« Les Giètes » de Fabrice Vigne

Maximilien vit dans un petit studio, au sein d’une résidence pour personnes âgées. Un jour, il retrouve le journal qu’il tenait quand il était jeune homme. C’est l’occasion pour lui de revenir sur son passé de militant communiste et d’amateur de Flaubert. Les désillusions politiques sont nombreuses mais les citations de Flaubert toujours d’actualité…

Le vieil homme a du mal à accepter son âge mais porte un regard plein d’humour sur sa situation et celle de ses camarades de la « Maison ». Son petit-fils Marlon, amateur de photographie, vient lui rendre visite régulièrement et agrémente ses semaines. Il entretient aussi des relations avec d’autres résidents et notamment avec Lilia, une dame d’origine russe qui vient bousculer un peu ses certitudes…

                                          

Les Giètes est publié dans le collection photo roman chez Thierry Magnier. Le principe de la collection est le suivant : « Une série de photographie dont il ignore tout est confiée à un écrivain. Il s’aventure alors dans l’écriture d’un roman où ces photographies croiseront la vie du héros pour la transformer ». Je trouve cette idée originale. Mais attention, contrairement à ce qu’on pourrait croire, cette collection est destinée aux grands ados et aux adultes. En effet, il faut une certaine maturité pour comprendre les réflexions de ce grand-père qui, au crépuscule de sa vie, fait une sorte de bilan de ses convictions les plus fortes, porte un regard acerbe sur le monde qui l’entoure et cité régulièrement Flaubert pour illustrer ses propos.

Ce roman fait partie des coups de cœur de Sylire. C’est grâce à elle que j’ai découvert ce joli roman !

VIGNE, Fabrice, Les Giètes, Editions Thierry Magnier, 2007.

Rencontre avec Marcus Malte

La semaine dernière, « mes » élèves ont rencontré Marcus Malte. Son livre L’échelle de Glasgow fait partie de la sélection du prix des dévoreurs de livres organisé dans le département de l’Eure.

Voici un petit compte-rendu de cette rencontre.

L’inspiration et le travail d’écriture :
Marcus Malte ne croit pas à l’inspiration. L’écriture, c’est plutôt du travail pour lui. L’élément déclencheur, c’est tout simplement la première phrase du livre. Elle doit bien sonner au niveau musical. Il ne sait pas où cette phrase va l’emmener mais ce qui est important, c’est qu’elle sonne juste. Il écrit à l’oreille en quelque sorte. Le sens vient après. L’histoire se dévoile petit à petit, l’idée globale germe et le travail sur la structure devient nécessaire.

Marcus malte se met dans la peau de chaque personnage pour écrire. Il pense qu’il y a une certaine par de schizophrénie chez les écrivains. En tous cas, lui n’est plus le même quand il écrit et c’est tant mieux car il se demande parfois comment il a pu écrire des choses pareilles.

En règle générale, il ne s’inspire pas d’évènements réels pour écrire ses romans. Parfois, il transforme la réalité. Pour L’échelle de Glasgow, l’idée du guitariste qui ne peut plus jouer en raison d’une maladie lui est venue de l’histoire vraie de Jason Becker, guitariste de métal atteint d’une sclérose latérale amyotrophique, qui ne peut plus marcher ni parler. Les noms des deux héros, Astro Man et Catfish, correspondent à deux titres de chansons de Jimmy Hendrix.

L’angoisse de la page blanche :
Marcus Malte a besoin d’écrire régulièrement. Il écrit assez lentement et est angoissé quand il n’a pas de travail en cours. Il pense qu’il faut une certaine part d’innocence, d’insouciance, d’inconscience par rapport aux autres livres déjà écrits par de bons auteurs pour se lancer dans l’écriture.

Le métier d’écrivain :
Marcus Malte vit de son métier d’écrivain mais aussi des rencontres avec les lecteurs et des ateliers d’écriture. Pendant longtemps, il a fait d’autres métiers et ne sait pas si la situation actuelle va pouvoir durer. Il a fallu 7 ou 8 ans entre l’écriture de son premier roman et sa publication. Comme tout le monde, il dit qu’il faut un immense coup de chance pour être édité quand on ne connaît personne dans le milieu.

Au départ, il écrivait des livres pour adultes, surtout des polars et des romans noirs. Il a aussi écrit des albums et des romans pour la jeunesse. Quand il était plus jeune, il écrivait des petits bouts d’histoires et des paroles de chansons. Aujourd’hui, il évite de relire ses livres car il ne voit que les défauts.

Le livre qu’il emporterait sur une île déserte :
Ce serait plutôt un carnet pour écrire !

La lecture :
Pour Marcus Malte, la lecture et l’écriture sont liées. On voit et on apprend d’autres choses en lisant. Il ne lit pas beaucoup de livres pour la jeunesse.

Pour en savoir un peu plus sur cet auteur, visitez son site !

« La mémoiré trouéé » d’Elisabeth Combres

Avril 1994 :  Emma, 4 ans, fillette d’origine Tutsi, assiste à l’assassinat de sa maman cachée derrière un fauteuil. Elle ne voit rien mais elle entend tout. Seule, elle part sur les routes comme des milliers d’autres rwandais obligés de fuir en raison du génocide. Elle trouve refuge chez une « juste », une femme hutu qui la cache et s’occupe d’elle malgré les risques.
Dix ans plus tard : Emma vit toujours chez Mukecuru, cette femme qui l’a sauvée, mais elle est renfermée sur elle même. Des cauchemars la hantent sans cesse. Petit à petit, elle se lit d’amitié avec Ndoli, un jeune tutsi à peine plus âgé qu’elle. Lui aussi est traumatisé par le génocide : pour sauver sa vie, il a dû dénoncer les siens. Depuis, sa conscience ne le laisse plus tranquille. Ensemble, Emma et Ndoli vont essayer de s’ouvrir au monde et de vivre, malgré tout.

                         

Emma, personnage principal de ce roman, ne peut laisser le lecteur insensible. Traumatisée par son passé, incapable de se souvenir du visage de sa mère, repliée sur elle même, on se demande comment elle trouve encore la force de continuer à vivre. La femme qui l’a recueillie, Mukecuru, est remarquable par sa sensibilité et sa pudeur : elle ne pose aucune question à Emma mais elle est toujours à l’écoute et sait se montrer présente quand la jeune fille traverse des crises.
Autre personnage important de ce roman, Ndoli est la figure de la culpabilité et de la folie. Sa souffrance est encore plus visible que celle d’Emma. Les villageois le jugent mal car il a provoqué la mort des siens en les dénonçant. Mais comment peut-on être coupable quand on a 7 ans et que les bourreaux vous disent « tu parles ou tu es mort » ?

Pas de sang, pas de description de massacre dans cette histoire mais plutôt de la pudeur et du ressenti. La violence vient des images qui naissent dans l’esprit du lecteur. L’auteur, Elisabeth Combres, a pris le parti de mettre en avant les traumatismes provoqués par le génocide rwandais plutôt que de choquer par des scènes de guerre. Malheureusement, on pourrait sans aucun problème transposer cette histoire  dans de nombreux pays quoi ont vécu ou vivent encore des catastrophes similaires (le Darfour par exemple, pour n’en citer qu’un…).

COMBRES, Elisabeth, La mémoire trouée, Gallimard jeunesse, 2007.

« Le prince bégayant » de François Place

Quelque part dans un pays d’Afrique, on fête une naissance royale en répandant du lait partout et en chantant : un jeune prince vient de voir le jour. Le prince grandit. Il est beau, fort et plein de talents. Mais « Parfois on préfèrerait ne pas être né
                          Ou alors seulement
                                      Pour se laisser vivre

                                    Juste manger boire dormir
                                    Sous les étoiles
                                     Comme un animal
                                     Ne pas rendre compte
                                     Ni aux dieux ni aux hommes
                                                             Etre simplement
                                                            Sans avant ni après
                                                            Une respiration un souffle
                                                      Et puis disparaître

                                                          Sans laisser d’autres traces

                                                            Qu’un pas sur l’herbe
                                                            Aussitôt effacé »

Si le jeune prince préfèrerait ne pas être né, c’est parce que son bégaiement le rend fou de colère. C’est un redoutable guerrier, fort et courageux, qui remporte de nombreuses victoires, mais dès qu’il prend la parole
                                                  « Il perd en un instant
                                                                 Les effets de la gloire
                                                                 Et de la majesté »

Heureusement, un jour, au moment de donner la mort à un ennemi, le jeune prince se rend compte qu’il est en train de perdre toute humanité. Il décide alors de s’exiler et découvre un monde où les mots ne sont pas indispensables pour communiquer : celui des animaux et de la nature.

                                                                  « Le bonheur est ici
                                                                                    Loin du fracas des armes
                                                                                    Le bonheur est ici
                                                                                    Loin des regards fuyants
                                                                                    Et des sourires serviles »

                                             

Le prince bégayant est une belle histoire, pleine de sagesse, d’humanité et de poésie, qui s’inscrit dans la tradition des récits initiatiques. Les illustrations sont magnifiques et pleines de vie : en les regardant, on se retrouve directement en Afrique ! J’ai beaucoup aimé l’écriture en vers et la « morale » de ce conte mais je ne vous en dis pas plus… A vous de le lire et d’en retenir ce qui vous parle !

PLACE François, Le prince bégayant, Gallimard jeunesse, 2006.

« Une bouteille dans la mer de Gaza » de Valérie Zenatti

Tal est une jeune israélienne de 17 ans. Un jour, elle confie une bouteille avec une lettre à son frère, militaire dans la bande de Gaza, pour qu’il la jette à la mer. Elle espère que quelqu’un, en Palestine, lui répondra.

L’idée d’écrire cette lettre lui est venue à la suite d’un attentat qui a eu lieu à deux pas de chez elle. Tal veut avoir un avenir, grandir dans un monde en paix et vivre vieille. Elle n’en peut plus d’avoir peur et de vivre dans cette ambiance. Peut être qu’en lisant sa lettre, quelqu’un, dans l’autre camp, comprendra qu’elle aussi trouve cette guerre absurde et qu’elle ne souhaite qu’une seule chose : sa fin.

Un jeune palestinien trouve la bouteille sur la plage et de nombreux échanges par mail commencent entre « Gazaman » et Tal. Au début, Gazaman est très distant, moqueur, et même méchant. Mais petit à petit, grâce à la persévérance de Tal, il se dévoile : comme elle, il souffre, ne peut pas vivre comme il le souhaiterait, a peur à cause des attentats, etc.

                              

Tal est une jeune fille très intelligente qui a beaucoup de recul sur tout ce qui se passe autour d’elle. Ses échanges avec Gazaman montrent que les palestiniens ne sont pas tous des extrémistes et veulent vivre en paix, tout comme les israéliens. Ils permettent aussi de dépasser la haine et la violence. Grâce au dialogue, les deux adolescents arrivent à se comprendre mutuellement. Une belle note d’espoir dans un conflit qui s’enlise!

« Un jour, vous, nous, nous nous apercevrons qu’il n’y a pas de gagnant possible dans la violence, que c’est une guerre de perdant. Un gâchis. » (p166).

ZENATTI, Valérie, Une bouteille dans la mer de Gaza, L’école des loisirs, 2005.

Le petit chaperon rouge revisité

Les contes populaires  et autres récits intemporels sont souvent l’objet de parodies, adaptations ou transgressions. Jean-Claude Grimberg, lui, a détourné Le petit chaperon rouge pour en faire une pièce de théâtre surprenante : le loup, prénommé Wolf, est déguisé en caporal et « parle français avec accent loup » et le petit chaperon rouge est une petite fille Uf. Quand Wolf lui demande ses papiers, le petit chaperon ne sait même pas qu’elle est Uf. Petit à petit, elle découvre des lois qui lui interdisent tout. Ainsi, elle doit « échanger » son capuchon rouge contre un jaune car le jaune est la couleur des Uf. Le plus absurde, c’est que ces lois semblent inventées au fur et à mesure par l’officier Wolf. Pour quelles raisons ?

                                          

Vous l’aurez compris Le petit chaperon Uf traite de l’antisémitisme et des lois anti-juives pendant la Seconde Guerre mondiale. Si le thème est sérieux, l’auteur a su l’aborder avec beaucoup d’humour et de finesse. Je pense que cette pièce de théâtre est un bon moyen pour parler d’un sujet grave avec de jeunes enfants (à partir de 7-8 ans). J’aimerais beaucoup voir l’adaptation sur scène !

Un extrait de l’introduction de Jean-Claude Grimberg :

« Connaître l’histoire, les histoires, la vraie Histoire, à quoi cela sert-il ? Sinon à alerter les chaperons d’aujourd’hui, à avertir les enfants que la liberté de traverser les bois pour porter à sa grand-mère un pot de beurre et une galette n’est jamais définitivement acquise… Hier ce furent les enfants Ufs et Oufs, ainsi que leurs parents et grands-parents, qui durent fuir, se cacher changer de noms et de papiers afin d’échapper aux griffes du loup. […] . Demain, si l’on n’y prend garde, les loups s’attaqueront peut-être aux enfants Ifs ou Gnoufs, les loups eux seront toujours les loups et vous savez comme ils savent dissimuler leur bave et leurs grandes dents sous de belles et trompeuses paroles avant de se mettre à hurler et à mordre. »

Grumberg, Jean-Claude, Le petit chaperon Uf, Actes Sud, 2005.

« échancrure » de Michel Le Bourhis

Thomas, dix-sept ans, est un jeune homme désoeuvré et révolté. Au lycée, il sèche les cours et la CPE lui fait la morale. A la maison, son beau-père passe ses journées devant la télévision pendant que sa mère s’use la santé à la caisse d’un grand hypermarché. Son seul rayon de soleil, c’est Marion. Mais le problème c’est qu’elle sort avec Tony, son meilleur ami. Thomas a un rêve : aller à la mer pour se vider de tous ses problèmes. Il a aussi une passion : les beaux livres. Il aime les toucher, les caresser, respirer leur odeur. Un jour, alors qu’il est sur le point de voler les oeuvres complètes de Maupassant, une vieille dame le surprend et lui offre l’édition de La Pléiade.
Une courte série de rencontres commence alors entre cette vieille dame et le jeune écorché vif. Mais Thomas reste très secret. Il va mal mais ne se livre pas. La vieille dame sent bien qu’un drame risque d’arriver. Malheureusement, elle est impuissante.

                                          

Il est difficile pour moi de décrire ce que j’ai ressenti à la lecture de ce roman. La détresse et le désœuvrement du héros m’ont laissé assez mal à l’aise. Thomas n’envisage aucun avenir heureux et tout le livre respire ce désespoir. La lumière n’a pas sa place dans cette histoire…

LE Bourhis, Michel, Echancrure, Seuil, 2007.

« Le chien de Noureev » de Elke Heidenreich

Après un soirée bien arrosée chez l’écrivain Truman Capote, le célèbre danseur Noureev repart avec un chien mou et pataud. Très vite, ce chien devient son fidèle compagnon. C’est un peu surprenant quand on sait les nombreux déplacements que Noureev doit effectuer pour ses spectacles de danse. Mais le chien, rebaptisé Oblomov, est un peu particulier : il a l’âme russe, adore regarder son nouveau maître à l’opéra, dort sur un coussin de Brocart, mange dans de la porcelaine très fine et boit du champagne.
A la mort de Noureev, Oblomov est recueilli par une ballerine russe qui le surprend, une nuit, en train d’effectuer des pas de danse…

                                             

Le chien de Noureev est un beau petit texte, léger et agréable à lire malgré certaines longueurs au milieu de l’histoire. Les références littéraires et musicales sont nombreuses. Les amateurs de danse et de ballets russes, adolescents ou adultes, seront sans doute enchantés par cette lecture !

Un cochon pour la vie, du même auteur et publié chez le même éditeur, est également un beau petit roman, illustré avec goût.

HEIDENREICH, Elke, Le chien de Noureev, Editions Sarbacane, 2007.

« Madame Gargouille » d’Orianne Charpentier

Ezéchiel, 13 ans, aime bien faire les pires vacheries dans son immeuble pour embêter la concierge, une vieille femme ridée et méchante que lui et ses copains surnomment Gargouille.
Pourquoi Gargouille ? Parce que quand elle n’est pas contente, elle grogne. Et chacun de ses grognements ressemble à un gargouillis.
Alors, le jour ou Ezéchiel doit se rendre chez la Gargouille avec Lucie, sa petite sœur de six ans, parce tout va mal entre ses parents et qu’il n’y a personne pour les garder, il se sent très mal à l’aise… Petit à petit, il s’aperçoit que, malgré les apparences, Madame Gargouille n’est pas si méchante que cela. Elle est même très humaine et très attentive. Elle console le jeune homme qui se sent mal dans sa peau depuis que son père est parti de la maison. Elle répond aussi à ses questions, le rassure, lui qui doute beaucoup, se trouve trop grand, maladroit (notamment avec les filles…) et se compare à une asperge.
La loge de madame Gargouille devient petit à petit un refuge pour Ezéchiel qui se rend compte qu’il a très mal jugé la vieille dame.

                                             

A la lecture de ce « résumé », vous allez peut être vous dire : « encore un roman jeunesse sur le divorce des parents et le mal être des enfants en pleine période de puberté ». Oui, c’est vrai, le sujet est classique mais il est traité avec beaucoup d’humour et de sensibilité. La fin du roman mérite un mention spéciale pour son originalité. A la place de la facilité et du classique « tout va bien dans le meilleur des mondes », Orianne Charpentier, dont c’est le premier roman jeunesse, a préféré faire preuve d’imagination.

CHARPENTIER, Orianne, Madame Gargouille, Gallimard jeunesse, 2006.

Un bel hommage aux lycéens

En ce moment, je suis en train de lire Une veuve de papier de John Irving. C’est un bon roman mais le problème, c’est qu’il est gros et que depuis trois jours, j’ai acheté Un endroit pour vivre. J’ai découvert Jean-Philippe Blondel il y a peu et en ce moment, je dévore tous ces livres les uns après les autres. Alors voilà, hier soir, j’ai craqué. J’ai abandonné momentanément mon « pavé » pour ce court texte publié dans un collection pour adolescents où les textes sont destinés à être lus à voix haute.

Le narrateur a 16 ans. C’est un jeune homme sans histoires, plutôt réservé, qui aime être en retrait et préfère observer le monde dans lequel il vit plutôt que parler. Un jour, il assiste à une réunion avec tous les délégués de classe et leurs suppléants. Le nouveau proviseur fait remarquer que depuis quelques années les résultats aux examens baissent. Sa conclusion est la suivante : avant d’être un lieu de vie, le lycée est un lieu de travail. Il prend donc une « avalanche de mesures de rétorsion » : « Tenue impeccable, plus personne d’assis dans les couloirs, interdit de trainer dans les bâtiments, plus question non plus de « se frotter » – c’est le terme qu’il a employé – sur les bancs, les pelouses, n’importe où dans l’enceinte de l’établissement. Retour aux mots clés de la réussite : travail, discipline et correction » (p.36). Le narrateur pense que ses camarades vont réagir, qu’ils ne vont pas se laisser faire mais tout le monde encaisse sans broncher, même si beaucoup ne sont pas d’accord avec cette série de mesures.
Puis, en cours d’anglais, suite à une remarque d’un professeur, le déclic se produit. Le jeune homme décide de prendre le caméscope de son père et de filmer tout ce qui se passe autour de lui, dans le lycée. Les lycéens sont là pour travailler, d’accord, mais pourquoi toujours séparer vie et travail ?

 

Jean-Philippe Blondel est prof d’anglais dans un lycée et dans Un endroit pour vivre il rend un bel hommage aux lycéens, à leur joie de vivre, à leur force, à leur sensibilité, à leurs amours, leurs amitiés, à leur vie tout simplement. Il fait également quelques clins d’œil à son métier d’enseignant : c’est suite à un remarque de son prof d’anglais que le jeune narrateur prend la décision de filmer des moments de vie de ses camarades.

A la lecture de ce livre, je me suis faite la réflexion suivante : c’est vrai, on a trop souvent tendance à regarder nos élèves comme des jeunes gens qui sont là pour apprendre et on oublie parfois qu’ils ont une autre vie que celle d’élève. Avant d’être écoliers, collégiens ou lycéens, ils sont enfants ou adolescents comme nous sommes hommes ou femmes avant d’être enseignants.

BLONDEL, Jean-Philippe, Un endroit pour vivre, Actes Sud Junior, 2007.

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