Et puis Paulette… – Barbara Constantine

Ferdinand vit seul dans une grande ferme depuis que son fils, sa belle-fille et ses petits enfants ont déménagé. Il ne sait pas trop pourquoi ils sont partis. Il y avait pourtant de la place pour tout le monde chez lui. Il se dit que sa belle-fille ne supportait sans doute plus sa personnalité bourrue et son vocabulaire fleuri. Quant à son fils, il n’a jamais vraiment dialogué avec lui alors ce n’est pas aujourd’hui que ça va commencer ! Le plus ennuyeux dans cette histoire, c’est qu’il voit beaucoup moins ses petits-fils, les deux Lulus.

Un jour, ces deux garnements profitent du fait d’être seuls chez eux pour aller rendre visite à leur grand-père. Quand un orage éclate et qu’ils découvrent que la maison de la voisine prend l’eau tellement le toit est en mauvais état, ils demandent à Ferdinand pourquoi celui-ci n’accueille pas la vieille dame chez lui. Tout est simple dans l’esprit des enfants, c’est bien connu. Mais cette Marceline, Ferdinand la connaît à peine ! Tout ce qu’il sait d’elle, c’est qu’elle vend les légumes de son jardin sur le marché et qu’elle se balade avec un âne et une carriole car elle n’a pas de voiture. C’est peut pour héberger quelqu’un !

Après une nuit sans sommeil pendant laquelle tout cette histoire trotte dans sa tête, Ferdinand décide finalement que ses petits-enfants ont raison. Il ne sait pas trop comment il va amener les choses à Marceline – les mots, c’est pas trop son truc…- mais elle ne peut plus continuer à vivre dans ces conditions.

Contre toute attente, la voisine accepte la proposition du vieil homme. De fil en aiguille, d’autres personnes vont les rejoindre à la ferme. C’est le début d’une colocation où retraités, personnes agés mais aussi jeunes étudiants vont vivre ensemble pour leur plus grand bonheur.

Comme dans Tom, petit Tom, tout petit homme, les personnages de ce roman sont attachants. Ils ont tous leur personnalité et leurs petits défauts mais cela les rend touchants. L’humour permet notamment de dédramatiser certaines situations. Ferdinand, Marceline, Guy et les autres traînent aussi quelques vieilles casseroles que l’on découvre petit à petit au détour d’une phrase ou d’une conversation.

Et Puis Paulette… est donc une histoire pleine d’humanité. Trop pleine peut-être… Et c’est là le principal reproche que l’on peut lui faire. La gentillesse et le joie de vivre sont d’excellentes choses mais dans la vraie vie, les difficultés ne se surmontent pas aussi facilement. La vie en communauté et la vieillesse ne sont absolument pas idylliques, loin de là, et à force de bon sentiments, le roman devient gentillet.

Reste quand même, outre les personnages, une écriture agréable et une réflexion intéressante sur la solitude et la solidarité entre générations.

Un grand merci à Leiloona qui fait voyager ce livre.

CONSTANTINE, Barbara, Et puis Paulette…, Calmann-Lévy, 2012.

16 pensées sur “Et puis Paulette… – Barbara Constantine”

  1. C’est le problème de ce genre de littérature, tomber dans le mièvre un peu facilement. Mais si on est prévenu, pour se détendre c’est aussi très bien. Je le prendrai à la bibliothèque.

  2. @Aifelle : quand j’ai compris que j’allais être déçue, je me suis dit que je l’avais peut être lu au mauvais moment. J’avais aimé « Tom… » qui est pourtant un peu semblable dans l’état d’esprit.
    @Clara : je crois que oui, malheureusement !
    @La Pyrénéenne : pas lui celui-là !
    @Valérie : pas lu non plus A Méli sans mélo.
    @Fransoaz : comme ça, tu ne prends pas de risque !

  3. comme Stephie, je me suis laissée embarquer! les yeux fermés, et avec grand plaisir, comme avec chaque titre de Constantine! j’attends le prochain avec beaucoup d’impatience!!

  4. Oui une lecture pleine d’humanité ma foi ça peut faire du bien parfois et c’est une des qualités de Barbara Constantine dont j’ai aimé le Tom Tom petit homme Tom. Je me suis inscrite également sur la liste pour recevoir ce livre voyageur !
    Bises

  5. Oui, un peu trop gentillet à mon avis. Sur un thème proche « Le syndrome de glissement  » de Elisabeth Laureau-Daull chez Arléa (2012) est tout aussi tonique mais plus profond. « Bon rétablissement » de Marie-Sabine Roger au Rouergue (2012) quant à lui fait le résumé des deux (avec « et puis Paulette ») et est peut être le plus réussi (Humour et humanisme sans jamais être gnangnan).

La parole est à vous !

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