis pas certaine qu’il convienne vraiment. Quoi qu’il en soit, il se dégage tout de même de votre roman une atmosphère étrange, irréelle, qui fleurte avec la folie. Merci pour votre commentaire. « Les gens » se trompent parfois, n’utilisent pas les bons mots mais ils parlent de votre roman et sont capables de se corriger 😉 !

        1. Absolument ! Désolé, je disais cela sur le ton de la plaisanterie. Aussi parce que je ne voudrais pas que d’autres lecteurs s’imaginent avec un roman fantastique entre les mains. Le mot fantastique a été utilisé bien souvent pour mon roman, il n’est pas si faux, mais celui de fantasmagorique me convient beaucoup mieux. Il dit plus précisément le mélange de fantasmes, de fantômes et de folie qui habite l’histoire. Merci en tous les cas de votre lecture et de vos commentaires !

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