« De Niro’s Game » de Rawi Hage

Liban, début des années 80 : la guerre fait rage. Chrétiens, juifs, syriens et palestiniens s’entretuent et les bombes pleuvent sur la capitale, Beyrouth. Les murs des maisons sont troués, l’électricité et l’eau manquent, la vie est rythmée par les deuils et les aller-retours dans les abris sous-terrains.

Bassam, le narrateur, et son ami d’enfance, Georges, ont grandi avec cette guerre. Âgés d’à peine 20 ans, ils sont paumés, vivent de petits boulots, passent leur temps à fumer, à se balader en motos et à commettre quelques menus larcins entre deux soirées bien arrosées.

Petit à petit, tout s’aggrave : Georges s’engage dans la milice chrétienne tandis que Bassam rêve de partir pour Rome. Les deux amis commettent des crimes et délits de plus en plus graves, fréquentent des gens pas toujours recommandables, et s’éloignent l’un de l’autre sans vraiment s’en rendre compte. Ils sont pris dans un engrenage dont ils ne maîtrisent pas grand chose…

                                                    

Voilà un livre que je n’aurais sans doute jamais lu si Violaine de Chez les filles et les éditions Denoël ne me l’avait pas proposé gratuitement. Merci à eux !

Alors, bilan de cette lecture ?

J’ai aimé l’histoire et surtout le personnage de Bassam qui cache ses sentiments derrière une froideur et une distance vis à vis des évènements qui font un peu peur… J’avais parfois envie de le secouer pour lui dire : » mais parle au lieu de rester aussi indifférent face à ta copine et si peu compatissant vis à vis de la souffrance de ta mère ».

J’ai aimé aussi l’amitié entre les deux garçons. Même si une certaine distance se crée petit à petit, on sent que les liens sont forts, que c’est une VRAIE amitié.

Certaines scènes sont parfois difficiles (mais pas insoutenables…) et il se dégage de ce roman une ambiance glauque, une misère et un pessimisme que je n’apprécie guère en général, ce qui m’a empêché d’apprécier pleinement ce livre. Je dois reconnaître quand même, que pour un premier roman, c’est une réussite !

Une dernière remarque pour terminer : les monologues et les délires sans fin du narrateur m’ont gênée au point de devoir relire certaines phrases à rallonge. Certes, ces passages ne sont pas très fréquents et le reste du temps, le rythme est plutôt saccadé et les phrases courtes, mais je déteste devoir relire car je n’ai rien compris.

Lire l’avis de Laurent, Cathulu, Kathel, et Tamara. Ils ont tous apprécié ce roman et certains d’entre eux l’ont même adoré !

HAGE, Rawi, De Niro’s Game, Denoêl, 2008.

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