Dans l’or du temps – Claudie Gallay

Un roman qui se déroule sur la côte normande, dans la région de Dieppe, et écrit par Claudie Gallay en plus : il fallait forcément que je lise Dans l‘or du temps !

Un homme vient passer les vacances à La Téméraire, sa maison de campagne, avec sa femme et ses deux filles, des jumelles âgées de sept ans. Les journées sont rythmées par les baignades, les jeux de plage, les averses de pluie -on est en Normandie !- et tout ce qui fait le quotidien de tout un chacun.

En allant faire quelques courses, l’homme croise par hasard la route d’Alice, une vieille dame un peu mystérieuse qui vit avec sa soeur dans une maison située au bout d’un chemin de terre. Ils font connaissance et l’homme quitte de plus en plus souvent sa famille pour aller discuter avec Alice. Au fil des visites, par petites touches souvent décousues, elle lui raconte son voyage, adolescente, avec son père, en Arizona. C’est là qu’elle a fait la connaissance des indiens Hopi, de leur culture, de leurs croyances. Les surréalistes, André Breton en tête, étaient eux aussi fascinés par ce peuple et faisaient partie du voyage.

L’homme, lui, parle peu. On sait juste qu’il s’éloigne de plus en plus de sa femme, Anna, et que les choses ne sont plus comme avant. Il est indécis sur l’avenir de son couple. Alice aimerait en savoir plus sur lui mais il refuse de se livrer. Elle lui fait pourtant confiance en lui révèlant progressivement des secrets qu’elle n’a racontés à personne jusqu’ici. Elle sait que sa vie touche à sa fin et semble vouloir se délester d’un poids qui ne l’a jamais quittée.

Comme toujours avec Claudie Gallay, l’environnement, la nature, les paysages sont trés présents. On retrouve aussi dans L’or du temps ces phrases courtes, hachées, ces silences et une atmosphère particulière, un peu envoûtante, caractéristique de l’auteur. C’est ce qui fait que je l’apprécie beaucoup.

J’ai pourtant lu ce roman avec plus de distance que les autres. Les personnages ne sont pas attachants et leurs pensées et discours ne sont pas toujours trés clairs. Ceux de l’homme surtout. Qu’est-ce qui ne va pas dans ce couple ? Pourquoi ne parle t-il pas avec sa femme ? Pourquoi laisse t-il pourrir la situation ? Ces questions resteront sans réponses jusqu’à la dernière page. On peut faire des hypothèses bien entendu. C’est d’ailleurs pour cette raison que l’auteur entretient une certaine part de mystère je pense. Mais j’aurais bien aimé trouver quelques pistes tout de même. Certains passages sur la vie des indiens Hopi sont un peu long aussi.

Au final, j’ai lu Dans l’or du temps sans déplaisir mais j’ai peur qu’il ne reste pas bien longtemps dans ma mémoire. Seule Venise et Les déferlantes restent donc mes deux préférés de cet auteur !

 » – J’aime venir ici…
…dans les églises…
On croit toujours qu’on va trouver des solutions.
Des réponses à toutes les questions…mais c’est un leurre.
– Vous ne mourrez pas…
– Bien sûr que si.
Le temps existe parce que je vais mourir.
Je dois mourir.
Le temps existe à cause de cela.
C’est idiot de dire aux vieilles personnes qu’elles ne mourront pas…cela ne les aide en rien.
Un jour , vous aussi vous vous détacherez des choses.
Vous êtes jeune, encore tourmenté…
Viendra un moment où il n’y aura plus de tourments.
Votre âge est difficile.
– Le vôtre ne l’est pas?
– Le grand âge nous confronte uniquement aux tourments de la mort…
Pour le reste... »

GALLAY, Claudie, Dans l’or du temps, Le Rouergue, 2006.

12 pensées sur “Dans l’or du temps – Claudie Gallay”

  1. dans ce roman, l’histoire des Indiens m’a plus marquée que celle de l’homme même si j’ai apprécié l’ambiance qu’elle a su créer. Pas mon préféré mais j’aime quand même beaucoup Claudie Gallay

  2. Contrairement à toi, j’ai aimé la relation entre l’homme et la vieille
    dame. J’ai lu ce livre il y a quelques temps déjà et aujourd’hui c’est
    l’ambiance qui me reste surtout en mémoire.

  3. Contrairement à toi, c’est mon préféré, avec « seule Venise ». Je me souviens très bien de la scène dans la neige, sur la côte cauchoise (elle vient la semaine prochaine à l’Armitière)

  4. j’aime assez cet auteur (Les déferlantes était un vrai coup de coeur, Une part du ciel beaucoup moins!) alors tu me tentes qd même un peu

La parole est à vous !

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