Zep pour les grands : « Happy sex »

Je l’avais réservé à la médiathèque et je suis allée le chercher vite fait à la récré cet après-midi. En revenant, j’ai lu une planche dans la rue et j’ai éclaté de rire. Deux collègues m’ont aperçue de et se sont inquiétés pour moi… Pas besoin de vous dire que j’ai caché le livre avant de rentrer dans le lycée… Devant les élèves, ça fait pas très sérieux !

Les dessins sont explicites -le livre est d’ailleurs réservé aux adultes- mais l’humour décomplexé de la série Titeuf est bien reconnaissable. On lit les vignettes les unes après les autres et quand on arrive à la dernière, en bas à droite, on rigole de bon cœur ou on a le sourire aux lèvres. Pourquoi ça marche ? Parce que ça parle de tabous avec humour et finesse, parce que ça pointe du doigt tous les petits travers des hommes et des femmes, parce que ça n’est jamais gras, parce que ça parle de situations vécues ou entendues, et tout simplement parce que c’est Zep et qu’il a un talent incroyable !

Leilonna et Laure ont aimé aussi.

ZEP, Happy Sex, Delcourt, 2009.

« Aya de Yopougon » Tome 4

Innocent arrive à Paris un jour où il fait 12° à l’extérieur -ça le change du soleil d’Abidjan- ! et va de surprise en surprise : l’avion n’atterrit pas dans la capitale française mais en banlieue, prendre le RER et trouver son chemin jusqu’au 18ème arrondissement n’est pas si simple que cela et Célestin sur qui il comptait pour l’accueillir ne semble pas  vraiment avoir envie de l’héberger.

A Yopougon, le professeur de biologie d’Aya a une conception assez particulière de l’aide que l’on peut apporter à une élève en difficulté. Zékinan apprend que Félicité, la fille qu’il a donnée petite au père d’Aya et qu’il a presque oubliée, est sur de nombreuses affiches dans la capitale ivoirienne et il aimerait bien récupérer l’argent de ce succès. Moussa a disparu et ses parents ont engagé un détective privé totalement inefficace pour le retrouver.  Quant à Hervé , il rêve toujours de trouver la fille de sa vie. Comme vous pouvez le constater, la vie fourmille toujours autant à Abidjan !

D’un tome à l’autre, certains personnages prennent plus ou moins d’importance. Dans ce quatrième épisode c’est Innocent, fraîchement arrivé à Paris, qui est mis en avant mais Aya tient  toujours une place importante. Avec Inno, c’est le mode de vie français qui est pointé du doigt : le manque de solidarité, laes difficultés pour trouver du travail, l’égoïsme, etc. Cette dimension critique est nouvelle mais je dois dire que cela ne me déplait pas !

Comme pour les trois tomes précédents, j’ai refermé cette BD en me disant « vite, le prochain » mais le prochain n’est pas encore sorti…

D’autres avis ici.

ABOUET, Marguerite, OURBERIE, Clément, Aya de Yopougon 4, Gallimard, 2008.

« Aya de Yopougon » Tome 3

Le jour tant attendu de l’élection de Miss Yopougon est arrivé et c’est l’effervescence dans le quartier. Le coiffeur et le tailleur sont débordés. Tout le monde se réunit pour assister à la fête.
Après cet « évènement », la vie reprend normalement. Adjoua galère pas mal avec son fils Bobby qu’elle doit élever seule. La père d’Aya trompe sa femme avec Jeanne. Celle-ci débarque un jour dans la maison familiale et Aya découvre qu’elle a un petit frère et une petite sœur. Bintou est amoureuse d’un parisien qui se moque complètement d’elle mais comme l’amour rend aveugle… Son père, Koffi, veut prendre pour deuxième épouse une amie de Bintou, Aya et Adjoua, ce qui n’est pas du tout du goût d’Alphonsine (mère de Bintou et femme de Koffi). Moussa, quant à lui, a toujours de gros problème avec son père qui veut le faire travailler dans l’entreprise familial. Bref, on ne s’ennuie pas dans la capitale ivoirienne !

Vite, vite le tome 4 : je veux connaître la suite !!!!!!!!!!!

D’autres avis ici.

ABOUET, Marguerite, OURBERIE, Clément, Aya de Yopougon 3, Gallimard, 2007.

« Aya de Yopougon » Tome 2

Suite des « aventures » d’Aya, Bintou et Adjoua dans un quartier d’Abidjan. Adjoua a donné naissance à un petit garçon qui, étrangement (!), ne ressemble pas à son père… Bintou continue à courir après les hommes et Aya est toujours aussi sérieuse. Souvent, c’est elle qui garde les fils d’Adjoua pendant que celle-ci vend des claclos au marché.

Comme dans le premier tome, on rit beaucoup et on est transporté dans une Afrique vivante, gaie et colorée. J’ai fermé la dernière page avec l’envie d’enchainer tout de suite sur le troisième tome.

D’autres avis ici.

ABOUET, Marguerite, OURBERIE, Clément, Aya de Yopougon 2, Gallimard, 2006.

La vie d’expatrié en Birmanie

Marié à une femme travaillant pour Médecins Sans Frontières, Guy Delisle a passé un an en Birmanie. Dans ses Chroniques Birmanes, il raconte son quotidien d’auteur de BD et de papa à la maison. Grâce à son fils, encore bébé, il fait quelques connaissances mais côtoie surtout d’autres expatriés travaillant dans des ONG.

On découvre peu à peu la vie dans cette dictature  militaire soumise à la dure loi de la junte. La situation de l’opposante politique Aung San Suu Khy est évoquée à plusieurs reprises ainsi que la censure -découpage des articles jugés néfastes dans la presse, musèlement d’Internet, etc.- mais je m’attendais à avoir un peu plus de détails sur la vie locale.

Une BD agréable donc mais pas exceptionnelle !

DELISLE, Guy, Chroniques Birmanes, Shampoing, 2007.

« Aya de Yopougon 1 »

Dans un quartier d’Abidjan, la capitale ivoirienne, à la fin des années 1970, Aya travaille dur dans l’espoir de devenir un jour médecin. Ses amies, elles, ne pensent qu’à gazer -danser- et à draguer. Cela ne les empêche pas de bien s’entendre, notamment quand il s’agit de se moquer ou de déjouer la vigilance des parents pour sortir.

Ce sont de jolies tranches de vie -avec des manières de parler très locales- que nous proposent Marguerite Abouet et Clément Ourberie. J’ai eu un peu de mal à accrocher au début mais finalement, je me suis laissée entrainer par les histoires pleines de vie et de couleurs de ces trois jeunes filles. La fin est excellente ! Maintenant, il faut que j’emprunte le tome 2 !

Les avis de Yueyin, Laure, Florinette, Tamara.

ABOUET, Marguerite, OURBERIE, Clément, Aya de Yopougon 1, Gallimard, 2005.

« Anne Freaks » de Yua Kotegawa

Yuri, un jeune lycéen, vient de tuer sa mère. C’est à ce moment là qu’il fait la rencontre d’Anne, une jeune fille mystérieuse, psychopathe et meurtrière qui exécute ses victimes sans se poser de questions, contrairement à lui.
En parallèle, Anne sauve Mitsuba des griffes d’une étrange organisation extrémiste qui vient de tuer son père et sa sœur.
Les deux jeunes lycéens acceptent de suivre cette jeune femme si étrange et de l’aider à tuer son père qui semble lié à l’organisation terroriste qui a déjà éliminé le père et la sœur de Mitsuba.

 

Ce « résumé », bien que très court, laisse transparaitre l’atmosphère extrêmement violente qui règne dans ce manga. Je ne suis absolument pas spécialiste du genre mais je dois dire qu’au départ je me suis laissée prendre par l’intrigue malgré quelques passages qui m’ont paru un peu obscurs et cette violence qui semble gratuite. A partir du troisième tome, j’ai commencé à entrevoir peu à peu la dimension critique et morale de l’histoire puis dans le quatrième et dernier volume j’ai été complètement déçue. L’identité de l’organisation terroriste que les trois jeunes gens cherchent à éliminer reste complètement obscure. L’officier de la Brigade de Protection des mineurs, Shono, seule personnage qui incarne la justice et qui se bat pour sauver ces adolescents, est tuée par Anne et Yuri en personne. Anne semble ne jamais s’arrêter de commettre des crimes horribles. Et pour tout finir, la fin n’est pas une vrai fin !

Je crois que je vais oublier bien vite ce manga et je compte sur la lecture du Hors-Série de la revue Beaux Arts consacré à ce genre littéraire pour trouver de nouvelles idées de lecture.

KOTEGAWA, Yua, Anne Freaks, Pika, 2008.

« Broderies » de Marjane Satrapi

Neuf femmes iraniennes (dont Marjane Satrapi elle-même) profitent de l’heure du thé pour raconter les derniers ragots du quartier et se faire des confidences. Les hommes, l’amour, la sexualité, la virginité, le mariage, le divorce : tels sont leurs thèmes privilégiés de discussion.

Des situations graves -comme  cette femme à qui on propose de se couper avec un rasoir le jour de sa nuit de noce car elle n’est plus vierge ou cette autre qui n’a jamais vu de sexe masculin car elle n’a que des filles et son mari éteint la lumière à chaque fois qu’ils font l’amour, sans compter tous ces mariages que les jeunes filles n’ont d’autre choix que d’accepter – sont racontées avec beaucoup de distance et d’humour. Et de l’humour, on sait que Marjane Satrapi en a beaucoup ! Malgré la gravité des faits, les femmes restent optimistes et pleine de vie, à l’exemple de la grand-mère de l’auteur, une personne de caractère qui ne se laisse absolument pas marcher sur les pieds.

A lire sans hésitation !

Merci à Finette grâce à qui j’ai découvert l’existence de cette BD.

SATRAPI, Marjane, Broderies, L’Association, 2003.

Couleur de peau : miel de Jung

Avec Couleur de peau : miel, c’est sa propre histoire que Jung raconte dans une BD aux jolis traits, en noir et blanc, qui rappelle un peu l’univers des mangas.

D’origine coréenne, l’auteur a été adopté à l’âge de 5 ans par un couple de belges déjà parents de plusieurs enfants. De son passé en Asie, il a quelques souvenirs mais qui ne sont pas liés à sa mère (et encore moins à son père). En Belgique, il doit s’intégrer dans une nouvelle culture, une nouvelle famille, etc. Pas facile quand on se sent si différent et que les autres se chargent bien de vous le rappeler, volontairement ou non !

Abandon, adoption, déracinement, quête d’identité : tels sont les thèmes majeurs de cette BD. Et tout ça est raconté sans pathos car l’auteur a beaucoup d’humour. Le décalage est constant entre la gravité de certains propos et la façon dont ils sont racontés.

A travers ce magnifique livre, Jung nous dévoile sa propre intimité mais il explique aussi pourquoi tant d’enfants coréens ont été et sont encore adoptés. C’est donc une histoire instructive qui m’a fait beaucoup réfléchir et ce a de nombreux niveaux.

Ce premier tome est consacré à l’enfance et à l’adolescence de l’auteur. J’attends avec impatience que le deuxième, sorti récemment, soit disponible à la médiathèque.

Ils ont aimé aussi : Laurent, Sassenach et Jean-François.

PS : En relisant ce billet, je me dis qu’il reflète bien peu la richesse de l’histoire mais je n’arrive pas à faire mieux. Un conseil : si le sujet vous intéresse, lisez là !

JUNG, Couleur de peau : miel / tome 1, Quadrants, 2007.

« Le cheminot » suivi de « La lettre d’amour »

Lorsque j’ai répondu au questionnaire du swap litté jeunesse 2008, j’ai écrit que j’étais complètement inculte en matière de mangas. Lucie, ma swappeuse, a voulu y remédier en m’offrant ce joli livre au graphisme impressionnant qui ne contient pas un mais deux mangas !

Le cheminot et La lettre d’amour sont en réalité deux récits adaptés de deux nouvelles éponymes de Jiro Asada. Le premier raconte l’histoire d’un chef de gare qui a effectué son travail avec beaucoup de soin et d’amour tout au long de sa vie, dans des conditions climatiques très difficiles (froid et neige), et ce malgré le décès de sa petite fille de deux mois et de sa femme. A l’approche de la retraite, on lui annonce la fermeture de la ligne dont il s’occupe.

Dans La lettre d’amour, Goro, le héros, un pauvre type sans scrupules pour qui toutes les magouilles sont bonnes tant qu’il peut gagner de l’argent, devient un être humain digne de ce nom le jour où une femme qu’il ne connait pas lui ouvre son cœur.

Deux histoires donc avec deux héros attachants même si c’est pour des raisons complètement différentes. Le premier est un homme au grand cœur, fragile et émouvant, tandis que le deuxième se remet en question et semble se transformer grâce à l’amour.

Le dessin est incroyable de réalisme et transporte immédiatement le lecteur dans des lieux qu’il s’imagine sans peine.

Lire l’avis de Jean-François.

ASADA, Jiro et NAGAYASU, Takumi, Le cheminot suivi de La lettre d’amour, Panini Manga, 2007.

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