Petit voyage en Côte d’Ivoire avec le 6ème tome d’Aya

Il y a deux ans, je découvrais le premier tome de la série Aya de Yopougon. Depuis, je les ai tous lus, avec autant de bonheur à chaque fois !

Dans ce tome 6, Aya semble enfin  trouver l’amour ! Grégoire, lui, a été démasqué : le faux pasteur devient vrai prisonnier. Il se retrouve dans la même cellule que Moussa, envoyé là par son père parce qu’il a volé l’argent de la famille -pour la bonne cause mais c’est pas une raison !-. Gervais est toujours tiraillé entre sa femme et sa mère. A Paris, Inno tombe amoureux de Sébastien et se confronte à la dure réalité des formalités pour obtenir des papiers. Et les femmes, toujours aussi fortes, ne se laissent pas marcher sur les pieds par les hommes qui aimeraient leur dire ce qu’elles doivent faire !

Humour, vivacité, gaieté, dépaysement, langage riche et chatoyant, personnages aux caractères bien trempés… les recettes sont toujours les mêmes et fonctionnent toujours aussi bien !

ABOUET, Marguerite, OUBRERIE, Clément, Aya de Yopougon 6, Gallimard, 2010

Cadavre exquis : une bouffée d’oxygène !

Zoé travaille comme hôtesse dans des salons. Elle doit sourire à des clients tous plus nases les uns que les autres et le pire, c’est que quand elle rentre à la maison, son quotidien n’est guère meilleur. Son copain est un gros fainéant ingrat qui attend que le temps passe assis sur son canapé. Heureusement, elle fait la connaissance de l’énigmatique Thomas Rocher, écrivain à la vie pour le moins surprenante.

Une bouffée d’oxygène, c’est bien l’expression qui convient pour décrire le sentiment que j’ai eu à la lecture de cette BD. Du léger, du girly, de l’optimisme, voilà ce dont j’avais besoin. Bien entendu, on n’évite pas la caricature -le copain vautré sur son canapé, la main dans le slip kangourou ou l’écrivain qui retrouve l’inspiration grâce à sa muse- mais la qualité du trait de Pénélope Bagieu, son humour et l’aspect satirique de certaines scènes l’emportent sur le reste !

BAGIEU, Pénélope, Cadavre exquis, Gallimard, 2010.

Manga et vin

Yutaka Kanzaki est un œnologue mondialement reconnu. Après son décès, Shizuku, son fils, découvre que pour hériter il va devoir entrer en compétition avec Issei Tomine, un jeune œnologue réputé que son père a adopté une semaine avant sa mort. Celui qui devinera le nom des douze apôtres, les douze vins décrits par le défunt, ainsi que d’un treizième -le meilleur de tous- nommé les gouttes de Dieu, deviendra l’heureux propriétaire d’une collection de vin convoitée par tous les spécialistes.

Avant la mort de son père, Shizuku n’avait jamais goutté de vin. Issei Tomine, lui, est un grand spécialiste. Le combat semble donc perdu d’avance mais Yuka Kanzaki n’a pas laissé son fils sans armes : depuis son plus jeune âge, il lui a appris à développer son odorat et sa sensibilité. De plus, Shizuku fait la connaissance dans le premier tome de Miyabi Shinohara, une apprentie sommelière très douée. Avec l’aide des connaissances théoriques de la jeune femme, il va découvrir le vin et se lancer dans la quête des gouttes de Dieu.

Voilà un manga qui a tout pour plaire aux amateurs de vin. Il paraît même qu’il a permis à certain producteurs français d’acquérir une très grande notoriété au Japon et de faire exploser les ventes. Le scénario de Tadashi Agi, trés documenté, met en avant la poésie du vin et propose quelques parallèles intéressants avec la peinture. Le trait fin et délicat de Shu Okimoto est vraiment complémentaire du texte. La dessinatrice réussit à évoquer en images les sentiments provoqués lors des dégustations de vins. En noir et blanc en plus !

Une série à déguster avec un bon verre !

AGI, Tadashi, OKIMOTO, Shu, Les gouttes de Dieu 1, 2008.

AGI, Tadashi, OKIMOTO, Shu, Les gouttes de Dieu 2, 2008.

Je veux l’homme parfait – Goupil & Douyé

L’homme parfait, comment l’obtenir ? C’est la question que beaucoup de femmes se posent. Cette BD propose une description de tous les petits travers de la gent masculine (l’aversion pour les tâches ménagères, la tendance à mater les belles créatures qui se promènent dans la rue ou encore l’égoïsme) ainsi que quelques conseils pour dresser l’homme et l’aider à tendre vers la perfection. Comme tous les livres de ce genre, Je veux l’homme parfait n’évite pas la caricature, parfois très lourde (surtout dans le troisième et dernière partie intitulée Exercices pratiques), mais fait aussi rire le lecteur. Même l’Homme de la maison avait parfois le sourire aux lèvres : il y a des choses qui sont tellement vraies !

Un lecture très légère à prendre au troisième ou quatrième degré.

GOUPIL, DOUYÉ, Je veux l’homme parfait !, Vents d’Ouest, 2010.

Ikigami 2 – Motorô Mase

Quatrième de couverture :
« Lorsqu’on reçoit l’Ikigami, c’est qu’il ne nous reste plus que 24 heures à vivre.
Le
fonctionnaire Fujimoto continue de réfléchir au sens de son travail de
livreur d’Ikigami, tandis que deux nouvelles jeunes personnes apprennent
leur mort prochaine. Une jeune femme plongée dans la solitude par un
petit ami trop ambitieux, et un garçon qui doit annoncer à sa vieille
patiente que, pour la seconde fois, la nation réclame la vie de l’homme
qu’elle aime. Que feriez-vous de vos dernières 24 heures ?
« 

Tous les jeunes entrant à l’école sont vaccinés et une dose sur mille
contient un poison qui se révélera mortel entre 18 et 24 ans. Le job de Fujimoto consiste à annoncer à ces jeunes leur mort prochaine.

Comme dans le tome 1,  le fonctionnaire japonais se pose des questions sur son travail mais ne va pas vraiment au fond du problème. Même après avoir été quitté par sa petite amie, qui lui reproche de lui faire subir sa mauvaise humeur quand il rentre le soir, il ne se remet pas vraiment en question.

Le schémas narratif est exactement le même que dans le premier tome et les portraits des condamnés se succèdent sans liens entre eux. C’est là le seul reproche que je ferai à cette série. Tous les jeunes gens réagissent de façons différentes et chaque histoire est le prétexte à une critique de la société japonaise et de l’absurdité de ce système mis en place pour assurer la prospérité de la nation. De mon point de vue, c’est ce qui fait le principal intérêt d’Ikigami.

Les dessins de Motorô Mase, très expressifs, traduisent remarquablement bien la peur des futurs condamnés à mort. Un vieil homme compare ces jeunes gens qui vivent là leurs dernières heures à cause d’une loi stupide à ceux qui ont donné leur vie pour la patrie en tant de guerre. Quelle absurdité ! Cela montre à quel point la population est aveugle et je n’ai pas pu m’empêcher de faire quelques parallèles avec ce qui se passe dans notre pays en ce moment…

Le tome 3 fera sans doute partie de la prochaine commande du CDI si les élèves accrochent avec cette série. J’espère tout de même qu’il y a aura du nouveau au niveau de la structure du récit ou de l’attitude de Fujimoto car j’ai peur de finir par me lasser.

MASE, Motorô, Ikigami 2, Kazé manga, 2010.

Je ne suis pas un ange 1 – Ai Yazawa

Midori Saejima est élève en première année dans un lycée qui vient d’ouvrir ses portes. Élue vice-présidente du comité des élèves, elle passe beaucoup de temps à préparer des fêtes avec les autres membres du comité. Elle est amoureuse d’Akira, le président. Dès le début, leur histoire est un peu compliquée et les rebondissements sont nombreux. Il faut dire que Midori garde beaucoup de ses pensées pour elle et qu’Akira est un garçon un peu énigmatique. Avec les autres membres du comité, ils forment un groupe soudé et dynamique qui sait s’amuser et ne manque pas d’imagination.

Un manga pour midinette au graphisme sympa que j’ai beaucoup apprécié !

YAZAWA, Ai, Je ne suis pas un ange 1, Delcourt, 2007.

Akissi Attaque de chats – Abouet et Sapin

Akissi est une jeune ivoirienne pleine de vie prête à toutes les bêtises possibles. Elle organise des séances de Ciné home payantes pour ses copains du quartier avec son frère Fofana en l’absence des parents. Elle décide de s’occuper du bébé des voisins sans leur demander l’autorisation parce qu’elle a abîmé son poupon en tirant dessus et que c’est tout de même mieux d’avoir un vrai bébé ! Elle perd Boubou, son singe de compagnie. Etc.

Dans ce premier tome des aventure d’Akissi, Marguerite Abouet et Mathieu Sapin proposent sept courtes bande dessinées amusantes mettant en scène le quotidien d’une petite fille dans un quartier d’Abidjan. Les historiettes sont toutes inspirées de l’univers graphique de Clément Ourberie dans la série Aya de Yopougon. On retrouve également cette Afrique colorée et joyeuse que Marguerite Abouet sait si bien mettre en scène. Attention cependant, les adultes risque de s’ennuyer un peu : c’est vraiment une BD pour jeunes lecteurs.

L’avis d’Emmyne.

ABOUET, Marguerite, SAPIN, Mathieu, Akissi : Attaque de chats, Gallimard, 2010.

Solanin – Inio Asano

Meiko est secrétaire dans une entreprise de Tokyo. Son ami, Taneda, avec qui elle vit depuis un an, gagne un peu d’argent en faisant quelques illustrations pour un magazine. Il est aussi guitariste dans un groupe amateur.

Meiko se pose beaucoup de questions sur son avenir. Son travail ne lui plaît pas du tout et elle a du mal à trouver sa place dans la société japonaise. Elle envisage de tout plaquer mais pour faire quoi ??? C’est le gros problème…

Le quotidien de Meiko et de Taneda, les petits détails, les petites disputes mais aussi les questions existentielles sont représentés avec beaucoup de sensibilité. A travers ces tranches de vie on perçoit bien le malaise du jeune couple pour qui l’avenir est flou, incertain. Meiko et Taneda se sentent un peu en marge. Ils ne rentrent dans aucun moule et c’est un vrai problème dans la société actuelle – au Japon comme partout ailleurs à mon avis !

Bien entendu le propos est on ne peut plus pessimiste et la fin du premier tome enfonce le clou. Je ne vous conseille donc pas de lire cette série en deux tomes un soir de cafard mais si la mélancolie ne vous fait pas peur, n’hésitez pas, Solanin vaut vraiment le coup !

Merci à Faelys qui fait voyager cette série. Si elle vous intéresse, il suffit de le faire savoir !

ASANO, Inio, Solanin 1, Kana, 2007.

ASANO, Inio, Solanin 2, Kana, 2008.

Fruits basket 1 -Natsuki Takaya

Quatrième de couverture :
« Tohru, mignonne et courageuse lycéenne, vivait sous une tente, dans les
bois. Recueillie pour ses talents en matière de travaux ménagers par la
famille de Yuki Soma, un de ces camarades de classe, Tohru vit maintenant
entourée de garçons dans une grande maison. Mais ce qu’elle ignore,
c’est que la famille Soma est victime d’une malédiction cachée. Certains
de ses membres se transforment, dans des circonstances particulières, en
un des douze animaux du zodiaque chinois ! Avec d’aussi étranges
personnages, la nouvelle vie de Tohru va lui réserver de nombreuses
surprises.
 »
 

Ce manga a du succès chez les jeunes collégiennes mais je suis passée totalement à côté. Il faut dire que j’ai souvent du mal avec le fantastique alors quand des êtres humains se transforment en animaux à chaque fois que quelqu’un se jette à sur eux, je reste totalement hermétique. Les colères sans raison apparente, les combats d’arts martiaux, l’astrologie chinoise : tout ça c’est pas trop mon truc non plus. Dommage car la jeune héroïne, Tohru, est charmante et pleine de courage. Elle avait tout pour me plaire !

Merci à Noryane qui m’avait offert ce livre dans le cadre du swap Kawaï.

TAKAYA, Natsuki, Fruits basket 1, Delcourt, 2002.

Un drôle de père 2 -Yumi Unita

Daikichi trouve un modem chez son grand-père. Sauf qu’il n’avait pas d’ordinateur, du moins pas à la connaissance de sa famille… Selon Rin, c’est la femme de ménage, Masako, qui s’en servait. Daikichi décide d’éclaircir ce mystère et de la rencontrer. Il va apprendre des choses surprenantes…

Le jeune homme continue de parler éducation avec la mère de Koki et lui pose beaucoup de questions. Il n’est pas insensible à ses charmes même si pour le moment il n’a pas vraiment le temps de penser à rencontrer quelqu’un. Rin va rentrer à l’école primaire et il faut déjà préparer les fournitures et s’organiser pour l’année prochaine. La vie de Daikichi a bien changé depuis que Rin est à ses côtés. Plus question de sortir le soir et de ne penser qu’à soi. C’est une véritable responsabilité d’être le tuteur d’une enfant mais il s’en sort plutôt bien. 

J’attends avec impatience de découvrir la suite ! Daikichi va t-il rencontrer l’âme sœur ? Quel rôle va jouer la mère de Rin ? Comment va évoluer la petite fille ? Des questions auxquelles les prochains tomes vont sans doute répondre.

Si vous voulez découvrir les deux premiers tomes de Un drôle de père, n’hésitez pas à me le dire !

Le début de la série ici.

UNITA, Yumi, Un drôle de père 2, Éditions Delcourt, 2008.

%d blogueurs aiment cette page :