Une expo sur les livres pour enfants

En ce moment à la BNF (Bibliothèque Nationale de France) on peut visiter une exposition intitulée « Babar, Harry Potter et Compagnie. Livres d’enfants d’hier et d’aujourd’hui« .

Illustration Grégoire Solotareff, 2008.

Babar™ and © Nelvana


Jointly licensed by Nelvana Limited and the Clifford Ross Company, Ltd

 

Et cette expo, on peut la voir en vraie ou ici.

Voici quelques explications sur son contenu :

« Les livres de notre enfance sont bien plus que des livres : ce sont des portes ouvertes sur l’inconnu, des sujets d’étonnement, de rêve, de rire et d’effroi… Premiers repères du futur adulte, ils orientent notre sensibilité et décident de nos manières d’être au monde. Contes de fées, livres d’images, romans d’aventures ou du quotidien, encyclopédies des curiosités naissantes, journal attendu avec impatience et dévoré comme une gourmandise sont autant d’émotions communes à de nombreuses générations. Mettant
ses pas dans ceux de l’enfant, l’exposition invite à découvrir ces livres en suivant les différents âges de l’enfance, des premiers apprentissages à la maîtrise de la lecture, de l’exploration de l’imaginaire à la
découverte du réel. Bébés-lecteurs fascinés par les livres des sens, enfants rêveurs prenant l’échappée belle, adolescents aux lectures miroirs ou initiatiques, grands enfants collectionneurs : autant de guides pour un étonnant voyage, des trésors anciens à la création contemporaine. Du Capitaine Nemo à Harry Potter, de L’Ami des enfants à Astrapi, quatre siècles de livres pour enfants sont ainsi mis en scène à travers l’objet livre, mais également ses documents préparatoires (manuscrits et dessins originaux), sa promotion par les affiches, ses dérivés dans le domaine du jouet, ses échanges avec le grand et le petit écran.
 » © BnF

Dommage que le catalogue de l’expo soit à ce tarif (46 euros, c’est pas donné  même si en général les catalogues de la BNF sont vraiment bien!) car je fais partie de ceux qui ne pourront sans doute pas se rendre sur place et la visite virtuelle m’a vraiment donné envie ! De toute façon, toutes les expos virtuelles de la BNF sont alléchantes ! C’est pas juste !

« Slam » de Nick Hornby


Sam a 15 ans. Il partage sa vie entre sa passion pour le skateboard (heu pardon Sam, j’ai voulu dire skate car skateboard, tu me l’as dit, ça fait un peu ringard…) et les filles. Sa mère est âgée de 31 ans, ce qui signifie qu’elle l’a mis au monde à 16 ans. Elle lui recommande toujours de faire attention avec les filles. Oui, mais voilà, quand on a 16 ans, les conseils des parents on ne les écoutent pas toujours et un accident est vite arrivé… Sam va devoir faire face à une situation non envisageable pour lui. Il n’a pas trop le choix, c’est lui le père et la belle Alice veut absolument garder l’enfant.

« Slam » en skate, ça signifie se casser la figure, tomber. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que pour Sam, la chute est longue et difficile… Assumer une paternité à l’adolescence, ce n’est pas une sinécure. Les doutes, les incertitudes et les moments de faiblesse de notre héros en font un personnage humain et attachant. On aurait presque envie de discuter avec lui, d’essayer de l’aider. En tous cas, lui n’hésite pas à s’adresser directement au lecteur ou à son poster de Tony Hawk, un célèbre skater (dont je n’ai jamais entendu parler, pauvre inculte que je suis) pour lui demander des conseils. Le ton est souvent drôle et décalé. Certaine situations sont assez cocasses même si, il faut être franc, on n’aimerait pas être à la place du pauvre Sam. Tout cela rend le roman très vivant. C’est une lecture qui devrait plaire aux ados de la fin du collège au lycée.

Lire l’avis de Clarabel et celui d’Yspaddaden.

HORNBY, Nick, Slam, Plon, 2008.

Et un Morpurgo de plus !

Quatrième de couverture :

« Le 10 septembre 1987, Michael embarque avec ses parents et leur
chienne, Stella, sur un voilier pour faire le tour du monde. Ils
s’arrêtent, parfois, pour de fabuleuses escales, Afrique, Amérique,
Australie, jusqu’au jour où survient un terrible accident. Le jeune
garçon se retrouve échoué, avec sa chienne, sur une île déserte perdue
au milieu du Pacifique. Va-t-il pouvoir survivre, affamé, menacé par
toutes sortes de dangers ? Reverra-t-il jamais ses parents ?

Un
matin, alors que l’épuisement le gagne, Michael trouve auprès de lui un
peu de nourriture et d’eau douce. Il n’est pas seul…
« 

                                     

Le royaume de Kensuké est un roman qui s’inspire de l’histoire de Robinson Crusoé. C’est un beau récit d’aventure dans lequel Michael, le héros, ne cède pas à la panique et au désespoir même s’il a ses moments de faiblesse et se demande bien s’il va pouvoir revoir un jour ses parents. C’est aussi une belle leçon sur l’amitié et le respect de l’autre mais je ne vous en dis pas plus à ce sujet sinon, je vais révéler toute l’histoire…

Comme souvent avec Michael Morpurgo, on se distraie, on est pris par l’intrigue, mais il y a aussi une dimension réflexive importante. C’est un roman qui, à mon avis, peut plaire à bon nombre de collégiens.

Lire l’avis de Clochette et d’Emmyne.

MORPURGO, Mickael, Le royaume de Kensuké, Gallimard jeunesse, 2001.

« L’enfant de Guernica »

Emilio est encore enfant quand, le 26 avril 1937, la ville de Guernica est bombardée par les franquistes. Ce jour-là, il se trouve sur le marché avec toute sa famille. Malheureusement, il est le seul survivant…

De nombreuses années plus tard, sa fille, Isaura, devient bénévole à l’ARMH (Association pour la Réhabilitation de la Mémoire Historique). Avec des archéologues, elle doit exhumer les corps des victimes du régime de Franco entassés dans une fosse commune.

Isaura s’interroge beaucoup sur le passé de son père car celui-ci est étrangement muet sur tout ce qui concerne sa vie avant son mariage. Elle fait beaucoup d’hypothèses mais elle est bien loin d’imaginer la vérité…

                                        

L’enfant de Guernica est un superbe roman historique, construit avec intelligence et très bien documenté sur une période tragique du vingtième siècle. A travers l’histoire du jeune Emilio, Guy Jimenes montre toute l’horreur du massacre de la population civile espagnole à Guernica et les conséquences d’une telle tragédie sur ceux qui l’ont vécue. Il propose également une réflexion intéressante sur le devoir de mémoire et la nécessité, pour les victimes, d’oublier pour continuer à vivre.

A lire donc, de toute urgence, pour l’aspect historique bien sûr, mais aussi pour la relation entre un père brisé dans son enfance et sa fille qui cherche à découvrir ce que son papa peut bien cacher…


Ce livre fait partie de la sélection du prix des Incorruptibles 2009 pour le niveau 3ème/2de.

Le site de l’auteur.

JIMENES, Guy, L’enfant de Guernica, Osaer Editions, 2007.

« Le complexe de l’ornithorynque » de Jo Hoestlandt

Carla est dans la même classe de seconde que Rose et Aurélien. Elle est attirée par un jeune homme qu’elle surnomme Philémon. C’est son voisin, il est un peu plus vieux qu’elle, et elle ne lui a jamais parlé. Cela ne l’empêche pas de se sentir amoureuse de lui. Seulement, aimer quelqu’un quand on a l’impression de ressembler à un ornithorynque, c’est pas facile…

Rose, elle, est handicapée des jambes depuis qu’elle est tombée des branches d’un cerisier alors qu’elle était encore enfant. Elle est amoureuse d’Aurélien et s’imagine -presque au point d’y croire vraiment- qu’elle a un enfant de lui alors qu’ils n’ont jamais eu aucun rapport sexuel. Un jour, elle a l’impression de perdre cet enfant et c’est le gouffre.

Aurélien,lui, croit aimer les garçons. Il n’éprouve aucun amour pour Rose, juste de l’amitié. Il se sent mal, se cherche, n’arrive pas à se trouver.

                                     

Le complexe de l’ornithorynque est le portrait de trois adolescents en proie au doute et à la mélancolie. Je n’ai pas vraiment accroché, peut être parce que je ne suis plus une ado depuis longtemps !

Les personnages sont un peu caricaturaux (l’handicapé, l’homosexuel, celui qui s’en va de la maison à cause des conflits familiaux, etc.) mais Jo Hoestland a su les rendre humains, proches du réel. Pas de drames, simplement la vie de filles et de garçons de 15 ans avec ses joies et ses peines, ses larmes mais aussi ses grands moments de bonheur !

Quand j’étais ado, j’aimais beaucoup ce genre de livre car ça me rassurait et je me disais que je n’étais pas la seule à être comme ça ! Alors, je me dis que si, en tant qu’adulte je n’ai pas aimé plus que ça ce roman, il plaira sans doute aux ados.

Ce livre fait partie de la sélection du prix des Incorruptibles 2009 pour le niveau 3ème/2de.

HOESTLANDT, Jo, Le complexe de l’ornithorynque, Milan, 2008.

« Anges de berlin »

Solti vient de passer sa dernière épreuve du bac et sa mère lui offre un voyage à Berlin. Les voilà donc parties toutes les deux pour un weekend touristique dans la capitale allemande. Lors d’un concert, Mary, la mère de Solti, disparait mystérieusement. Solti se retrouve donc seule dans un pays dont elle ne connaît pas la langue et elle n’a aucune idée de l’endroit où pourrait se trouver sa mère. Tout ce qu’elle sait, c’est que disparaitre ainsi ne lui ressemble absolument pas.

Par hasard, la jeune fille trouve de l’aide auprès de Nels, un DJ, et d’un couple de punks. Très vite, elle se rend compte que la disparition de sa mère n’est pas un simple fait divers mais qu’elle est plutôt liée à son passé de membre d’un groupuscule anarchiste. Solti, aidée de ses nouveaux amis, va aller de découvertes en découvertes, dans un milieu où le danger et les luttes clandestines règnent en maître.

                                    

Voilà un bon polar qui nous plonge au cœur du Berlin d’aujourd’hui, avec, en toile de fond, la renaissance de l’extrême droite et toutes ses conséquences. Le style est agréable, Solti est un personnage plein de vie et d’enthousiasme malgré la situation extrêmement difficile à laquelle elle est confrontée, et l’intrigue est intéressante. Bref, c’est ce que j’appelle de la littérature de jeunesse de qualité !

Et puis, je crois que j’aurais bien aimé passer un peu de temps avec son groupe d’amis berlinois. Petit à petit, le texte montre que les apparences sont parfois trompeuses et que les gens les plus bourrus et les plus marginaux cachent parfois une personnalité et des compétences hors du commun.

Ce livre fait partie de la sélection du prix des Incorruptibles 2009 pour le niveau 3ème/2de.

DESHORS, Sylvie, Anges de Berlin, Editions du Rouerge, 2007.

« La trilogie du Gardien » Livre 1

Présentation de l’éditeur :

« Jack est un garçon ordinaire. Il a dix-huit ans et ses principaux centres d’intérêt sont les filles, les belles voitures et le football. Un soir qu’il célèbre une éclatante victoire, un inconnu le dévisage et le flashe. Une traque sauvage commence. Ce soir-là, Jack apprend qu’il est l’étincelle d’espoir, le Sauveur envoyé par le futur pour éviter à la Terre d’être anéantie. Sa mission : trouver «Mu », une boule de feu égarée dans l’océan, qui représente le pouvoir de la Nature…« .

Si vous aimez l’action, les rebondissements et les combats entre le bien et le mal, ce premier tome de La trilogie du gardien vous plaira sans doute ! Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’on ne s’ennuie pas avec ce roman : les chapitres sont courts, le suspens est entretenu jusqu’au bout et on se croirait dans un vrai film. Même si je ne suis pas fan de ce genre de livre -je l’ai lu par obligation, pour le boulot- et que le scénario est très classique, je me suis laissée emportée par l’intrigue.

Le tome 2 est prévu en novembre 2008 et le 3 en novembre 2009. Tout est organisé bien à l’avance comme pour Harry Potter ou les films hollywoodiens aux multiples épisodes. Les séries, c’est décidément un bon moyen pour captiver attirer les lecteur ou les spectateurs !

Ce livre fait partie de la sélection du prix des Incorruptibles 2009 pour le niveau 3ème/2de.

KLASS, David, Mu, le feu sacré de la terre, La Trilogie du gardien, Livre 1, Intervista, 2007.

« Quand j’étais soldate »

Valérie Zenatti, 18 ans à la fin des années 80, est obligée de faire son service
militaire dans l’armée israélienne pendant deux ans comme toutes les
jeunes filles de son pays. Partagée entre la fierté d’accomplir son devoir et le sentiment d’injustice (en France, elle aurait été majeure et libre !), entre l’ordre, l’obéissance et la manipulation des armes d’un côté et sa bande de copains, la musique, les livres, l’écriture et son premier amour de l’autre, la vie de la jeune fille n’est pas facile tous les jours.
Mais qu’importe, elle est résolument optimiste et ne se laisse pas abattre. Le roman laisse la part belle à l’humour, arme redoutable contre la tristesse. On reconnait bien là la plume de Valérie Zenatti qui définit un bon livre comme un livre où « le sourire et le désespoir sont mêlés » (p. 50). Je dois dire que je suis assez d’accord avec cette définition !

Voilà un superbe roman que je vous conseille vivement. Valérie Zenatti est un de mes auteurs préférés en littérature jeunesse car elle sait traiter de sujets sérieux et graves avec beaucoup de légèreté, de finesse et d’humour.

Du même auteur, j’ai beaucoup aimé Une bouteille dans la mer de Gaza et Adieu, mes 9 ans !.

Merci à Lucie qui a eu la très bonne idée de m’offrir ce livre dans le cadre du swap litté jeunesse 2008.

Lire l’avis de Laure.

ZENATTI, Valérie, Quand j’étais soldate, L’école des loisirs, 2006.

Sortez les kleenex !


Comme beaucoup de jeunes anglais, Tommo et son frère Charlie ont vu leur vie bouleversée lorsqu’ils sont partis faire la guerre en France, dans l’enfer des tranchées.
Cette nuit, Tommo ne veut pas dormir. Il veut profiter des quelques heures qui lui restent avant que son existence bascule pour se souvenir des bons moments, et aussi des moins bons, passés en famille, à la campagne. L’amour et la fidélité régnaient alors même si la vie n’était pas facile tous les jours. Rien à voir avec l’injustice de la guerre !

                         

On m’avait prévenu, mieux vaut avoir un paquet de kleenex à ses côtés quand on lit ce livre. Effectivement, j’ai eu la larme à l’œil du début à la fin ou presque… C’est fort, ça prend aux tripes et en plus Mickaël Morpurgo est un excellent conteur. Que demander de mieux ?

Florinette, Clochette et BelleSahi ont également adoré ce livre.

MORPURGO, Mickael, Soldat Peaceful, Gallimard jeunesse, 2004.

Une fabuleuse histoire qui se raconte depuis la nuit des temps…

Ceux qui fréquentent le blog de BelleSahi n’ont pas pu passer à côté de son enthousiasme pour chacun des livres de Morpurgo. A force de lire ses billets, j’ai fini par me laisser convaincre de découvrir cet auteur anglais. Au pays de mes histoires reste pour moi un excellent souvenir de lecture. Aujourd’hui, c’est un livre tout à fait différent (mais toujours du même auteur !) dont je vais vous parler : Beowulf.

Beowulf est un héros viking légendaire, plein de bravoure et de sagesse, dont les exploits se racontent depuis la nuit des temps, notamment dans la littérature anglaise. Un jour, alors qu’on ne lui a rien demandé, il n’hésite pas à quitter son pays avec ses hommes pour venir en aide au roi  du Danemark. En effet, les danois sont terrorisés par un monstre maléfique, nommé Grendel, qui tue tous les habitants du royaume les uns après les autres, la nuit, pour assouvir sa soif de sang. Tout au long de sa vie, Beowulf mène ainsi des combats effroyables contre les forces des ténèbres.

 

Généralement, je n’aime pas du tout les histoires de monstres, de forces du mal, de guerriers sanguinaires, etc. Mais comme Beowulf est écrit par Mr Morpurgo en personne, je me suis laissée tenter et je ne regrette pas ! Ce texte n’a rien d’extraordinaire, il raconte une histoire qui ressemble à de nombreuses autres déjà entendues à droite et à gauche, mais on se laisse vite emporter par les talents de conteur de l’auteur.

Je vote donc OUI pour Michael Morpurgo ! Soldat Peaceful est déjà dans mes bagages pour cet été et Le royaume de Kensuké suivra sans doute prochainement !

MORPURGO, Mickaël, FOREMAN, Michaël, Beowulf, Gallimard jeunesse, 2007.

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