Comme un enfant perdu – Renaud Séchan

Renaud comme un enfant perdu

Renaud et moi, c’est une longue histoire… Ses mots ont toujours suscité beaucoup d’émotions dans mon esprit d’adolescente puis d’adulte. De la révolte, de la colère mais aussi de la nostalgie, de la tendresse et de l’amour.

Renaud, c’est celui grâce à qui, j’ai dévoré Germinal à l’âge de 13 ans -il jouait le rôle d’Étienne Lantier dans le film de Claude Berri-. C’est aussi celui qui m’a permis de découvrir Brassens et de m’intéresser à un certain nombre de combats sociaux et de causes politiques.

Renaud, c’est le chanteur que j’écoute quand j’ai le cafard et que j’ai besoin de retrouver mes repères, mes racines. C’est celui dont j’achète tous les CD les yeux fermés. Je les passe ensuite en boucle jusqu’à les connaître par cœur ou presque. Avec le recul, Toujours debout, son dernier album, m’a d’ailleurs moyennement convaincue. Ses mots sont moins percutants, son engagement moins fort. Des titres comme Les mots ou Héloïse m’ont cependant touchée.

Mon admiration pour lui ne m’empêche cependant pas d’être lucide sur sa personnalité et ses paradoxes.  Je ne vais pas jusqu’à porter un bandana rouge ou me faire tatouer comme une bande dessinée sur la peau !

J’ai acheté Comme un enfant perdu, son autobiographie écrite en collaboration avec Lionel Duroy, le jour même de sa sortie et je l’ai dévorée en moins de 24h. Renaud retrace son enfance à la Porte d’Orléans, parle de son éducation, de ses racines, de ce succès qui lui est tombé dessus et qui le rend parfois si mal à l’aise. Il explique aussi la genèse de ses titres les plus connus ou de ceux qui lui tiennent le plus à cœur. Il évoque les femmes de sa vie et sa famille, toujours avec beaucoup d’amour.

Il y a bien entendu pas mal de choses que je savais déjà dans cette autobiographie mais j’ai l’impression de cerner un peu mieux encore la trajectoire de vie de Renaud et l’origine de ce mal être qui le fait plonger régulièrement dans un puits sans fond. Encore une fois, l’homme qui chante souvent faux parle vrai et ça, ça fait vraiment du bien à l’époque du règne des apparences et du foutage de gueule politique.

SECHAN, Renaud, Comme un enfant perdu, XO éditions, 2016.

20 réflexions sur « Comme un enfant perdu – Renaud Séchan »

    1. Ce n’est pas la meilleure chanson de l’album, loin de là. J’ai beaucoup de mal avec moi aussi. Ça me fait presque mal….

  1. Renaud, je l’aime, purée, un truc fou ! Chez nous, tout le monde l’écoute, le chante 😉 Il fait (presque !) partie de la famille ! Et pourtant je ne suis pas arrivée à écouter son album, je n’arrive pas à enthousiasmer pour sa nouvelle tournée … Mais ce livre, tiens, oui, pourquoi pas 😉

    1. J’aimerais bien le voir à nouveau sur scène quand même. Je l’ai vu deux fois, dans une petite salle et dans un zénith, à chaque fois avec beaucoup d’émotion. Je crois qu’il fait partie de la culture commune de beaucoup de français.

  2. Oui pour moi aussi Renaud (c’est aussi le prénom de mon frère !) a une place importante, je l’ai vu en concert quand j’avais 15 ans il était venu dans ma petite ville ! Et j’ai grandi avec ses chansons… je note ce titre, du coup !

  3. C’est un point de désaccord à la maison, mais je n’accroche pas plus que ça, à part peut-être, bien sûr, mistral gagnant. J’ai découvert il y a quelques mois qu’il n’avait pas eu l’enfance misérable qu’on pourrait lui supposer mais qu’il était tout de même issu d’une famille bourgeoise et ça a un peu écorné l’image de « petit gars qui s’en est sorti mais pas trop » que je m’étais faite.
    Quant à son dernier album, c’est vrai qu’il a l’air un peu décevant tout de même mais on est content quand même de le retrouver.

    1. On lui a souvent reproché de jouer les rebelles alors qu’il ne vient pas d’un milieu défavorisé. Il ne s’en est jamais caché et explique très bien dans cette autobiographie comment il s’est construit, en opposition par rapport à son père notamment.
      Quant à ses chansons, elles parlent à beaucoup de gens car la nostalgie de l’enfance, l’amour, l’amitié, ce sont des choses que nous avons tous en commun.

  4. Je comprends qu’on y soit attaché. Mes enfants aiment l’album, ils ont été bercés sur les chansons de Renaud par leur papa. Je l’ai aimé ado, j’avoue que d’avoir assisté à un concert dans sa mauvaise période, pendant lequel il a été infect avec certains spectateurs m’a refroidie à jamais.

    1. Je crois qu’on en avait déjà parlé une fois. Je comprends tout à fait. L’alcool et la dépression ne peuvent pas tout excuser.

  5. Pareil que beaucoup de commentaires, j’ai aimé Renaud, son dernier titre est affligeant. Dommage également, je n’aime pas L. Duroy

  6. il m’a beaucoup déçue ces dernières années et j’avoue qu’en entendant ses dernières chansons, je me suis demandée un moment si c’était des parodies…
    N.B : je suis contente pour toi que tu ne te tatoues pas de bande dessinée sur la peau 🙂

  7. On me l’a proposé en SP et je l’ai accepté car j’avais lu ton billet. On verra… Mon frère est un grand fan de Renaud, c’est de cette façon qu’il a bercé mon adolescence.

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