Eben ou les yeux de la nuit – Elise Fontenaille-N’Diaye

Ebenzebe est un jeune namibien. Son prénom signifie Pierre de mémoire mais c’est un peu lourd à porter alors tout le monde l’appelle Eben. Ce jeune homme a une particularité qui frappe le lecteur dès la première de couverture : il a la peau noire mais ses yeux sont bleus, comme ceux de certains de ses ancêtres.

Eben fait partie des Hereros, une ethnie victime d’un des premiers génocides du XXème siècle. Ce peuple d’Afrique australe s’est soulevé contre les allemands qui colonisaient leurs terres et prenaient toutes leurs richesses. Le général Lothar von Trotha a fait exécuter l’ordre de les exterminer.

Hommes, femmes, enfants, personne n’a été épargné. Ceux qui n’ont pas été tués pendant la grande bataille du Waterberg se sont enfuis dans le désert. Les puits étaient empoisonnés. Ils sont morts de soif et de faim. Leurs squelettes sont restés dans le désert car il n’y avait plus personne pour les enterrer. Les femmes ont été violées et les survivants ont été envoyés dans un camp de la mort.

Je n’ai pas honte de le dire, je ne connaissais pas l’existence de ce génocide qui préfigure celui de la Seconde Guerre mondiale. En une cinquantaine de pages, avec des mots simples et à travers le regard d’un adolescent, Élise Fontenaille-N’Diaye permet au lecteur de découvrir un pan méconnu de l’histoire.

Eben s’interroge sur le passé de ses ancêtres et constate la rage au ventre que les blancs sont toujours aussi riches et les noirs toujours aussi pauvres cent ans après cette tragédie. Il veut que les choses changent.

Eben ou les yeux de la nuit a été publié en 2014 dans une collection pour adolescents, quelques mois seulement avant que l’Allemagne qualifie pour la première fois de génocide le massacre perpétré sous ses ordres en Namibie au début du XXème siècle. A découvrir absolument.

FONTENAILLE-N’DIAYE, Elise, Eben ou les yeux de la nuit, Le rouergue, 2014.

5 pensées sur “Eben ou les yeux de la nuit – Elise Fontenaille-N’Diaye”

  1. Je ne connais pas non plus l’existence de ce génocide ; on se rend compte atterrées, qu’il y en a eu trop, en plus perpétrés par nos pays. Est-ce que l’Allemagne l’a reconnu seulement ?

La parole est à vous !

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