Dans les forêts de Sibérie – Sylvain Tesson

Avant ses 40 ans, Sylvain Tesson s’était promis de vivre en ermite au fond des bois. C’est en Russie, sur les rives du lac Baïkal, qu’il  trouve refuge pendant six mois. Seul, dans une cabane de quelques mètre carrés, avec pour compagnons de route des livres et de la vodka, il vit replié sur lui-même. Quelques visites ponctuent son séjour. Deux petits chiens viennent également lui tenir compagnie pendant plusieurs semaines.

« Le bonheur devient cette chose simple : attendre quelque chose dont on sait qu’il va advenir. Le temps se fait le merveilleux ordonnateur de ces surgissements. En ville, principe contraire : on exige une efflorescence permanente d’imprévisibles nouveautés. il faut que le feux d’artifice de la nouveauté interrompent sans cesse le déroulé des heures en éclairant la nuit de leurs bouquets fugaces. En cabane, on vit au rythme du métronome plus qu’à la lueur des feux de Bengale. » p. 179

Sylvain Tesson passe des heures à admirer la beauté du paysage, se balade, casse de la glace pour avoir de l’eau, fend du bois, pêche, lit ou encore écrit. Son quotidien est fait de peu de choses et il apprécie beaucoup sa solitude tout comme le fait de pouvoir profiter du temps qui passe.

« Il est bon de n’avoir pas à alimenter une conversation. D’où vient la difficulté de la vit en société ? De cet impératif de trouver toujours quelque chose à dire. » p.70

Cependant, l’homme est lucide sur l’expérience qu’il a décidé de vivre : « Qui suis-je ? Un pleutre, affolé par le monde, reclus dans une cabane, au fond des bois. Un couard qui s’alcoolise en silence pour ne pas risquer d’assister au spectacle de son temps ni de croiser sa sonscience faisant les cent pas sur la grève. » p. 180

Dans les forêts de Sibérie est un livre que j’ai pris le temps d’apprécier. Sylvain Tesson est un homme trés cultivé : ses références littéraires le montrent tout comme son vocabulaire. Son style est  trés agréable à lire. La descritpion des paysages, son mode de vie et ses réflexions sur lui-même et sur notre société rendent le récit captivant.

Violette n’oubliera pas ce livre de si tôt ! Hélène a trouvé, elle aussi, ce récit passionnant. Je suis cependant d’accord avec elle, il manque un bilan de cette expérience après le retour à la civilisation. Quelques pages pour expliquer ce que tout cela a apporté à l’auteur dans sa vie de tous les jours...

 6 mois de cabane au Baïkal, le documentaire réalisé par Sylvain Tesson lui-même pendont son érémitisme.

TESSON, Sylvain, Dans les forêts de Sibérie, Gallimard, 2011.

9 réflexions sur « Dans les forêts de Sibérie – Sylvain Tesson »

  1. Bon, ce livre m’attend depuis six mois… pour s’évader et se rafraichir cet été ( s’il se décide à venir ! ). Un peu déçue de lire que l’auteur ne revient pas en reflexions sur cette expérience.

  2. @Keisha : tu as lu son recueil de nouvelles, c’est ça ? Il est bien aussi !
    @emmyne : il ne parle pas de ce que cette expérience lui apporte une fois revenu à la civilisation. De même, il semble ne pas souffrir de l’absence de ses proches. Est-ce uniquement parce qu’il sait qu’il va revenir au bout de six mois ? Ou bien est-il un vrai « ours » au fond de lui ? @Un autre endroit : en même temps, vu le temps qu’il fait en ce moment…

  3. J’ai beaucoup aimé ! (mais tu ne trouves pas qu’il passe beaucoup de temps à boire de la vodka )
    Au moment où je l’ai lu, le documentaire n’était pas encore disponible sur internet, il venait juste d’être diffusé à la télé mais super maintenant je vais pouvoir le voir !

  4. Un récit très réussi et captivant. Tiens je n’en ai jamais parlé. Mais il est de ces lectures dont on parle mal (mais tu as quand même réussi à bien le mettre en évidence)

La parole est à vous !

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