Et rester vivant – Jean-Philipe Blondel

Vingt-deux ans. Plus de mère. Plus de frère. Plus de père. Comme un funambule, sur un fil, sans filet.

Pour tenter de se reconstruire après les deux accidents de voiture qui ont coûté la vie à toute sa famille, Jean-Philippe Blondel utilise l’argent de l’héritage et part aux États-Unis avec Samuel, son meilleur ami et Laure, sa presque ex petite amie.

Pourquoi cette destination ? Et bien tout simplement parce que le narrateur écoute en boucle une chanson de Lloyd Cole où il est question de Morro Bay. Il a envie de découvrir cette ville même si il n’y a pas grand chose à voir là-bas…  C’est le début d’un road movie à travers l’ouest américain.

Avec beaucoup de distance, Jean-Philippe Blondel raconte les étapes qui lui ont permis de sortir -un peu- la tête de l’eau et les rencontres qui l’ont aidé à se reconstruire. N’ayez crainte, pas de pathos. Juste des souvenirs et des sentiments effleurés. Des moments de franche rigolade aussi !

Comme souvent avec les auteurs que j’aime et dont j’attends chaque nouveau roman avec impatience, j’avais peur d’être déçue. Et finalement, j’ai dévoré ce livre. Je crois même que je le relirai. Le périple intérieur m’a vraiment touchée. Il m’a même donné un peu de baume au coeur..

Et puis, Et rester vivant m’a aidée à mieux comprendre certains des romans précédents de l’auteur. Les sentiments vis à vis du frère et des parents dans This is not a love song, la liquidation d’objets dans Un minuscule inventaire, le trio de Passage du gué, etc.

Ces phrases, je les ai notées dans mon petit carnet de citations :

Elle avait trente-sept, trente-huit, trente neuf ans. Les possibles se refermaient sur une vie qu’elle n’avait pas vraiment choisie. Elle balayait les questions. Elle savait que les choix, de toute façon, ne sont que des illusions que l’on se façonne pour prétendre être libre. p. 118

Il n’y a pas de bien et de mal. Il n’y a que des circonstances. Va vers ce qui te cicatrise. p. 130

J’écris des romans. Au début, c’était autant de planches de survie pour laisser les couleurs vivre encore. Quand les couleurs se sont stabilisées, j’ai créé les chemins que je n’avais pas parcourus. Je les dessine encore mentalement. C’est mon alphabet cabalistique. Je m’invente des dizaines d’identités. Je me place devant des dilemmes. Je résous mes équations. J’apprends à m’apprécier. C’est long. p. 244

Canel n’a pas accroché tout comme Cathulu. Laure, Brize et Sylire ont aimé.

BLONDEL, Jean-Philippe, Et rester vivant, Buchet Chastel, 2011.

10 réflexions sur « Et rester vivant – Jean-Philipe Blondel »

  1. Tu fais donc partie des enthousiastes! le livre est à la bibli, donc pas de souci, mais d’autres m’attirent avant. Quoique, s’il y a l’ouest américain dans l’affaire… ^_^

  2. Ah chouette , j’ai réservé ce livre à ma bib, il doit m’y attendre. Dès mon retour chez moi, j’y file. Je ne connais cet auteur qu’avec G229, mais j’avais adoré, ça avait été une révélation. Pourvu que ça dure !

  3. @Keisha : rien à voir avec le style de bouquins que tu lis généralement sur les USA mais très intéressant quand même !
    @Griotte : oui, c’est ça, une parenthèse pour trouver le courage d’affronter la vie.
    @Alex : oui, j’ai un petit carnet en cuir qui fait déco sur mon bureau.
    @Leiloona : j’ai lu un des tes commentaires sur ce livre je ne sais plus où et je te comprends. ça peut être tout l’un ou tout l’autre… Est-ce que tu as lu le billet de Georges dont l’histoire est proche aussi ?
    @Géraldine : pas besoin de te l’envoyer alors !

  4. Ce livre m’a donné envie de revenir en arrière et de lire les livre de Blondel que je n’ai pas encore lu. C’est un auteur très attachant.

  5. De JP Blondel, je n’ai lu que « Accès direct à la plage » que j’ai l’habitude de refeuilleter chaque été…
    Je crois que je vais aimer ton blog, fait de livres et de randonnées…Et puis le petit carnet de citations, ça me ressemble aussi énormément…J’ai toujours sur moi un carnet-papier pour noter…en plus de l’ordi pour stocker…
    Bon week-end !

  6. Un livre dont, comme toi, j’ai repéré certains passages en particulier : l’auteur sait dire ces choses que, à un moment ou l’autre de notre vie, nous ressentons…

La parole est à vous !

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