Voyage dans l’Himalaya

Quatrième de couverture :

« Au cœur de l’Himalaya est un voyage de plus de six mois au travers d’une des régions les plus sublimes et les plus étonnantes au monde. Les photographies se succèdent et découvrent un paysage inoubliable : celui de monts enneigés et de pentes vertigineuses. Un univers qui offre la surprise de se colorer dès que l’humain surgit : robe des moines, drapeaux de prières, saris aux riches coloris… La fascination pour cette région retirée naît du contraste entre la toute-puissance de la montagne et l’humble présence humaine, qu’elle prenne la forme de rizières en terrasses au bord du roc escarpé, ou celle d’une vieille femme portant son propre poids de bois mort. Propice à une intense vie spirituelle et religieuse, cette immense chaîne de montagnes est également parsemée de monastères isolés et d’existences résistant inlassablement à la rudesse du climat et à la géographie du lieu… »

                                                              

Pakistan, Inde, Népal, Tibet, Chine, Bhoutan et Bangladesh, c’est un magnifique voyage dans les différents pays qui composent l’Himalaya que nous offre le photographe Basile Pao. Difficile pour moi de décrire ses photos, toutes plus magnifiques les unes que les autres ! Je préfère ne rien dire et vous laissez découvrir par vous même…

Notre prochain voyage est déjà programmé  (ce sera La Réunion) mais l’Himalaya sera sans doute le suivant, du moins nous l’espérons. Reste à choisir le pays. Et ce n’est pas une tâche facile tant cette chaine montagneuse possède de trésors…

PAO, Basil, Au cœur de l’Himalaya, National Géographic, 2005.

« Chagrin d’école » de Monsieur Pennac

Celles et ceux qui suivent l’actualité littéraire ont sans doute beaucoup entendu parler du dernier Pennac, récompensé par le prix Renaudot 2007 à la surprise générale. En effet, Chagrin d’école ne faisait même pas partie de la dernière sélection des jurés. Pourtant, il a été élu !

Généralement, je ne lis pas les livres récompensés dans les divers prix car les magouilles éditoriales m’énervent à un point inimaginable. Mais bon, cette fois je me suis dit : « un roman de Monsieur Pennac, je ne peux pas le laisser de côté ». Alors, voilà mon petit compte rendu de lecture !

Daniel Pennac, ancien cancre devenu professeur de français et écrivain de renom, raconte sa douloureuse expérience de mauvais élève puis celle, beaucoup plus épanouissante, d’enseignant. « [L]a solitude et la honte de l’élève qui ne comprend pas, perdu dans un monde où tous les autres comprennent » (p.41), il les a beaucoup ressenties. Heureusement, au lycée, quatre profs l’ont sauvé du gouffre en lui donnant l’envie d’apprendre. Et puis, il a aussi rencontré l’amour. Ce sont, selon lui, les deux raisons qui ont permis à l’ancien cancre de s’en sortir dans la vie et de de devenir prof.  Et pas n’importe quel prof : Monsieur Pennac est un passionné de littérature : il aime décortiquer les textes des grands auteurs, s’en imprégner, les apprendre par cœur… L’amour des mots, de la langue et des livres : c’est cela qu’il veut transmettre à ses élèves. Bien sûr, réfléchir, analyser, apprendre, tout cela ne se fait pas sans efforts mais ça en vaut la peine. Même les cancres en sont capables. Daniel Pennac sait de quoi il parle !

                               

Chagrin d’école s’inscrit clairement dans la lignée de Comme un roman (vous vous souvenez, les 10 droits imprescriptibles du lecteur….) : l’amour des livres et celui des élèves, voilà les deux recettes miracles de Monsieur Pennac. Bien entendu, le discours est (un peu) idéaliste, la prof que je suis ne vous dira pas le contraire. En lisant ce roman, on a l’impression qu’enseigner, c’est facile. Pourquoi y a t-il donc toujours autant d’élèves en difficulté ? Peut être parce que la « méthode » préconisée par l’auteur repose essentiellement sur le charisme de l’enseignant…

Il n’empêche, Chagrin d’école est un bon livre dans lequel je me suis laissée facilement emportée. Il m’a donné envie de (re)lire certains classiques de la littérature. Moi aussi, j’aimais analyser les textes quand j’étais au lycée et à la fac. Si aujourd’hui je n’ai plus vraiment le temps de le faire, j’aime toujours autant m’en imprégner ! Mes romans préférés sont ceux qui me parlent et résonnent en moi.

Dernière petite remarque : l’optimisme de Daniel Pennac quand a l’avenir de nos élèves fait plaisir à entendre :
« pas d’affolement, rien ne se passe comme prévu, c’est la seule chose que nous apprend le futur en devenant du passé » (réponse faite aux mamans de cancre qui s’inquiètent pour l’avenir de leurs enfants).

Mon ancien chef d’établissement, aujourd’hui à la retraite, avait une autre formule :

« le pire n’est pas certain ».

Si ce n’était pas le cas, je ne ferai pas ce métier là !

Frisette a beaucoup aimé ce livre.

PENNAC, Daniel, Chagrin d’école, Gallimard, 2007.

« La belle vie » de Jay McInerney

J’ai trouvé la présentation de l’éditeur très bien faite pour ce roman (ce qui n’est pas toujours le cas !) et comme je suis un peu fainéante aujourd’hui, je préfère la recopier plutôt que de faire mon propre résumé… oui, je sais c’est pas très sérieux mais il y a des jours où je n’ai pas envie de me creuser les méninges !

Présentation de l’éditeur :

Ils avaient trente ans et des poussières. Le monde leur appartenait. Ils étaient, disait-on, le plus beau couple de New-York. C’était en 1987.

Quatorze ans plus tard, Corinne et Russell Calloway ont deux enfants et vivent dans un loft, à TriBeCa. Ce soir-là, ils ont invité des amis à dîner (Salman Rushdie vient de se décommander). Nous sommes le 10 septembre 2001. Dans quelques heures, le monde va basculer dans l’horreur. Cette horreur, Jay McInerney se garde bien de nous la montrer. Ce livre n’est pas le roman du 11 septembre. Il nous parle de ce qui se passe après, quand l’onde de choc de l’attentat du World Trade Center vient percuter des millions d’existences. Une étrange atmosphère se répand, mélange de chaos et de responsabilité collective, d’angoisse et d’euphorie. L’impossible est devenu possible. Désormais, tout peut arriver.

Corrine fait du bénévolat sur le site de Ground Zéro. Elle y rencontre Luke. C’est le début d’une passion qui, elle aussi, va tout balayer sur son passage. Dans cette ville qui ne ressemble plus à rien, sinon, peut-être, au Londres de La fin d’une liaison, ils cachent leurs amours clandestines, au point d’oublier ce qui les entoure : le fric, le toc et le chic auquel ils appartiennent, l’érosion des sentiments, le poids des habitudes. Jusqu’au moment où…

                                    

C’est par un pur hasard que j’ai découvert ce roman (et par la même occasion son auteur) en feuilletant un magazine littéraire. C’est la suite de Trente ans et des poussières mais on peut le lire indépendamment sans aucun problème.

Dans La belle vie, Jay McInerney explore les conséquences de l’après 11 septembre mais très vite on comprend que cet évènement ne changera pas grand chose dans la vie des deux couples de bobos new-yorkais qui sont au centre de cette histoire. Bien sûr, ils sont fortement déstabilisés, se posent beaucoup de questions, regrettent leurs proches disparus, font des cauchemars…. mais au final ils vont reprendre leur vie de tromperie, d’apparats et d’apparences comme si rien ne s’était passé ou presque.

Pourtant, je me suis attachée aux personnages de Corrine et Luke et à leur amour clandestin. Même s’ils trompent leurs conjoints respectifs, même s’ils mettent leurs familles en péril et culpabilisent énormément, même s’ils n’arrivent pas à prendre la décision de tout plaquer pour vivre leur amour au grand jour, ils vivent une histoire sincère, à mille lieux du monde absurde dans lequel ils évoluent habituellement. En y réfléchissant, j’ai presque mal pour eux : ils sont prisonniers d’un monde insensé et ne semblent pas avoir ni la force ni le courage de s’en sortir.

L’avis de Florinette.

McInerney, Jay, La belle vie, Editions de l’Olivier, 2007.

« Une veuve de papier » de John Irving

Comment résumer un roman de John Irving ? La juxtaposition du destin des multiples personnages et les nombreuses intrigues parallèles rendent la tâche difficile ! Je vais donc essayer de faire de mon mieux même si je sais d’avance que le résultat ne me satisfera pas…

Eddie, 16 ans, est embauché comme assistant par l’écrivain Ted Cole pour les vacances d’été. Il va passer deux mois dans les Hampton, dans une famille en souffrance : les Cole ont perdu leurs deux fils dans un accident de voiture. Par la suite, ils ont eu une petite fille, mais Marion, la femme de Ted, n’a jamais fait le deuil de ses fils et ne veut pas s’attacher à Ruth, sa fille, par peur de la perdre elle aussi. Le couple va mal. Ted boit. Il a de nombreuses maitresses et sa femme est parfaitement au courant.
Très vite Eddie est séduit pas Marion. Elle pourrait être sa mère. Cela ne l’empêche pas de découvrir l’amour et la sexualité dans ses bras. Mais la décision de la belle Marion est prise : à la fin de l’été, elle quitte son mari en même temps que son amant et abandonne sa fille, alors âgée de 5 ans, sans laisser d’adresse.

Une trentaine d’année plus tard…
Ruth a 36 ans. Elle est devenue une romancière célèbre mais elle est toujours célibataire et appréhende le mariage. Eddie est lui aussi devenu écrivain mais sa renommée n’a absolument rien à voir avec celle de Ruth. Il a 48 ans et n’a eu pour maitresse que des femmes plus âgées que lui. Ses romans ne sont que des réécritures masquées de son histoire d’amour avec Marion. La femme de Ted Cole est toujours présente dans son esprit. Jamais il ne l’oubliera.
Lors d’une soirée de lecture publique, Ruth et Eddie se (re)rencontrent, plus de 30 ans après l’été dans les Hampton. Bien entendu, ils parlent de Marion. Pour Ruth, qui jusqu’ici n’avait entendu que la version de son père sur le départ de sa mère, c’est un véritable révélation.
Par la suite, Eddie et Ruth deviennent amis. Au fond d’eux, ils attendent le retour de Marion.

 

Une veuve de papier est un roman aux thèmes multiples et variés : deuil, abandon, amour, métier d’écrivain, etc. Comme souvent chez John Irving, le burlesque côtoie le véritable drame et c’est un régal pour le lecteur. Les personnages sont nombreux, vivent des expériences incroyables et sont toujours décrits avec beaucoup de justesse. Les fréquents aller et retours entre le présent et le futur demandent une certaine attention mais dans l’ensemble les 600 pages se lisent facilement. Un petit bémol cependant : la fin est décevante, trop facile, pas crédible. Dommage !

Irving, John, Une veuve de papier, Seuil, 1999.

Un critique de l’absurdité de notre monde

Je suis tombée par hasard sur La cité heureuse à la médiathèque. Je n’en avais jamais entendu parler mais c’est le texte de présentation de l’éditeur qui a attiré mon attention :

« Bienvenue à Town Park, le centre historique d’une
capitale de la vieille Europe ! Monuments, rues médiévales, jardins et
immeubles, tout a été racheté par la Compagnie, un groupe de loisirs.
Les
touristes affluent. Les habitants vivent au milieu d’une fête
permanente. En échange de certains avantages, ils doivent porter des
costumes d’époque : peintres impressionnistes, belles dames du temps
jadis…

Longtemps réfractaire à la privatisation de sa ville, le héros
de La cité heureuse a pourtant fini, comme les autres, par céder aux
sirènes du changement. Figurant résigné du spectacle touristique, il
écrit des scénarios pour la télévision et mène une existence tranquille
à Town Park.

Mais son bonheur est fragile. Dans sa vie comme dans sa ville, tout commence à se déliter. »

                                     

La cité heureuse est une critique ironique et grinçante de notre société. Les ressemblances entre Town Park et le monde dans lequel on vit actuellement sont nombreuses : privatisation du système de santé, retournements de veste des décideurs, hiérarchie de plus en plus pesante dans les entreprises, absurdité de certaines décisions… Cependant, je n’ai pas accroché plus que ça à ce roman. Les personnages manquent de profondeur. L’histoire m’a peu intéressée car elle semble être là uniquement pour permettre une critique de notre société. Dans ce cas, un essai n’est-il pas préférable à un roman ?

DUTEURTRE, Benoît, La cité heureuse, Fayard, 2007.

Un cochon qui change la vie !

Clarabel en a parlé hier sur son blog, ce livre m’a tout de suite tenté et, oh ! bonheur, il était disponible à la médiathèque ce matin. Voici donc mon petit compte rendu de lecture…

Elisabeth travaille tellement qu’elle ne prend plus le temps de vivre. De là à dire que son travail est un refuge pour ne pas penser à autre chose, à son mal de vivre par exemple, il n’y a pas loin. Un soir, alors qu’elle est effondrée sur son tapis après une journée de 16h, son ex lui téléphone pour lui proposer de passer Noël tous les deux. Elle accepte avec joie. Passer cette journée de fête à s’envoyer des vannes aussi débiles que cyniques, c’est toujours mieux que d’être seule !

Voilà donc Elisabeth dans un grand magasin pour acheter de la moutarde de Meaux à son ex avant de prendre l’avion direction la Suisse. Mais c’est finalement avec un cochon en peluche tout de suite surnommé Erika qu’elle ressort de ce magasin. Erika n’est pas n’importe quelle peluche : elle a le pouvoir de faire sourire les gens, de les rendre gentils, voire même heureux. Tout au long de son trajet vers la Suisse, Erika va permettre à Elisabeth de faire des rencontres inattendues, de réfléchir sur sa vie de couple passée et de prendre une décision importante.

                                                

Un cochon pour la vie a été publié dans un édition pour la jeunesse mais pour moi, c’est un roman qui s’adresse aux adultes. Un jeune lecteur ne comprendrait sans doute pas beaucoup l’intérêt de cette histoire dont le personnage principal a environ la trentaine (et dont les préoccupations sont donc celles d’un adulte).
Les « pouvoirs » du cochon semblent contagieux : ils transforment Elisabeth, donnent à cette histoire une ambiance gaie et envoutante et le lecteur referme la dernière page avec le sourire aux lèvres!

HEIDENREICH, Elke, Un cochon pour la vie, Editions Sarbacane, 2007.

Une chanson, un souvenir

Le Juke Box, c’est cette machine que l’on trouvait autrefois dans les cafés et qui permettait, contre un peu d’argent, d’entendre les tubes du moment. Ah ! que de vieilles chansons et de vieux souvenirs…

Dans Juke Box, Jean-Philippe Blondel, nous propose de découvrir les souvenirs marquants des quarante premières années de la vie de Yoann et les chansons qui y sont associées. Enfance, adolescence, vie de famille, amitié, amour, drames, dépressions mais aussi grands moments de bonheur : autant de tranches de vie que de titres du hit-parade.

Avec beaucoup de sensibilités et d’émotions, Yoann raconte ses certitudes mais surtout ses doutes et ses errements. Après une enfance et une adolescence plus ou moins heureuse, le passage à la vie d’adulte est long et difficile, notamment en raison d’un drame familial. Mais heureusement, il s’accroche à la vie et réussit à trouver sa part de bonheur. Et les chansons sont toujours pour lui de fidèles compagnons.

                                                   

Les personnages de Jean-Philippe Blondel me touchent beaucoup par leur simplicité et leur vérité. Ce sont tout simplement de vrais êtres humains qui n’hésitent pas à se dévoiler, à se mettre à nu. C’est tellement rare dans notre société où il est préférable de masquer ses faiblesses pour ne pas se faire dévorer par les autres…

J’avais déjà adoré This is not a love song et je ne peux que dire du bien de Juke Box. Les pensées du narrateur résonnent en moi et me parlent, c’est pour cela que j’aime lire, c’est pour cela que les livres (et certaines chansons…) sont pour moi de fidèles compagnons de vie.

BLONDEL, Jean-Philippe, Juke Box, Robert Laffont, 2004.

« La petite fille de Monsieur Linh » de Philippe Claudel

Un vieil homme, Monsieur Linh, fuit son pays ravagé par la guerre en compagnie de sa petite fille, encore bébé. Il n’a plus qu’elle et c’est pour la sauver, pour lui donner une vie meilleure qu’il a décidé de prendre la bateau et de se rendre dans un pays inconnu de lui.
Arrivé sur place, il est perdu. Il ne reconnait aucune odeur, aucun bruit, aucun mot familier. Il fait froid. Les gens sont pressés et courent dans tous les sens. Personne ne semble faire attention à lui. Mais Monsieur Linh doit tenir, pour sa petite fille. Même si la vie au dortoir des réfugiés n’est pas très gaie. Même s’il a peur.
Heureusement, Monsieur Linh fait la rencontre de  Monsieur Bark, un homme dont il ne comprend pas la langue mais avec qui il noue une amitié profonde, sincère.

J’avais entendu beaucoup de bien de ce roman de Philippe Claudel et j’ai été déçue… Est-ce parce que j’ai deviné assez vite la fin? Est-ce le manque d’action, de suspens? Je ne sais pas mais une chose est certaine, il ne restera pas bien longtemps dans ma mémoire.
Même si je n’ai pas « accroché », je ne peux que souligner la qualité de l’écriture. Les phrases simples, claires et concises facilitent la lecture et n’empêchent en rien, bien au contraire, la compréhension des pensées des personnages. Ce roman aborde de façon originale et profonde les thèmes de l’exil, de la solitude, du regard sur l’autre et de l’amitié.

CLAUDEL, Philippe, La petite fille de Monsieur Linh, Le livre de poche, 2007.

La marche, quel bonheur !

Traverser la France d’Est en Ouest à pied, pendant trois mois, avec un âne, tel est le pari réussi d’Emmanuelle  Grün.  L’auteur explique ainsi son projet : « Certains rêves de liberté ne s’imaginent pas. Surtout là où le goudron quadrille le paysage. Surtout à notre époque où l’homme n’accorde de salut qu’aux divines machines et au clinquant des décors citadins, faits de néons et de paillettes, de dollars et d’artifices.
Je ne fuis donc pas une maison, mais une époque, avec ses cafouillages technocratiques, ses éblouissements et ses vanités. Car tenace est ma soif d’un bol d’air frais, de poésie et d’humanité
« .

Oui, effectivement, la marche permet de respirer, de prendre son temps, de rencontrer des gens et surtout de profiter simplement de la vie ! C’est pour cette raison que nous la pratiquons autant que possible aux beaux jours.

Dans son livre, Emmanuelle Grün raconte son quotidien, ses petits tracas, ses difficultés à trouver sa route sur des chemins de randonnée pas toujours bien balisés, ses moments de bonheur avec son âne Mousty, l’accueil chaleureux ou au contraire hostile qu’on lui a réservé dans les villages tout au long de sa traversée…. Bref un livre simple, agréable à lire, qui offre un bol d’air frais en cette période où il commence à faire froid et où marcher devient beaucoup moins agréable.

GRUN, Emmanuelle, Du soleil dans les yeux et le pas de l’âne comme un coeur qui bat, Yvelinédition, 2005.

Une très belle découverte !

Je ne connaissais pas Jean-Philippe Blondel jusqu’à hier. C’est grâce à Clochette que j’ai fait cette belle découverte. Quand j’ai commencé à lire This is not a love song,  je n’ai pas pu le lâcher. En moins d’une demi-journée, je l’ai lu en entier !

Vincent a 37 ans. Il vit avec sa femme et ses deux filles en Angleterre. Un jour, celle-ci décide de passer une semaine chez ses parents avec ses filles pour se faire dorloter, se reposer et prendre un peu de temps libre. Vincent ne sait pas trop quoi faire mais finalement, plutôt que de rester tout seul, il décide d’aller en France, chez ses parents. Il n’y retourne qu’une fois par an, en coup de vent car il ne se sent pas bien dans sa famille. C’est donc l’occasion d’y passer un peu plus de temps.

A 27 ans, il est parti vivre en Angleterre avec celle qui deviendra sa femme. A l’époque, il était un « loser » : petits boulots à droite et à gauche, multiples conquêtes féminines, fêtes entre copains, alcool… Il rencontre Susan une assistante anglaise issue d’une famille aisée, qui passe un an en France. Il se dit que cette histoire ne va peut être pas durer mais suivre Susan à son retour en Angleterre est pour Vincent un moyen de prendre un nouveau départ, de fuir sa famille, sa ville, ses amis… En Angleterre, personne ne le connaît, personne ne le juge et très vite il est à la tête d’une entreprise de sandwiches haut de gamme. Une belle réussite sociale pour un ancien « loser » !

A Londres, il oublie complètement son passé, ce passé qui va resurgir lors de cette semaine dans sa ville natale. Que sont devenus Olivier, son « deuxième meilleur ami », Fanny, son ex et surtout Etienne son ancien colocataire avec qui il a partagé sa vie pendant plusieurs années ?

Vincent est cynique et égoïste mais je me suis sentie très vite proche de ce personnage pas toujours en accord avec sa conscience. Il aime sa femme et ses enfants et ne profite pas de sa réussite pour écraser les autres. Simplement, il est très critique vis à vis de ses parents, de son frère et de son ancienne vie. Et sa conscience ne le laisse pas tranquille… J’ai aussi beaucoup aimé ses répliques cinglantes et son humour.

This is not a love song invite le lecteur à réfléchir sur son propre passé (est-ce qu’on a toujours agi de façon juste vis à vis des gens qui, à un moment donné, on fait partie de notre vie ?), sur le rapport à la famille, l’amitié, la réussite sociale…

Quelques passages qui m’ont particulièrement marqués :
« Je n’ai pas l’habitude de frapper un homme à terre. Je n’ai de toute façon pas l’habitude de frapper un homme. Je ne me bats pas. J’esquive. Je cours autour du ring jusqu’à épuisement de l’adversaire. Et, ensuite, je prends la courbe d’escampette. » (p. 99).

« Est-ce qu’on reste responsable des gens avec lesquels on a vécu, un fois que notre histoire commune s’est terminée ? » (p. 164).

A lire de toute urgence !

BLONDEL, Jean-Philippe, This is not a love song, Robert Laffont, 2007.

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