Millénium, encore et toujours !

Quatrième de couverture :
« Tandis que Lisbeth Salander coule des journées supposées tranquilles
aux Caraïbes, Mikael Blomkvist, réhabilité, victorieux, est prêt à
lancer un numéro spécial de Millénium sur un thème brûlant pour des
gens haut placés : une sombre histoire
de prostituées exportées des pays de l’Est. Mikael aimerait surtout
revoir Lisbeth. Il la retrouve sur son chemin, mais pas vraiment comme
prévu : un soir, dans une rue de Stockholm, il la voit échapper de peu
à une agression manifestement très planifiée.
Enquêter sur des sujets
qui fâchent mafieux et politiciens n’est pas ce qu’on souhaite à de
jeunes journalistes amoureux de la vie. Deux meurtres se succèdent, les
victimes enquêtaient pour Millénium. Pire que tout, la police et les
médias vont bientôt traquer Lisbeth, coupable toute désignée et qu’on a
vite fait de qualifier de tueuse en série au passé psychologique
lourdement chargé.
Mais qui était cette gamine attachée sur un lit,
exposée aux caprices d’un maniaque et qui survivait en rêvant d’un
bidon d’essence et d’une allumette ?
S’agissait-il d’une des filles des
pays de l’Est, y a-t-il une hypothèse plus compliquée encore ? C’est
dans cet univers à cent à l’heure que nous embarque Stieg Larsson qui
signe avec ce deuxième volume de la trilogie Millénium un thriller au
rythme affolant. »

                               

Que dire de plus que tout ce qui a déjà été dit sur la blogosphère et ailleurs ?

Comme beaucoup, j’ADOOOOOOOOOOOORE Millénium et j’ai refermé ce deuxième tome en regrettant de ne pas avoir le troisième sous la main. Mais il va falloir que j’attende : la liste de réservation à la médiathèque est assez impressionnante…
En tous cas, je me suis régalée et je suis heureuse d’en savoir enfin un peu plus sur l’énigmatique Lisbeth Salander. Comme je me suis refusée à lire toute critique sur le troisième et dernier tome, je ne sais pas du tout de quoi il parle ni quel en est le personnage principal. Je peux donc faire toutes les hypothèses… Vivement qu’il soit disponible !

LARSSON, Stieg, La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette, Millénium 2, Actes Sud, 2006.

« On s’y fera » de Zoyâ Pirzâd

L’histoire se passe de nos jours, en Iran. Arezou, 41 ans, a repris l’agence immobilière de son père avec sa meilleure amie, Shirine. Aux yeux de tout le monde, c’est une femme moderne et indépendante  : elle a divorcé, vit seule avec sa fille de 19 ans et subvient aux besoins de sa famille. Mais tout ceci n’est qu’apparences. Partagée entre sa mère, capricieuse et égoïste, et sa fille qui n’a pas accepté son divorce et ne pense qu’à elle, Arezou ne sait plus où donner de la tête. Les conflits entre générations sont nombreux et elle doit tout gérer, à la maison comme au travail. Heureusement, c’est une femme pleine d’humour et on passe vite du rire aux larmes dans ce roman.

Un jour, poussée par sa fidèle amie et collaboratrice Shirine, elle fait visiter une maison à vendre à un homme particulièrement difficile. Le cœur n’y est pas mais elle doit faire son travail ! Ce qu’elle ne sait pas à ce moment là, c’est que cet homme va changer sa vie.

                              

Autant le dire tout de suite, j’ai beaucoup aimé ce roman. C’est un Iran moderne, bien loin de ce qu’on peut parfois imaginer en France, que Zoyâ Pirzad présente ici. Arezou et les femmes de son entourage sont très indépendantes et très modernes même si elles subissent quand même une certaine pression sociale.

Les réalités de la vie quotidienne à Téhéran ne sont pas laissées de côté. Elles apparaissent en arrière plan, par petites touches : bon d’alimentation, intervention de la police des mœurs dans un café, discussion entre femmes dans le bus sur la stérilisation et l’attitude des hommes qui les laissent se débrouiller avec les enfants (qui sont parfois nombreux) et ne subviennent pas aux besoins de la famille, etc.

L’humour et les jeux de mots ont aussi leur place dans ce roman, même si on ne peut pas toujours en comprendre toutes les subtilités (le roman est écrit en persan et, comme dans toute traduction, les jeux de langage n’ont pas la même saveur une fois traduits).

Bref On s’y fera est un livre plein de gaieté et de bonne humeur que je vous conseille vivement !

Lire l’avis de Clarabel.

PIRZAD, Zoyâ, On s’y fera, Zulma, 2007.

Abandon !

Quatrième de couverture :
« Une femme disparaît, laissant un journal intime qui relate son mariage au quotidien. Pout tous ceux qui la connaissent, elle incarnait l’épouse parfaite, heureuse et épanouie; mais son journal révèle frustrations et désirs inassouvis…
Un roman d’une vérité troublante sur le couple, la sexualité et les relations homme femme. »

Ce livre semble faire l’unanimité ou presque sur la blogosphère mais je l’ai abandonné au bout de 140 pages environ. Pourquoi ? Je ne sais pas vraiment… Je n’ai pas accroché… Les propos parfois un peu crus ne m’ont pas dérangés, l’idée de mettre au grand jour des idées enfouies au plus profond me séduisait au départ, je me suis faite à l’écriture à la deuxième personne du pluriel après quelques pages…  mais l’histoire manque de suspens, d’intrigue et de dynamisme. En un mot, peut-être un peu trop d’introspection et pas assez d’ouverture au monde extérieur.

Lire les avis de Camille, Lily, Cuné, Stéphanie et Solenn.

GEMMEL, Nikki, La mariée mise à nu, Au diable vert, 2007.

N’attendez pas trop longtemps d’Agnès Marietta

Quatrième de couverture :

« Une maison à vendre dans le
Vexin. Son propriétaire, Delbreuve, au caractère excentrique, entend
choisir l’acheteur qui en sera digne. Il s’adresse à un agent
immobilier, Jacques Verniot, un homme qui vit en demi-teinte auprès
d’une épouse épuisante. Verniot aspire au calme, et cette maison est la
maison de ses rêves, mais il se doit de la proposer avant tout à ses
clients.
Clara Miniot, une romancière à succès, mère célibataire d’un
grand fils très conventionnel, refuse de se laisser enfermer dans un
cadre familial ou professionnel. Sur un coup de tête, elle décide
d’acheter une maison dans le Vexin et contacte Jacques Verniot.
Autre
acheteuse potentielle : Nathalie Desmarets, mariée, deux enfants, qui
fait de l’événementiel et désire introduire un peu de poésie dans sa
vie. Autour de cette demeure, véritable catalyseur du désir et du
destin, se rencontrent et se croisent ces quatre personnages aux voix
familières, avec leurs doutes, leur solitude et leurs attentes. Ils
vont tisser des liens, mais attention : les craintes, les hésitations,
les regrets ne sont plus de mise. Ne laissez pas passer la chance,
n’attendez pas trop longtemps. »

Un roman sympa, à lire quand on a envie de se changer les idées, de ne pas se prendre la tête. Même si les sentiments des quatre personnages centraux sont parfois un peu difficiles à suivre et à cerner, même si ce roman comporte quelques clichés, j’ai passé un agréable moment de lecture. M’imaginer cette belle maison à vendre, balayée par les vents, au beau milieu du Vexin Normand, a été pour moi un véritable plaisir. Et puis, je me serais bien invitée à boire un verre en compagnie de Jacques Verniot, agent immobilier pas comme les autres, de Clara Miniot, écrivain dont la famille désespère de la voir se ranger un jour, et de tous les autres protagonistes de cette histoire.

Julie a bien aimé, elle aussi.

Ce livre est existe aussi en format poche, chez Pocket.

MARIETTA, Agnès, N’attendez pas trop longtemps, Anne Carrière, 2006.

« Camarades de classe » de Didier Daeninckx

Quatrième de couverture :

La narratrice, Dominique, travaille
avec succès dans une agence de publicité. Son mari, François, approche
comme elle de la soixantaine. Cadre dans un groupe pharmaceutique en
cours de restructuration, il est miné par la perspective d’un possible
licenciement à quelques années de la retraite. Un message arrive un
jour sur la boîte électronique de François, provenant d’un ancien ami
de lycée qui tente de renouer le contact grâce au site internet
« camarades-de-classe.com ». Dominique répond à l’insu de son mari et
sollicite les confidences…

Dans la correspondance électronique qui
naît s’affrontent des visions contradictoires d’un même passé. Ces
anciens gosses d’Aubervilliers, qui fréquentaient la même classe en
1964, ont connu des trajectoires diverses, marquées par Mai 68 et par
la culture communiste. L’un est devenu chanteur de charme, l’autre est
demeuré stalinien, un autre a tourné escroc au grand cœur, d’autres
sont chimiste, universitaire exilé, détective privé, SDF, ou bien mort.

Mais la photo de classe autour de laquelle s’organisent ces retrouvailles virtuelles recèle une énigme d’un autre ordre…

En revisitant la banlieue rouge dans la
période encore triomphante du parti communiste, Didier Daeninckx nous
raconte, avec précision et humanité, l’histoire d’une génération
marquée par les bouleversements des années soixante et soixante-dix.

                                     

Je ne sais pas trop quoi penser de ce roman… Habituellement, Didier Daeninckx, est un auteur que j’apprécie beaucoup, notamment parce qu’il dénonce des points sombres de notre histoire peu connus du grand public parce que souvent passés sous silences dans les médias et les manuels scolaires.

Mais cette fois-ci, j’ai été un peu déçue. Peut être que je suis passée à côté de certaines choses : ce livre raconte l’histoire d’une génération qui n’est pas la mienne mais plutôt celle de mes parents. Je n’ai jamais connu la guerre d’Algérie, l’âge d’or du communisme ou encore Mai 68. J’ai donc tourné les pages de ce roman les unes après les autres en me demandant quand l’intrigue allait commencer mais il se trouve qu’il n’y en a pas vraiment (Didier Daeninckx ne nous a pas habitués à ça !). La fin m’a également déconcertée. Certes, elles est inattendue mais quel est son intérêt ? Je n’en dis pas plus pour ne pas gâcher le plaisir des futurs lecteurs mais j’aimerais bien avoir le point de vue de ceux qui l’ont déjà lu.

Camarades de classe est tout de même un livre intéressant : Didier Daeninckx est une valeur sûre  de la littérature française et ses romans ont toujours une dimension de critique sociale.

Ces anciens camarades de classe qui se retrouvent grâce au Net découvrent petit à petit qu’ils ont tous suivis des trajectoires différentes : Mai 68 est passé par là et le déterminisme social n’est plus aussi présent. Le fils d’ouvrier ne devient plus forcément ouvrier. Malheureusement, l’ascenseur social ne fonctionne pas toujours dans le bon sens et les aléas de la vie font qu’on peut se retrouver parfois dans des situations professionnelles et personnelles terribles…

J’ai beaucoup apprécié l’attitude de François, le mari de la narratrice, qui préfère refuser de dresser la liste des emplois les moins utiles de son entreprise en échange du maintien de son emploi, plutôt que de ne plus pouvoir se regarder dans la glace le matin. En voilà un au moins pour qui les valeurs ont toujours un sens !

C’est la première fois que je parle de Didier Daeninckx ici et je trouve qu’on parle peu de lui sur la blogosphère. Le hasard a voulu que le premier livre de lui que je lis depuis que j’ai ce blog ne me plaît pas plus que ça. Dommage ! Si vous ne connaissez pas encore cet auteur, je ne vous conseillerai donc pas de commencer par Camarades de classe. Itinéraire d’un salaud ordinaire, La route du rom, Meurtres pour mémoire ou encore Cannibale sont nettement plus intéressants à mon goût.

DAENINICKX, Didier, Camarades de classe, Gallimard, 2008.

« Garden of love » de Marcus Malte

Quatrième de couverture :

« Troublant, diabolique même, ce manuscrit qu’Alexandre Astrid reçoit par la poste ! Le titre : Garden of love. L’auteur : anonyme. Une provocation pour ce flic sur la touche, à la dérive, mais pas idiot pour autant. Loin de là. Il comprend vite qu’il s’agit de sa propre vie. Dévoyée. Dévoilée. Détruite. Voilà soudain Astrid renvoyé à ses plus douloureux et violents vertiges. Car l’auteur du texte brouille les pistes. Avec tant de perversion que s’ouvre un subtil jeu de manipulations, de peurs et de pleurs.
Comme dans un impitoyable palais des glaces où s’affronteraient passé et présent, raison et folie, Garden of love, est un roman palpitant, virtuose, peuplé de voix intimes qui susurrent à l’oreille confidences et mensonges, tentations et remords. Et tendent un redoutable piège. Avec un fier aplomb. »


Les quatrièmes de couverture des livres ne sont pas toujours d’une grande qualité mais cette fois-ci, je trouve que tout y est. Je ne saurais pas faire mieux pour résumer ce remarquable roman qui m’a tenu en halène jusqu’au bout grâce à une intrigue superbement menée.

L’auteur s’est amusé à brouiller les pistes (notamment grâce au thème de la schizophrénie) à mélanger la réalité et la fiction, le passé et le présent. Le lecteur doit donc accepter de ne pas tout comprendre et reconstituer les différentes pièces du puzzle petit à petit. J’ai parfois été un peu déroutée par les changements de narrateur, j’ai dû revenir en arrière à deux ou trois reprises car j’étais un peu perdue mais tout cela fait partie du jeu et ne m’a pas empêché de dévorer ce livre! De plus, l’écriture est d’une grande qualité, ce qui ne gâche rien au plaisir de lire, bien au contraire !

Si vous voulez en savoir plus sur cet auteur, je l’ai rencontré il y a quelques temps.

Hélène aussi a adoré ce roman.

Pour visiter le site de l’auteur, c’est ici.

MALTE, Marcus, Garden of love, Zulma, 2007.

Un minuscule inventaire de Jean-Philippe blondel

Antoine, la quarantaine, vit désormais seul : sa femme l’a quitté pour aller vivre avec un dentiste. Bien entendu, les deux enfants sont partis avec elle…

Un jour, il voit une publicité pour un vide-grenier dans le journal local et décide d’y participer pour faire du tri dans sa vie et repartir sur le bon chemin :

« pour être léger, pour être un nuage qui se déplace avec lenteur et grâce, je dois divorcer de mon trop-plein, me séparer des affaires qui traînent dans les recoins ou sur les étagères, de ces objets offerts ou achetés de plein gré qui pourrissent lentement sur des planches oubliées. Tous ces non-souvenirs qui encombrent les mémoires vides. Je dois dépoussiérer pour prendre mon envol« .

Mais voilà, la paire de boucles d’oreille, la petite couverture en laine jaune ou encore le hamac rouge, objets en apparences anodins, ne changent pas de propriétaires sans rappeler à Antoine de vieux souvenirs. Ce vide-grenier est l’occasion pour lui de faire un bilan.

Puis, passé et présent se rejoignent: les nouveaux propriétaires de tous ces objets dévoilent eux aussi leurs sentiments et expliquent les raisons de leur achat.

                               

La première fois que j’ai lu la quatrième de couverture de ce roman en librairie, je l’ai reposé en me disant que ça devait être un livre triste sans grand intérêt, un de plus sur le thème du divorce. Et puis, quelques semaines plus tard, j’ai décidé de l’acheter quand même car Jean-Philippe Blondel est un auteur que j’apprécie beaucoup. Jusqu’ici, aucun de ses livres ne m’a déçue, bien au contraire. Cette fois encore, je ne regrette rien !

Comme toujours chez cet auteur, on trouve des personnages vrais et sincères qui n’ont pas peur d’exprimer leur ressenti. Un minuscule inventaire explore les thèmes de l’amitié, des relations père-fils, de la transmission entre parents et enfants, du secret, du divorce et de la solitude.

Je me suis retrouvée dans le personnage d’Antoine car certains de ces questionnements et de ses sentiments sont aussi les miens. De plus, je n’ai jamais décidé de faire un vide-grenier mais il m’arrive parfois de tomber par hasard sur certains objets qui me rappellent de vieux souvenirs enfouis, bon ou mauvais.

Bref, vous l’aurez compris, je vous recommande vivement ce magnifique roman !

Lire l’avis de Lily, de Cathe, de Clochette, de Cuné, d’Anne, de Florinette et d’Hélène,

BLONDEL, Jean-Philippe, Un minuscule inventaire, Pocket, 2007.

Réconciliation avec Philippe Claudel

Il y a quelques temps déjà, suite à de nombreuses critiques élogieuses sur la blogosphère, j’ai lu La petite fille de Monsieur Linh de Philippe Claudel mais je n’ai pas vraiment accroché. Et puis Le rapport de Brodeck a obtenu le prix Goncourt des lycéens (le seul prix littéraire auquel je fais confiance…) et une fois encore, je n’ai entendu que des avis positifs. Je me suis donc lancée dans la lecture de ce roman, non sans quelques réticences, et j’ai adoré !

Quatrième de couverture :
« Je m’appelle Brodeck et je n’y suis pour rien. Je tiens à le dire. Il faut que tout le monde le sache.
Moi, je n’ai rien fait, et lorsque j’ai su ce qui venait de se passer, j’aurais aimé ne jamais en parler, ligoter ma mémoire, la tenir serrée dans ses liens de façon à ce qu’elle demeure tranquille comme une fouine dans une nasse de fer.
Mais les autres m’ont forcé : « Toi, tu sais écrire, m’ont-ils dit, tu as fait des études. » J’ai répondu que c’étaient de toutes petites études, des études même pas terminées d’ailleurs, et qui ne m’ont pas laissé un grand souvenir. Ils n’ont rien voulu savoir : « Tu sais écrire, tu sais les mots, et comment on les utilise, et comment aussi ils peuvent dire les choses. Nous, on ne sait pas faire cela. On s’embrouillerait, mais toi, tu diras et alors ils te croiront. »

L’histoire se passe juste après la guerre, dans un petit village, non loin de la frontière avec l’ennemi. Cette guerre, elle n’est pas explicitement nommée mais on pense tout de suite à la Seconde Guerre Mondiale puisqu’il est question de camp de concentration. Mais après tout, ça pourrait être n’importe quelle guerre… On ne sait pas non plus où se situe le village : peut être en Alsace ou peut être ailleurs.

Dans ce contexte, Brodeck, le narrateur, accepte sous la contrainte d’écrire un rapport sur un évènement tragique qui vient de se dérouler au village et dont un étranger, rejeté par la population en raison de sa différence, a été victime. Cet évènement, Brodeck n’y a pas assisté et ne le cautionne absolument pas mais tout le village ne pense pas comme lui.

L’écriture du rapport fait ressurgir des souvenirs personnels atroces (les aller-retours entre le passé et le présent sont très nombreux tout au long du roman) mais malgré tout cela, Brodeck est encore capable de continuer à vivre et à aimer.

                        

Que dire sur ce magnifique texte ? L’écriture est d’une qualité remarquable, le personnage de Brodeck est saisissant de douleur et de vérité, l’analyse des sentiments et des attitudes des gens, en temps de guerre mais aussi après, est époustouflante. Je pourrais poursuivre les éloges longtemps… Vous l’aurez compris, ce roman m’a réconciliée avec Philippe Claudel !

Lire l’avis de Sylire, d’Anne, de BelleSahi, de Gambadou, d’Eissel et de Caro[line].    

CLAUDEL Philippe, Le rapport de Brodeck, Stock, 207.

Petits moments de bonheur

Il y a quelques temps, j’ai lu La grosse et ça m’a tellement plu que j’ai eu envie de découvrir un peu plus son auteur, Françoise Lefèvre.

Dans Consigne de minutes heureuses, l’écrivain saisie à merveille des instants de joie et de bonheur dans les petits riens qui font la vie. Avec beaucoup de sensibilité et d’émotion, elle décrit ces plaisirs simples qui permettent de dépasser la tristesse et la mélancolie et, parfois, d’être en harmonie avec soi-même et le monde qui nous entoure.

Chaque nouvelle permet à Françoise Lefèvre de se dévoiler un peu plus, de raconter un souvenir d’enfance, une amitié, un moment de communion avec la nature, etc. Mais qu’il est difficile de ne pas se laisser aller à la mélancolie, de ne pas sombrer au fond du trou : le bonheur est un combat permanent !

Quelques extraits :

« je me promenais au côté d’un amour invisible. Difficile de dire ce qu’est un amour invisible. Le vent brusquement changé en caresse sur son front. Une pluie fine et soudaine sur un trottoir brûlant. Un éblouissement qui dure quelques secondes. Impossible d’expliquer ce quelque chose en soi qui s’est installé plus fort, plus haut que le chagrin. […] Cette impression d’échapper  à soi-même, de se trouver en accord parfait avec un monde impalpable et d’y renaître sans cesse, cette impression existait déjà dans l’enfance.  Sentiment de na pas être tout à fait seule. A vrai dire de ne l’être jamais. De ne l’avoir jamais été. »

« Pour me donner du cœur à l’ouvrage, je bats le rappel des bonheurs simples qu’on sait rarement accueillir quand ils sont là.« 

« mes yeux se sont souvent posés sur des êtres apparemment ternes, rayonnant d’une lumière qui passe inaperçue. »

Lire l’avis de Florinette, qui m’a prêté ce livre avec beaucoup de gentillesse, et celui d’Anne.

LEFEVRE, Françoise, Consigne de minutes heureuses, Editions j’ai lu, 2000.

Les éditeurs, tous des nazes ?

Mary est heureuse, son manuscrit vient d’être accepté par un éditeur. Malheureusement, la joie est de courte durée car elle se voit proposer un contrat participatif c’est-à-dire une édition à compte d’auteur.
Et si les grands auteurs du XIXème siècle vivaient aujourd’hui, que leur diraient les éditeurs ? On proposerait à Flaubert de modifier la fin de Madame Bovary et de de remplacer le nom d’Emma par celui de Clara. Georges Sand et Balzac se verraient refuser leurs manuscrits pour diverses raisons. Quant à Victor Hugo, on lui conseillerait de se consacrer à la poésie plutôt qu’au roman!

 

Voilà un petit texte sur le monde de l’édition qui n’a rien d’extraordinaire mais qui mérite tout de même d’être lu ! Ne vous mèprenez pas, la conclusion de ce roman n’est pas que les éditeurs sont tous des nazes. Certes, ils ont tendance à ne pas écouter et à n’en faire qu’à leur tête mais il faut bien commencer un jour et sans eux, ce ne serait pas possible ! Alors, si les débuts sont difficiles, tant pis, il faut persévérer dans l’écriture. Le plaisir d’écrire, n’est-ce pas finalement l’essentiel ?

Merci à BelleSahi qui fait voyager ce livre. Lire l’avis d’Antigone et celui de Cathulu.

DOLLINGER, Mary, Journal désespéré d’un écrivain raté, Jacques André Editeur, 2007.

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