De nos frères blessés – Joseph Andras

De nos frères blessés Joseph AndrasAlger, 1956. Le militant communiste Fernand Iveton pose une bombe dans son usine. Son but n’est pas de tuer mais d’alerter les autorités françaises qui refusent d’entendre la volonté d’indépendance d’une grande partie de la population algérienne. Arrêté avant l’explosion de la bombe, il est torturé puis condamné à mort.

De cette histoire tragique, Joseph Andras a tiré un roman brillant. Il y décrit les sévices subits par Iveton, la vie en prison, le procès, la réaction des autorités, des politiques, de la presse et de la population face à cette tentative de sabotage transformée  en crime. S’il s’était arrêté là, le livre aurait ressemblé à un documentaire.

Mais en ajoutant au récit de nombreux flashback sur l’enfance de celui qui est vu comme un héros par les uns et comme un terroriste par les autres, en expliquant les raisons de ses convictions politiques, l’auteur a su donner un souffle romanesque au récit. Hélène, la femme d’Iveton, a une place centrale dans le texte comme dans la vie de cet anticolonialiste. Le récit de leur rencontre, leurs lettres, son soutien indéfectible sont vraiment intéressants.

De nos frères blessés propose une réparation face à une condamnation dont la France n’est pas fière. Je ne connaissais pas cet épisode de la guerre d’Algérie, une guerre dont on commence seulement à parler un peu plus depuis quelques années. Il faudra encore du temps avant que la France accepte de regarder complétement la vérité en face. Joseph Andras, dont c’est le premier roman, apporte sa contribution avec talent.

ANDRAS, Joseph, De nos frères blessés, Actes Sud, 2016.

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16 réflexions sur « De nos frères blessés – Joseph Andras »

  1. Normalement, je devrais le lire prochainement ! J’espère qu’il me plaira autant qu’à ceux dont j’ai déjà lu les chroniques

  2. C’est vrai que l’on commence juste depuis quelques années à parler de cette guerre. J’avais noté ce titre lors de la rentrée littéraire, je vais le surligner !

    1. J’en ai entendu parler grâce aux 68 premières fois. J’aime beaucoup les titres publiés chez Actes Sud généralement.

    1. Je ne m’y attendais pas et cela a été une vraie surprise. J’ai vraiment fait de belles découvertes grâce aux 68 premières fois.

    1. Après la lecture, j’ai découvert l’attitude de l’auteur vis à vis du Goncourt du premier roman et des médias. Excellent !

  3. Merci pour cette découverte. je ne connaissais pas du tout l’événement et surtout je n’ai pensé à aucun moment qu’il ait pu y avoir des communistes en Algérie qui se soient manifestés « ouvertement ».

    1. J’ai découvert l’histoire de cet homme en lisant le livre. Je n’en avais jamais entendu parler auparavant. Du coup, j’ai fait quelques recherches sur le Web.

La parole est à vous !