Fil de fer – Martine Pouchain

Pour Gabrielle, 15 ans, surnommée Fil de fer par son père en raison de sa maigreur, la guerre devient une réalité lorsque elle et sa famille doivent fuir leur village en raison de l’arrivée des allemands. Ils abandonnent poules, lapins, vaches et jardin potager pour se rendre à pied chez une amie de la maman de Gabrielle, en Bretagne. Depuis la Somme, cela fait beaucoup de kilomètres… Gabrielle qui n’aime pas la vie à la ferme et rêve d’autre chose est pourtant déchirée à l’idée de quitter ce qui fait son quotidien depuis sa naissance.

La famille part avec une charrette tirée par des chevaux. Il faut choisir d’emmener certaines choses et d’en laisser d’autres… Les pieds souffrent à cause des kilomètres parcourus quotidiennement. A chaque attaque aérienne, il faut se cacher dans les fossés. Les maisons vides sont pillées par les gens de passage ou les villageois. Les nuits à la belle étoile sont inévitables quand il n’y a pas de granges pour s’abriter. Les vaches subissent une souffrance terrible car il n’y a plus personne pour les traire.

Heureusement, Gabrielle rencontre sur la route Gaétan, un garçon mystérieux qui a perdu sa famille sous les bombes. Leur complicité lui permet de supporter la dure réalité du quotidien sur les routes de l’exode. Elle le retrouve dès que ses sœurs et ses parents ont le dos tourné et tombe amoureuse.

L’histoire de ce premier amour sur fond historique est assez émouvante et d’autant plus intéressante que la période de l’exode est assez peu abordée en littérature de jeunesse. La réalité à laquelle l’héroïne est confrontée lui fait définitivement quitter le monde de l’enfance pour découvrir celui de l’adolescence. Son père, très compréhensif, l’accompagne avec beaucoup de bienveillance dans cette étape clef. L’humour et l’amour permettent d’alléger l’ambiance lourde liée au contexte historique et de rendre le roman accessible dès le début du collège. A conseiller sans hésiter !

POUCHAIN, Martine, Fil de fer, Flammarion Jeunesse, 2018.

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