Des aventures de Nasr Eddin Hodja

Nasr Eddin Hodja est un personnage mythique de la culture arabo-musulmane. Ses aventures sont connues dans de nombreux pays. Ingénu, faux naîf, impertinent, savant, toujours drôle et sympathique, il pointe du doigt les travers de l’homme. Ses histoires ont toujours une dimension de critique sociale, politique ou religieuse.

Jihad Darwiche a rassemblé quelques unes d’entre elles pour notre plus grand bonheur ! On est surpris ou sidéré, on éclate de rire ou on a le sourire aux lèvres mais on n’est jamais indifférent : c’est un vrai régal !

DARWICHE, Jihad, Sagesses et malices de Nasreddine le fou qui était sage, Albin Michel, 2007.

Une statue de Nasr Eddin Hodja sur son âne à Boukhara, en Ouzbékistan :

« Pablo de la Courneuve » de Cécile Roumiguière

Pablo est colombien. Avec sa famille, il a dû fuir son pays pour des raisons politiques. Arrivé en France clandestinement, il vit à la Courneuve mais il a beaucoup de mal à s’intégrer. Ses camarades de classes le traitent de voleur (« Colombien, vaurien… » !), il pleut, tout est gris, il ne doit pas se faire remarquer car il n’a pas de papiers, sa sœur veut arrêter ses études pour aller travailler à l’usine alors qu’en Colombie elle voulait devenir enseignante, etc. Bref, tout va mal pour ce jeune garçon de 12 ans.

Mais, petit à petit, Pablo fait la rencontre de la Goule, une vieille femme mystérieuse que tous les gamins du quartier aiment embêter, de Nina, une petite fille de CE2 qui lui parle de sa vie dans un château, et de Georges qui travaille à la mairie et aide sa famille à avoir des papiers. Au contact de toutes ces personnes, il commence à raconter son histoire, à s’intégrer et à découvrir que la vie en France n’est pas si mal que cela. Bien entendu, la Colombie garde une place privilégiée dans son cœur!

Pablo de la Courneuve est un beau roman sur le thème de l’immigration. Racisme, intégration, problèmes de papiers, mal du pays : tous ces sujets sont abordés avec beaucoup de finesse et de sensibilité. On ne referme pas le livre en pleurant mais plutôt avec le sourire aux lèvres et plein d’espoir pour la vie future de Pablo.

C’est un billet de Gawou qui m’a donné envie de lire ce magnifique roman.

ROUMIGUIERE, Cécile, Pablo de la Courneuve, Seuil, 2008.

Les livres, des sauveurs !

Étienne vit dans une maison où tout le monde aime lire. Lui, c’est le cas désespéré : celui qui n’aime pas lire et qui ne changera jamais : « Que tous ceux qui rabâchent que, pour faire aimer la lecture aux enfants, il suffit de les faire vivre entourés de livres, arrêtent de se raconter des histoires.  Moi, j’ai toujours baigné dedans, au point qu’ils ont fini par me noyer« .

Oui, mais voilà, il ne faut jamais dire jamais : « du jour au lendemain, alors que j’ai toujours détesté lire – c’était au stade de l’allergie, sans les démangeaisons, mais avec une vraie montée  d’irritation rageuse chaque fois que ma grand-mère débarquait pour dîner avec, pour ma sœur et moi, des livres enveloppés dans du papier cadeau rouge aux dessins noirs qui me sort encore par les yeux -, je me suis mis à lire.  Pire à aimer ça. Pire, à avoir envie de donner envie aux autres« . Ce qui a donné le goût de lire à Étienne, c’est le divorce de ses parents. Le soir où il l’apprend, il n’arrive pas à dormir et veut regarder la télé mais son père dort dans le salon. Du coup, il se retrouve seul, mal dans sa peau, dans le bureau de sa mère et tombe sur un recueil de nouvelles de Salinger. Il aime beaucoup et enchaîne sur d’autres livres : L’attrape cœur, le Da Vinci Code, Orgueil et préjugés, Christine Angot, Shakespeare, etc.

Étienne découvre également qu’il aime écrire. D’où ce récit à la première personne où il parle du divorce de ses parents, de sa découverte du plaisir de lire et d’écrire (les remarques sur l’acte d’écrire sont nombreuses), de son premier amour et… de son premier rapport sexuel.

Contrairement à ce que je pensais au début, ce livre raconte la vie d’un adolescent. Certes, la lecture et l’écriture tiennent une place importante mais il n’y a pas que cela dans le vie d’Étienne ! Je m’attendais donc à autre chose et c’est sans doute pour cela que j’ai été un peu déçue. Néanmoins, c’est un beau roman à l’écriture originale, plein de vie, d’humour et de finesse.

Et puis, je me suis un peu retrouvée dans le personnage d’Etienne quand il dit « c’est cette histoire qui m’a tiré de la mienne. En finissant de la lire, j’étais moins mal« . Pour moi aussi, les livres sont parfois un remède. En tous les cas, ils me permettent de rêver et de m’évader du quotidien.

C’est un récent billet de BelleSahi qui m’a donné envie d’emprunter ce livre à la médiathèque.

Calarabel a beaucoup aimé.

WILLER, Ellen, Le garçon qui ne pouvait pas voir les livres en peinture, Ecole des loisirs, 2007.

L’île aux peintres de Claire Mazard

Quatrième de couverture :
« Clément et son père Thierry entretiennent des relations difficiles.
Sur les conseils de sa mère, Clément décide cependant de lui offrir un
cadeau pour sa fête. Il trouve dans une brocante un tableau
représentant le portrait d’un jeune homme ressemblant fortement à
Thierry, sur fond de palmiers et de maisons coloniales. Intrigué par
cette ressemblance et par la réaction de son père lorsqu’il lui offre
le cadeau, Clément décide de mener l’enquête. Il découvre alors un
manuscrit qui va lui révéler l’incroyable vérité et lui permettre de
mieux comprendre ce père qui était resté un inconnu pour lui. »

Voici un roman sympathique sur les relations père-fils et sur le poids du passé. On découvre petit à petit, en même temps que Clément, le contenu de ce manuscrit trouvé par le plus grand des hasards dans une brocante et qui va permettre au jeune ado et à son père de se réconcilier. Le suspens -que s’est-il passé d’important pendant la jeunesse du père?- est maintenu jusqu’au bout ou presque mais je m’attendais à une révélation plus importante. Je suis donc restée un peu sur ma faim même si j’ai passé un agréable moment de lecture !

Un extrait :
En cours, Boris me glisse des petits papiers. Ses réflexions du moment.

« Ne pas se prendre au sérieux, plus difficile qu’on ne croit. »

« L’important dans la vie : se regarder avec des yeux extérieurs. »

« De temps en temps, arrêter son existence et la saisir en son entier. »

« A chacun de lire le roman de sa vie. A chacun d’aimer son propre personnage dans le roman de la vie. Simplement. Sans orgueil. »

J’ai gardé tous ces petits papier.

MAZARD, Claire, L’île aux peintres, Seuil, 2007.

« Be safe » de Xavier-Laurent Petit

Jeremy et son frère Oskar passent leurs journées à jouer de la musique dans le garage de la maison familiale. Si Oskar va au lycée, Jeremy, lui, a arrêté l’école et ne trouve pas de travail. Un jour, sur le parking d’un supermarché, ils croisent les sergents recruteurs de l’armée. En quelques minutes, Jeremy signe un contrat de quatre ans en échange d’un emploi dans la construction de ponts.

De retour à la maison, les choses se compliquent… Le père de Jeremy n’accepte pas l’engagement de son fils, sa mère a peur et Oskar réalise qu’il va se retrouver tout seul. Mais Jeremy part quand même. Il a du talent au tir et devient très vite membre des forces spéciales. C’est bien différent de la construction de ponts promise au début…

Comme beaucoup de jeunes de son âge, il part « là-bas ». Ce n’est pas dit explicitement mais « là-bas », c’est bien entendu l’Irak, pays dans lequel les soldats américains s’enlisent dans une guerre sans fin et perdent parfois la vie…

Oskar, quant à lui, se fait petit à petit à l’absence de Jérémy et forme un nouveau groupe de musique avec Makra, une jeune fille dont le frère est également engagé dans l’armée.

 

Be safe est un roman antimilitariste qui dénonce de façon à peine voilée l’engagement américain en Irak. La guerre du Vietnam en prend aussi pour son grade même si l’auteur s’y attarde moins. Les premiers temps, Jeremy n’a pas beaucoup de recul sur l’armée car il est endoctriné. Oskar, le narrateur, voit les choses de l’extérieur. Il vit dans la peur quotidienne mais heureusement, la jeune Makra est là pour partager ses peines et ses joies.

Ce roman est très riche et très dense. Il fait réfléchir sur la guerre mais propose également des choses plus légères à travers l’histoire d’amour entre Makra et Oskar et le succès de leur groupe de musique. Bref, c’est encore une belle réussite de Xavier-Laurent Petit !

PETIT, Xavier-Laurent, Be Safe, L’Ecole des loisirs, 2007.

« Les Giètes » de Fabrice Vigne

Maximilien vit dans un petit studio, au sein d’une résidence pour personnes âgées. Un jour, il retrouve le journal qu’il tenait quand il était jeune homme. C’est l’occasion pour lui de revenir sur son passé de militant communiste et d’amateur de Flaubert. Les désillusions politiques sont nombreuses mais les citations de Flaubert toujours d’actualité…

Le vieil homme a du mal à accepter son âge mais porte un regard plein d’humour sur sa situation et celle de ses camarades de la « Maison ». Son petit-fils Marlon, amateur de photographie, vient lui rendre visite régulièrement et agrémente ses semaines. Il entretient aussi des relations avec d’autres résidents et notamment avec Lilia, une dame d’origine russe qui vient bousculer un peu ses certitudes…

                                          

Les Giètes est publié dans le collection photo roman chez Thierry Magnier. Le principe de la collection est le suivant : « Une série de photographie dont il ignore tout est confiée à un écrivain. Il s’aventure alors dans l’écriture d’un roman où ces photographies croiseront la vie du héros pour la transformer ». Je trouve cette idée originale. Mais attention, contrairement à ce qu’on pourrait croire, cette collection est destinée aux grands ados et aux adultes. En effet, il faut une certaine maturité pour comprendre les réflexions de ce grand-père qui, au crépuscule de sa vie, fait une sorte de bilan de ses convictions les plus fortes, porte un regard acerbe sur le monde qui l’entoure et cité régulièrement Flaubert pour illustrer ses propos.

Ce roman fait partie des coups de cœur de Sylire. C’est grâce à elle que j’ai découvert ce joli roman !

VIGNE, Fabrice, Les Giètes, Editions Thierry Magnier, 2007.

Rencontre avec Marcus Malte

La semaine dernière, « mes » élèves ont rencontré Marcus Malte. Son livre L’échelle de Glasgow fait partie de la sélection du prix des dévoreurs de livres organisé dans le département de l’Eure.

Voici un petit compte-rendu de cette rencontre.

L’inspiration et le travail d’écriture :
Marcus Malte ne croit pas à l’inspiration. L’écriture, c’est plutôt du travail pour lui. L’élément déclencheur, c’est tout simplement la première phrase du livre. Elle doit bien sonner au niveau musical. Il ne sait pas où cette phrase va l’emmener mais ce qui est important, c’est qu’elle sonne juste. Il écrit à l’oreille en quelque sorte. Le sens vient après. L’histoire se dévoile petit à petit, l’idée globale germe et le travail sur la structure devient nécessaire.

Marcus malte se met dans la peau de chaque personnage pour écrire. Il pense qu’il y a une certaine par de schizophrénie chez les écrivains. En tous cas, lui n’est plus le même quand il écrit et c’est tant mieux car il se demande parfois comment il a pu écrire des choses pareilles.

En règle générale, il ne s’inspire pas d’évènements réels pour écrire ses romans. Parfois, il transforme la réalité. Pour L’échelle de Glasgow, l’idée du guitariste qui ne peut plus jouer en raison d’une maladie lui est venue de l’histoire vraie de Jason Becker, guitariste de métal atteint d’une sclérose latérale amyotrophique, qui ne peut plus marcher ni parler. Les noms des deux héros, Astro Man et Catfish, correspondent à deux titres de chansons de Jimmy Hendrix.

L’angoisse de la page blanche :
Marcus Malte a besoin d’écrire régulièrement. Il écrit assez lentement et est angoissé quand il n’a pas de travail en cours. Il pense qu’il faut une certaine part d’innocence, d’insouciance, d’inconscience par rapport aux autres livres déjà écrits par de bons auteurs pour se lancer dans l’écriture.

Le métier d’écrivain :
Marcus Malte vit de son métier d’écrivain mais aussi des rencontres avec les lecteurs et des ateliers d’écriture. Pendant longtemps, il a fait d’autres métiers et ne sait pas si la situation actuelle va pouvoir durer. Il a fallu 7 ou 8 ans entre l’écriture de son premier roman et sa publication. Comme tout le monde, il dit qu’il faut un immense coup de chance pour être édité quand on ne connaît personne dans le milieu.

Au départ, il écrivait des livres pour adultes, surtout des polars et des romans noirs. Il a aussi écrit des albums et des romans pour la jeunesse. Quand il était plus jeune, il écrivait des petits bouts d’histoires et des paroles de chansons. Aujourd’hui, il évite de relire ses livres car il ne voit que les défauts.

Le livre qu’il emporterait sur une île déserte :
Ce serait plutôt un carnet pour écrire !

La lecture :
Pour Marcus Malte, la lecture et l’écriture sont liées. On voit et on apprend d’autres choses en lisant. Il ne lit pas beaucoup de livres pour la jeunesse.

Pour en savoir un peu plus sur cet auteur, visitez son site !

« La mémoiré trouéé » d’Elisabeth Combres

Avril 1994 :  Emma, 4 ans, fillette d’origine Tutsi, assiste à l’assassinat de sa maman cachée derrière un fauteuil. Elle ne voit rien mais elle entend tout. Seule, elle part sur les routes comme des milliers d’autres rwandais obligés de fuir en raison du génocide. Elle trouve refuge chez une « juste », une femme hutu qui la cache et s’occupe d’elle malgré les risques.
Dix ans plus tard : Emma vit toujours chez Mukecuru, cette femme qui l’a sauvée, mais elle est renfermée sur elle même. Des cauchemars la hantent sans cesse. Petit à petit, elle se lit d’amitié avec Ndoli, un jeune tutsi à peine plus âgé qu’elle. Lui aussi est traumatisé par le génocide : pour sauver sa vie, il a dû dénoncer les siens. Depuis, sa conscience ne le laisse plus tranquille. Ensemble, Emma et Ndoli vont essayer de s’ouvrir au monde et de vivre, malgré tout.

                         

Emma, personnage principal de ce roman, ne peut laisser le lecteur insensible. Traumatisée par son passé, incapable de se souvenir du visage de sa mère, repliée sur elle même, on se demande comment elle trouve encore la force de continuer à vivre. La femme qui l’a recueillie, Mukecuru, est remarquable par sa sensibilité et sa pudeur : elle ne pose aucune question à Emma mais elle est toujours à l’écoute et sait se montrer présente quand la jeune fille traverse des crises.
Autre personnage important de ce roman, Ndoli est la figure de la culpabilité et de la folie. Sa souffrance est encore plus visible que celle d’Emma. Les villageois le jugent mal car il a provoqué la mort des siens en les dénonçant. Mais comment peut-on être coupable quand on a 7 ans et que les bourreaux vous disent « tu parles ou tu es mort » ?

Pas de sang, pas de description de massacre dans cette histoire mais plutôt de la pudeur et du ressenti. La violence vient des images qui naissent dans l’esprit du lecteur. L’auteur, Elisabeth Combres, a pris le parti de mettre en avant les traumatismes provoqués par le génocide rwandais plutôt que de choquer par des scènes de guerre. Malheureusement, on pourrait sans aucun problème transposer cette histoire  dans de nombreux pays quoi ont vécu ou vivent encore des catastrophes similaires (le Darfour par exemple, pour n’en citer qu’un…).

COMBRES, Elisabeth, La mémoire trouée, Gallimard jeunesse, 2007.

« Le prince bégayant » de François Place

Quelque part dans un pays d’Afrique, on fête une naissance royale en répandant du lait partout et en chantant : un jeune prince vient de voir le jour. Le prince grandit. Il est beau, fort et plein de talents. Mais « Parfois on préfèrerait ne pas être né
                          Ou alors seulement
                                      Pour se laisser vivre

                                    Juste manger boire dormir
                                    Sous les étoiles
                                     Comme un animal
                                     Ne pas rendre compte
                                     Ni aux dieux ni aux hommes
                                                             Etre simplement
                                                            Sans avant ni après
                                                            Une respiration un souffle
                                                      Et puis disparaître

                                                          Sans laisser d’autres traces

                                                            Qu’un pas sur l’herbe
                                                            Aussitôt effacé »

Si le jeune prince préfèrerait ne pas être né, c’est parce que son bégaiement le rend fou de colère. C’est un redoutable guerrier, fort et courageux, qui remporte de nombreuses victoires, mais dès qu’il prend la parole
                                                  « Il perd en un instant
                                                                 Les effets de la gloire
                                                                 Et de la majesté »

Heureusement, un jour, au moment de donner la mort à un ennemi, le jeune prince se rend compte qu’il est en train de perdre toute humanité. Il décide alors de s’exiler et découvre un monde où les mots ne sont pas indispensables pour communiquer : celui des animaux et de la nature.

                                                                  « Le bonheur est ici
                                                                                    Loin du fracas des armes
                                                                                    Le bonheur est ici
                                                                                    Loin des regards fuyants
                                                                                    Et des sourires serviles »

                                             

Le prince bégayant est une belle histoire, pleine de sagesse, d’humanité et de poésie, qui s’inscrit dans la tradition des récits initiatiques. Les illustrations sont magnifiques et pleines de vie : en les regardant, on se retrouve directement en Afrique ! J’ai beaucoup aimé l’écriture en vers et la « morale » de ce conte mais je ne vous en dis pas plus… A vous de le lire et d’en retenir ce qui vous parle !

PLACE François, Le prince bégayant, Gallimard jeunesse, 2006.

« Une bouteille dans la mer de Gaza » de Valérie Zenatti

Tal est une jeune israélienne de 17 ans. Un jour, elle confie une bouteille avec une lettre à son frère, militaire dans la bande de Gaza, pour qu’il la jette à la mer. Elle espère que quelqu’un, en Palestine, lui répondra.

L’idée d’écrire cette lettre lui est venue à la suite d’un attentat qui a eu lieu à deux pas de chez elle. Tal veut avoir un avenir, grandir dans un monde en paix et vivre vieille. Elle n’en peut plus d’avoir peur et de vivre dans cette ambiance. Peut être qu’en lisant sa lettre, quelqu’un, dans l’autre camp, comprendra qu’elle aussi trouve cette guerre absurde et qu’elle ne souhaite qu’une seule chose : sa fin.

Un jeune palestinien trouve la bouteille sur la plage et de nombreux échanges par mail commencent entre « Gazaman » et Tal. Au début, Gazaman est très distant, moqueur, et même méchant. Mais petit à petit, grâce à la persévérance de Tal, il se dévoile : comme elle, il souffre, ne peut pas vivre comme il le souhaiterait, a peur à cause des attentats, etc.

                              

Tal est une jeune fille très intelligente qui a beaucoup de recul sur tout ce qui se passe autour d’elle. Ses échanges avec Gazaman montrent que les palestiniens ne sont pas tous des extrémistes et veulent vivre en paix, tout comme les israéliens. Ils permettent aussi de dépasser la haine et la violence. Grâce au dialogue, les deux adolescents arrivent à se comprendre mutuellement. Une belle note d’espoir dans un conflit qui s’enlise!

« Un jour, vous, nous, nous nous apercevrons qu’il n’y a pas de gagnant possible dans la violence, que c’est une guerre de perdant. Un gâchis. » (p166).

ZENATTI, Valérie, Une bouteille dans la mer de Gaza, L’école des loisirs, 2005.

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