Chanson douce – Leïla Slimani

Aujourd’hui, Myriam a décidé de rentrer plus tôt du travail et d’accorder un peu de temps à ses enfants. Mila et Adam sont encore petits et elle a envie de leur faire une surprise, de les emmener au manège. Paul, leur père, doit rentrer de voyage un peu plus tard. Le couple habite au cinquième étage d’un bel immeuble parisien de la rue d’Hauteville, dans le dixième arrondissement. Ils ont embauché Louise pour s’occuper des enfants depuis que Myriam a décidé de reprendre le travail au sein d’un cabinet d’avocats. La nounou travaille désormais pour eux depuis longtemps et ils ont totalement confiance en elle.

A son retour dans son appartement, Myriam découvre pourtant un bain de sang. Ses enfants gisent dans la chambre. Adam est mort. Mila, transportée en ambulance à l’hôpital, va succomber à ses blessures. Myriam pousse des cris effroyables, à s’en perforer les poumons.  Il faut lui administrer un calmant. L’identité du coupable ne fait aucun doute. Louise est retrouvée inconsciente au pied du lit à barreaux. Elle s’est tailladée les poignets et plantée un couteau dans le cou après avoir commis le crime.

Leïla Slimani s’attache alors à remonter le passé. Après la naissance de Mila puis celle d’Adam, deux ans plus tard, Myriam élève ses enfants. Elle finit par s’ennuyer et rencontre par hasard Pascal, un ancien camarade de la fac de droit qui lui propose un travail. Malgré sa surprise, Paul accepte l’idée qu’elle reprenne une activité. Il faut alors chercher une nounou, faire passer des entretiens d’embauche. Louise s’impose tout de suite. C’est la nounou parfaite. L’appartement est désormais propre et rangé. Le frigo plein. Les repas préparés avec soin. Petit à petit, Louise devient indispensable à l’équilibre de la famille et une dépendance s’installe. Jusqu’au point de non retour.

Chanson douce décrit avec brio les apparences trompeuses et la descente aux enfers. Prix Goncourt 2016, Grand Prix des lectrices de Elle 2017, le roman plaît. Pour ma part, si je reconnais ses qualités, je ne peux pas dire que j’ai aimé. J’ai du mal avec la violence, l’absence totale de lumière, d’espoir. Louise est un personnage qui m’a mise mal à l’aise. Parce qu’elle est coupable mais aussi, quelque part, victime. Leïla Slimani laisse une part d’ombre autour d’elle et c’est sans doute mieux ainsi, même si mon esprit rationnel voudrait comprendre jusqu’au bout. Quant à Myriam et Paul, on pourrait aussi leur faire des reproches. Comment peut-on confier à ce point l’éducation de ses enfants à quelqu’un d’autre ? Comment peut-on laisser s’installer une telle dépendance vis à vis de son employée ? Quoi qu’il en soit, c’est un roman qui ne m’a pas laissée indifférente.

SLIMANI, Leïla, Chanson douce, Folio, 2018.

14 réflexions sur « Chanson douce – Leïla Slimani »

  1. Un roman dérangeant c’est vrai, la violence faite aux enfants est toujours une profonde interrogation… Un roman dont j’ai aimé la construction qui dévoile petit à petit le personnage de la nounou.

  2. J’ai beaucoup aimé ce livre et ce style d’écriture. Si tu n’as jamais lu Bord de mer de Véronique Olmi, je te le conseille vivement…
    Dans le jardin de l’ogre est top aussi, vivement la suite !

      1. Ecoute, tu devrais…tu peux jute de dispenser du dernier chapitre car de toute façon, on sait la fin dès le début mais d’un point de vue psychologique c’est d’enfer ce livre, oppressant en diable…ceci dit, il faut surtout se faire plaisir en lisant !

  3. Moi j’ai trouvé ce livre très culpabilisant et flippant pour les jeunes parents. Pas toujours facile de concilier vie familiale et vie professionnelle et ce n’est pas de bol de tomber sur une tarée pareille.
    Je ne peux pas dire que j’ai aimé ce livre non plus.

    1. J’étais encore jeune maman au moment de sa sortie et je me souviens que je ne voulais pas le lire en partie à cause de ça.

  4. Tout à fait comme toi, j’ai toujours besoin de trouver une petite note d’espoir, je n’aime pas quand je n’en trouve pas du tout. Je reste donc éloignée de cette lecture, d’autant plus que j’ai beaucoup de mal quand la violence touche des enfants

    1. J’ai toujours du mal avec ce genre de lecture coup de poing. Même quand j’aime beaucoup, ce n’est jamais un coup de cœur. La violence crée un sentiment de malaise chez moi.

  5. Je pense que c’était voulu, ce personnage qui met mal à l’aise. Moi j’avais beaucoup aimé sans trouver pour autant que ça vaille un prix Goncourt. Mais quelle tension!

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