Cœur de bois – Henri Meunier et Régis Lejonc

Aurore est une femme qui prend soin d’elle. Elle aime s’habiller, se maquiller, se faire belle même pour aller en forêt. Ce matin là, elle s’arrête sur la place du village pour acheter des gâteaux. Il fait froid, le temps est à la neige. Sur la route, elle pense au quotidien : les courses, les repas, les enfants à récupérer à la sortie de l’école. A trois kilomètres du village, au cœur de la forêt domaniale, Aurore stationne sa voiture rouge et emprunte un sentier pédestre. Elle profite de la nature, croise des animaux puis arrive à un vieux pavillon de chasse dans lequel elle a ses habitudes. Un vieillard vit là, seul, sans autres visites que celles de l’infirmière, de l’aide à domicile et d’Aurore. Cette dernière vient régulièrement chez lui.

Dès les premières lignes de cet album pour grands, on trouve des références aux contes les plus célèbres. Il y a d’abord le prénom de l’héroïne, Aurore, qui n’est autre que celui de la princesse de La belle au bois dormant. Puis une allusion à un texte des frères Grimm : « La plus belle, c’est moi. Et merde à Blanche-Neige !« . Ou encore, ces grands arbres sombres au milieu desquels roule une voiture rouge. Les illustrations nous plongent immédiatement dans cet univers de contes. Elles sont magnifiques, très cinématographiques. On les croirait réalisées sur du papier calque.

Avec Cœur de bois, Henri Meunier et Régis Lejonc utilisent Le Petit chaperon rouge pour traiter de la résilience. Il est difficile de parler de cet album sans trop en dévoiler mais la symbolique du titre est importante. Aurore ne veut pas devenir un cœur de bois. Elle veut continuer à avancer, à vivre, à aimer. C’est sa manière de triompher de cet autre qui a voulu la détruire.

Le dénouement est d’ailleurs assez déconcertant. Il appelle une, voire plusieurs relectures. Il interpelle, fait réfléchir. Je ne suis pas tout à fait d’accord avec mais peut-être que je ne l’ai pas bien compris… Est-ce qu’il faut pardonner ceux qui nous on fait du mal ? Aller jusqu’à les aimer ? Comment se reconstruire ? Autant de questions qui ne laissent pas indifférent.

MEUNIER, Henri, LEJONC, Régis, Cœur de bois, Éditions Notari, 2016.

15 réflexions sur « Cœur de bois – Henri Meunier et Régis Lejonc »

  1. Je lis assez peu d’album mais les références que je cite me plaisent. Et puis, un feuilleté de sens, ça ne se refuse pas ! Je note mais je ne sais pas s’il est dans ma bibli

  2. J’ai adoré cet album, il remue et il questionne. J’ai juste un problème, je ne sais pas trop où est sa place dans ma bib ! je n’ai pas osé le lire aux CM (les collégiens ne viennent pas)…
    Du coup, je le laisse trainer… j’aime bien aussi les livres qu’on oublie de ranger…

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