D’où je suis, je vois la lune – Maud Lethielleux

Quatrième de couverture :

« Moon a choisi la rue parce qu’elle a décidé d’être « elle-même dans ce
monde où les gens sont devenus des autres ». Elle ne fait pas la manche,
elle vend des sourires, et observe avec malice le manège des gens
pressés.
« Je dis : Avec cinquante centimes d’euros, qu’est-ce qu’on
achète à notre époque ? J’insiste, il accélère, petite pirouette : Non
sans déc’, à ce prix, franchement, tu trouves des trucs intéressants à
acheter ? Le type finit par s’arrêter, il se demande où je veux en
venir, et c’est là que je sors le grand jeu, tutti et compagnie, je dis : Un sourire à ce prix-là, c’est pas cher payé
! Et j’attends pas qu’il accepte, je lui refourgue un petit sourire
façon majorette à dentelles, épaules en arrière et tête haute. Le type
soupire, il pense qu’il se fait avoir. Il n’a que dix centimes mais je
lui fais quand même le sourire en entier. Je suis pas une radine.»
Autour d’elle, il y a Michou et Suzie avec leur Caddie, Boule, son
crâne rasé et sa boule de billard à dégainer en cas de baston, les
kepons migrateurs avec leurs crêtes de toutes les couleurs, et surtout,
il y a Fidji et ses projets sur Paname. Pour lui, elle a décidé d’écrire
un roman, un vrai.
Et il y a Slam qui sort de prison, Slam qui aime les
mots de Moon et a une certitude : un jour, elle décrochera la lune…
« 

Le temps d’un trajet en voiture entre La Rochelle et la côte Sud des Landes, je suis partie en voyage avec Moon. J’ai espéré qu’elle réussisse à terminer puis a publier son roman, j’ai traité Fidji de salaud, j’ai admiré Slam, j’ai souhaité que Moon tombe amoureuse de lui et surtout, je voulais qu’elle sorte de sa vie de galère, qu’elle se réinsère. Mais une telle fin aurait été beaucoup trop facile et Maud Lethielleux est bien meilleure que cela : elle a su donner une note d’espoir sans tomber dans le happy end invraisemblable.

Côté écriture, l’auteur a vraiment un don pour jouer avec les mots. Jugez-en par vous même :

« Je regrette, j’aurais dû lui montrer plus tôt, je montre jamais rien, c’est pas ma faute, c’est la pudeur sans domicile fixe, à force d’être sûre de rien, tu préfères pas t’aventurer à dire des trucs. » p. 75

« Les fringues, c’est une façon déguisée de se trimballer à poil. » p. 139

« Sa sévérité s’est transformée en sérénité. D’un coup je me sens fière, je me dis que peut-être, moi aussi, je suis une adoucisseuse de visage, une sorte d’esthéticienne de l’âme. » p. 225

Un roman bien sympathique !

Un grand merci à Géraldine qui fait voyager ce livre dédicacé par l’auteur. Vous trouverez des liens vers d’autres billets chez Aifelle aussi.

LETHIELLEUX, Maud, D’où je suis, je vois la lune, Stock, 2010.

9 réflexions sur « D’où je suis, je vois la lune – Maud Lethielleux »

  1. @Géraldine : oui, j’ai aimé mais je ne fais quand même pas partie des inconditionnelles comme toi !
    @antigone : Moon a réussi à convaincre beaucoup de monde !
    @La Pyrénéenne : je crois que j’ai lu des citriques de personne qui n’ont pas trop aimé mais je ne sais plus où.
    @Stephie : un bon moment de lecture en perspective !
    @Keisha : effectivement beaucoup de lecteurs l’attendait, ce deuxième tome et dans ce cas le risque de décevoir est toujours important. @Aifelle : j’avais beaucoup aimé Ninon aussi !

La parole est à vous !

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