Berezina -Sylvain Tesson

Sylvain Tesson fait partie des ces aventuriers dont je suis le parcours avec beaucoup d’attention depuis plusieurs années. Je lis chacun de ses nouveaux livres, même si certains m’intéressent beaucoup plus que d’autres. Celui-ci a été écrit juste avant l’accident qui aurait pu lui coûter la vie. Le manuscrit a d’ailleurs été remis à l’éditeur quelques heures seulement avant qu’il ne chute du haut de la maison de son ami Jean-Christophe Rufin. 

Dans Berezina, l’écrivain voyageur raconte son périple en side-car soviétique sur les traces de Napoléon et de la retraite de Russie. Par -20°C, accompagné du géographe Cédric Gras, du photographe Thomas Goisque et de deux amis russes, il suit la route empruntée par la Grande Armée deux cent ans plus tôt, de Moscou à Paris.

Le récit alterne entre 1812 et 2012, souvent sans transition. Le lecteur passe donc d’une des périodes les plus tragiques de l’histoire aux aventures de cinq illuminés grands amateurs de vodka. Je dois avouer que je ne connais pas grand chose de l’époque napoléonienne et que j’ai appris pas mal de choses sans avoir l’impression de suivre une leçon d’histoire. Sylvain Tesson sait rendre son propos passionnant.

Napoléon apparaît comme un homme sanguinaire auquel on peut faire beaucoup de reproches, bien entendu. Mais l’auteur rend également hommage à celui qui a su mettre en pratique les idéaux de la Révolution en permettant à chacun de gravir l’ascenceur social. On est bien loin de la société actuelle dans laquelle les relations sont plus importantes que l’effort et le mérite.

L’époque napoléonienne est d’ailleurs un prétexte pour interroger la notre. Accepterions-nous aujourd’hui de nous sacrifier pour un homme ou un pays ? Serions nous capable de reproduire l’héroïsme de ces hommes qui ont effectuer une véritable marche de la mort ?

« Bourgogne n’était pas en reste dans l’affection au chef, mais, au détour d’une page, il livrait une autre clé  : « Si nous étions malheureux, mourrant de faim et de froid, il nous restait encore quelque chose qui nous soutenait : l’honneur et le courage ». L’honneur et le courage ! Comme ils résonnaient étrangement, ces mots, deux cent années plus tard. Étaient-ils encore en vie, ces mots, dans le monde que nous traversions pleins phares ? » p. 103

Avec Berezina, Sylvain Tesson nous offre un récit passionnant dans lequel se mêlent aventure, histoire et réflexion. La qualité liitéraire de ses textes n’est plus à prouver. C’est donc un vrai régal de le lire !

TESSON, Sylvain, Berezina, Guérin, 2015.

11 pensées sur “Berezina -Sylvain Tesson”

  1. Je n’ai rien lu de lui, je n’aime pas tellement le personnage médiatique, du coup ça me freine. Et Napoléon, ce n’est pas trop ma tasse de thé .. autrement dit, c’est pas gagné.

  2. C’est vrai que sa personnalité est un peu atypique. Ses propos et la
    façon dont il s’exprime sont parfois un peu trop « intello » à mon goût.
    Par contre, j’aime bien quand il raconte ses voyages.

  3. Plus que repéré, mais curieusement mes biblis trainent à donner les nouveautés (qui ne sont d’ailleurs plus trop des nouveautés)

  4. J’aimerais bien découvrir « Berezina ». Au mois de février, j’ai passé un bon moment en compagnie de Sylvain Tesson « Dans les forêts de Sibérie ». J’y suis restée plusieurs semaines, c’est une lecture qui m’a fait du bien.

  5. J’ai lu son récit écrit avec Alexandre Poussin pour leur voyage autour du monde à vélo. Et je n’avais pas accroché avec son écriture. Je cherche à lui donner une seconde chance, mais je lis autant de positif que de négatif sur lui.
    Tu conseillerais lequel ?

La parole est à vous !

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