« Chagrin d’école » de Monsieur Pennac

Celles et ceux qui suivent l’actualité littéraire ont sans doute beaucoup entendu parler du dernier Pennac, récompensé par le prix Renaudot 2007 à la surprise générale. En effet, Chagrin d’école ne faisait même pas partie de la dernière sélection des jurés. Pourtant, il a été élu !

Généralement, je ne lis pas les livres récompensés dans les divers prix car les magouilles éditoriales m’énervent à un point inimaginable. Mais bon, cette fois je me suis dit : « un roman de Monsieur Pennac, je ne peux pas le laisser de côté ». Alors, voilà mon petit compte rendu de lecture !

Daniel Pennac, ancien cancre devenu professeur de français et écrivain de renom, raconte sa douloureuse expérience de mauvais élève puis celle, beaucoup plus épanouissante, d’enseignant. « [L]a solitude et la honte de l’élève qui ne comprend pas, perdu dans un monde où tous les autres comprennent » (p.41), il les a beaucoup ressenties. Heureusement, au lycée, quatre profs l’ont sauvé du gouffre en lui donnant l’envie d’apprendre. Et puis, il a aussi rencontré l’amour. Ce sont, selon lui, les deux raisons qui ont permis à l’ancien cancre de s’en sortir dans la vie et de de devenir prof.  Et pas n’importe quel prof : Monsieur Pennac est un passionné de littérature : il aime décortiquer les textes des grands auteurs, s’en imprégner, les apprendre par cœur… L’amour des mots, de la langue et des livres : c’est cela qu’il veut transmettre à ses élèves. Bien sûr, réfléchir, analyser, apprendre, tout cela ne se fait pas sans efforts mais ça en vaut la peine. Même les cancres en sont capables. Daniel Pennac sait de quoi il parle !

                               

Chagrin d’école s’inscrit clairement dans la lignée de Comme un roman (vous vous souvenez, les 10 droits imprescriptibles du lecteur….) : l’amour des livres et celui des élèves, voilà les deux recettes miracles de Monsieur Pennac. Bien entendu, le discours est (un peu) idéaliste, la prof que je suis ne vous dira pas le contraire. En lisant ce roman, on a l’impression qu’enseigner, c’est facile. Pourquoi y a t-il donc toujours autant d’élèves en difficulté ? Peut être parce que la « méthode » préconisée par l’auteur repose essentiellement sur le charisme de l’enseignant…

Il n’empêche, Chagrin d’école est un bon livre dans lequel je me suis laissée facilement emportée. Il m’a donné envie de (re)lire certains classiques de la littérature. Moi aussi, j’aimais analyser les textes quand j’étais au lycée et à la fac. Si aujourd’hui je n’ai plus vraiment le temps de le faire, j’aime toujours autant m’en imprégner ! Mes romans préférés sont ceux qui me parlent et résonnent en moi.

Dernière petite remarque : l’optimisme de Daniel Pennac quand a l’avenir de nos élèves fait plaisir à entendre :
« pas d’affolement, rien ne se passe comme prévu, c’est la seule chose que nous apprend le futur en devenant du passé » (réponse faite aux mamans de cancre qui s’inquiètent pour l’avenir de leurs enfants).

Mon ancien chef d’établissement, aujourd’hui à la retraite, avait une autre formule :

« le pire n’est pas certain ».

Si ce n’était pas le cas, je ne ferai pas ce métier là !

Frisette a beaucoup aimé ce livre.

PENNAC, Daniel, Chagrin d’école, Gallimard, 2007.

6 réflexions sur « « Chagrin d’école » de Monsieur Pennac »

  1. Bonsoir,
    Ce livre figure dans ma lal mais j’ai beaucoup de mal à me le procurer car il est tout le temps emprunté à la bibliothèque, il va falloir que je le réserve! Du même auteur, j’ai lu « Comme un roman » que j’avais adoré et « Merci » qui m’avait déçue.

  2. Bonsoir, je visite votre blog, et je suis très séduite.
    J’ai noté « Chagrin d’école », mais comme vous j’avais aussi un appriori, et j’ai beaucoup beaucoup aimé « Comme un roman. »

La parole est à vous !

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