Communardes ! Nous ne dirons rien de leurs femelles – Lupano et Fourquemin

Wilfrid Lupano continue sa série consacrée à la place des femmes dans la Commune de Paris avec un troisième tome au titre évocateur, Nous ne dirons rien de leurs femelles. Pour rappel, chaque opus a un illustrateur différent et peut se lire indépendamment même si l’on retrouve des personnages de l’un à l’autre.

Ici, l’héroïne est Marie, une fille du peuple, une servante. Elle travaille pour le Colonel Jeaujard, un homme riche, et s’occupe de sa fille Eugénie qui est passionnée de littérature. Amoureuse de son libraire, Eugénie tombe enceinte. Son père refuse alors de la marier à un homme de condition inférieure à la sienne. Marie est renvoyée -elle a laissé la jeune fille se déshonorer- et assiste impuissante à la déchéance de celle pour qui elle éprouve tant d’affection.

Des années plus tard, en pleine Commune de Paris, Marie fait partie de l’Union des femmes et retrouve par hasard Eugénie Jeaujard qui est devenue méconnaissable. Assoiffée de vengeance, Marie est bien décidée à faire payer tous ceux qui ont mis dans un tel état cette belle jeune fille. Les lâches, les traitres, les oppresseurs n’ont qu’à bien se tenir. Marie prend les armes et va jusqu’au bout de ses idéaux même si elle doit personnellement en payer les conséquences.

Le lecteur assiste alors a de nombreuses et sanglantes scènes de combats dessinées par Xavier Fourquemin et mises en couleur par Anouck Bell. J’avoue avoir ressenti quelques réticences vis à vis du dessin mais le scénario de Wilfrid Lupano a suffi à emporter ma totale adhésion.

Bande dessinée historique et féministe, Nous ne dirons rien de leurs femelles -dont le titre est emprunté à une citation d’Alexandre Dumas fils- rend un bel hommage au combat des femmes pour la liberté. Elles n’hésitent pas à monter aux barricades et certaines d’entre elles font même partie des derniers bastions de résistance contre le gouvernement. Malheureusement, l’après Commune est une bien triste régression. Les insurgés sont condamnés aux travaux forcés, à la réclusion perpétuelle, à la déportation ou à la mort. L’émancipation des femmes est considérée comme une utopie et ces messieurs réussissent à leur interdire toute participation à la vie politique… jusqu’à la fin de La Première Guerre mondiale.

Une BD à découvrir sans hésiter !

LUPANO, Wilfrid, FOURQUEMIN, Xavier, Communardes ! Nous ne dirons rien de leurs femelles, Vents d’Ouest, 2016.

La BD de la semaine c’est chez Moka aujourd’hui.

30 réflexions sur « Communardes ! Nous ne dirons rien de leurs femelles – Lupano et Fourquemin »

    1. Pour les 3èmes, si tu as pas mal de budget, peut être…. Mais la Commune de Paris est peu traitée en classe et je ne suis pas certaine que les élèves aillent d’eux même vers cette BD. Par contre, si elle est exploitée ou au moins présentée, pourquoi pas.

    1. Et, oui, tout ce qu’il fait ou presque en matière de scénario est absolument génial. Je n’ai pas encore parlé du Loup en slip sur le blog mais j’ai eu un gros gros coup de cœur pour cette BD jeunesse.

  1. lu le premier, mais je n’en ai pas parlé, j’attendais la suite pour le faire, puis lu le deuxième, je crois, mais bref, il faut que j’ai les trois ensemble et que je les lisent les uns après les autres pour bien me remettre dedans
    (je me souviens avoir beaucoup aimé le T1!)

La parole est à vous !