Cassandra Darke – Posy Simmonds

Cassandra Darke est une vieille femme riche et acariâtre qui vit seule avec son chien dans un quartier chic de Londres. Divorcée, elle reprend la galerie d’art de son ex-mari  et gagne de l’argent en vendant des faux.

Des clients qui m’emmerdaient. Des spéculateurs qui ne s’intéressaient à l’art que pour sa capacité à conserver sa cote. Je crache sur leur ignorance, leur vulgarité, leurs mains rapaces, affirme t-elle sans la moindre once de culpabilité.

Sa condamnation en justice pour escroquerie à l’âge de 71 ans ne  préoccupe  Cassandra Darke que pour des raisons financières. Anti-héroïne, elle est d’un égoïsme à toute épreuve et considère les actes qu’elle a commis comme insignifiants puisqu’elle n’a tué personne ! Lorsqu’elle découvre une arme dans le panier à linge de l’appartement situé au sous-sol de sa maison, occupé précédemment par sa nièce Nicki, la vie de Cassandra prend une autre tournure.

C’est grâce à Brize que je découvre le talent narratif et graphique de Posy Simmonds. Dans Cassandra Darke, la dessinatrice du Guardian dont la notoriété dépasse largement le cadre de la Grande-Bretagne, propose une vision critique de la société londonienne dans laquelle évoluent les différents personnages. Son roman graphique tient d’ailleurs plus de la comédie de mœurs que de l’enquête policière. A tel point que je me suis laissée surprendre à éclater de rire à plusieurs reprises.

Cassandra est une femme détestable mais quand on regarde avec attention sa trajectoire, on s’aperçoit que la vie ne l’a pas toujours aidée et on finit par lui trouver des côtés attachants. En refermant le livre, j’ai été déçue par le dénouement puis, finalement, je me dis qu’il est à l’image du personnage : surprenant !

Du point de vue graphique, j’ai également été séduite. Le trait est fin et précis, les personnages sont particulièrement réussis, et la mise en page atypique très agréable à lire. Sur certaines planches, on trouve une grande quantité de textes littéraires, ce qui ne gêne en rien la fluidité de la lecture. Je crois qu’il ne me reste plus qu’à découvrir plus amplement Posy Simmonds tant cette BD m’a séduite !

SIMMONDS, Posy, Cassandra Darke, Denoël Graphic, 2019.

Cette semaine, les bulleurs ont RDV chez Moka.

37 réflexions sur « Cassandra Darke – Posy Simmonds »

    1. J’ai beaucoup apprécié cet humour et la dimension critique aussi. Ma médiathèque n’a malheureusement pas Gemma Bovary. Je ferai peut-être une suggestion d’achat.

      1. T’inquiète, je l’ai aussi (j’ai tous les Posy Simmonds traduits en français) et maintenant toutes mes BD sont là (et sorties de leurs cartons de déménagement) !

    1. C’est Brize qui m’a fait découvrir Posy Simmonds dans le cadre de ce RDV BD. Je suis allée chez elle fin août (elle habite pas très loin de chez moi) et je suis repartie avec quelques BD dont celle-ci.

    1. Je la découvre avec ce titre alors forcément, mon regard est différent. Je crois que Keisha et toi n’êtes pas les seules à penser cela.

  1. Je crois en avoir lu un d’elle, que j’avais moins apprécié que la blogosphère. Je vais réserver celui-ci à la bibli, on verra.

  2. J’adore Posy Simmonds et je les aies tous lus, celui ci est dans ma PAL bien sûr, je me le réserve pour la période de l’Avent. Je te conseille vraiment les autres, ils sont tous vraiment géniaux !! Elle est caustique, drôle, très anglaise ;0) et puis j’aime beaucoup le fait qu’il y ai beaucoup de texte.

La parole est à vous !