Indigo – Catherine Cusset

Indigo, c’est le titre du livre de Catherine Cusset.C’est aussi la couleur du ciel avant l’orage. Mais dans ce roman, ce ne sont pas les éléments extérieurs qui se déchaînent. Ce sont plutôt les personnages qui se trouvent confrontés à eux-mêmes. L’orage a donc lieu à l’intérieur de chacun.

Parlons-en justement de ces personnages. Une cinéaste, deux écrivains et la compagne de l’un d’entre eux passent une semaine ensemble en Inde. Ils ne se connaissent pas mais participent à un festival organisé par l’Alliance française.

Charlotte est partie parce que son mari l’a fortement incitée à saisir cette chance. Sa meilleure amie s’est suicidée il y a quelques mois et depuis elle n’arrive pas à reprendre le dessus. Ce voyage est l’occasion pour elle de prendre un peu de recul et de repartir sur de nouvelles bases.

Roland se soucie beaucoup de l’image de lui-même que lui renvoient les autres. A soixante ans passés, il aime toujours autant séduire. Sa compagne, une ravisante italienne, ne se laisse pas marcher sur les pieds et heureusement pour elle ! Elle est partie en Inde avec un secret qui va renvoyer Roland a son passé.

Raphaël est un taiseux. Il n’est pas facile d’établir le contact avec lui. Son dernier roman raconte une enfance très difficile.

Sur place, Géraldine une expatriée mariée à un indien, est chargée d’organiser le festival et de les accueillir. Maman d’un petit garçon de quelques mois, tout semble aller pour le mieux. Pourtant son enfance va la rattraper de manière inattendue.

Indigo est bien écrit et agréable à lire mais cela s’arrête là. Ces personnages rattrapés par leur passé ne peuvent plus cacher leurs failles. Toute la bassesse de l’être humain est révélée au grand jour. C’est finalement cet aspect qui m’a le plus intéressée dans le roman même si j’ai trouvé que les multiples péripéties des dernières pages étaient vraiment trop exagérées.

Ma déception vient surtout de la quatrième de couverture. Elle promet un contexte intéressant : « De Delhi à Kovalam, dans le Sud, ils voyagent dans une Inde sur le qui-vive où, juste un an après les attentats de Bombay, se fait partout sentir la menace terroriste. Une Inde où leur jeune accompagnateur indien déclare ouvertement sa haine des États-Unis« . Je m’attendais donc à une plongée dans l’Inde moderne et cela n’a pas du tout été le cas. A part quelques clichés sur la misère, l’islamisme ou les écharpes en pashmina, il n’y a aucune réflexion en profondeur sur le pays. L’inde n’est qu’un décor pour les personnages. C’est parce qu’ils sont déracinés, loin de chez eux, loin des leurs, que les personnage doivent se regarder en face. Mais finalement, ils auraient pu être dans n’importe quel autre pays. Dommage !

Indigo fait partie de la sélection de février du prix Relay des voyageurs dont je suis partenaire. La page facebook du prix. Si vous êtes plutôt Twitter, c’est ici

CUSSET, Catherine, Indigo, Gallimard, 2013.

 

10 réflexions sur « Indigo – Catherine Cusset »

  1. C’est donc une déception! Dommage. Je viens justement de terminer « Le problème avec Jane » que j’ai bien aimé et je me promettais d’enchaîner avec celui-ci mais peut-être vais-je lire plutôt « Un brillant avenir » dont on me dit le plus grand bien.

  2. Comme je le dis dans le billet, la déception vient du fait que j’attendais beaucoup plus de ce roman à la lecture de la quatrième de couverture. Il est tout de même beaucoup mieux que « Heureux les heureux » qui fait aussi partie de la sélection de février du prix relay.

  3. J’aime bien Catherine Cusset, j’attendais les premiers avis de la blogo sur ce dernier opus. La presse (notament la radio) en parle beaucoup. Ton avis me refroidit un peu je dois dire.

La parole est à vous !

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