Jacques Cartier : A la poursuite d’Hochelaga – Christian Clot

Les Grandes découvertes sont une période de notre histoire qui m’a toujours intéressée. Amerigo Vespucci, Christophe Colomb, Magellan, Jacques Cartier sont des noms qui me fascinent. Aussi, quand cette BD a atterri entre mes mains, elle n’est même pas passée par la case PAL. J’ai bien conscience qu’en écrivant cela, j’ai déjà perdu certains de mes fidèles lecteurs en cours de route. La BD historique ne plaît malheureusement pas à tout le monde… Personnellement, j’aime beaucoup ce genre, surtout depuis que je ne regarde plus la télévision et donc les reportages que j’affectionnais tant.

Je m’égare, revenons donc à Jacques Cartier. En 1534, il part pour son premier voyage vers l’Amérique du Nord (le nom de Canada ne sera donné qu’ultérieurement). A cette époque, la vision du monde qu’ont les Européens est très parcellaire et les tribus locales n’imaginent sans doute pas qu’il existe d’autres populations et d’autres terres. Jacques Cartier comprend très vite que pour explorer Hochelaga et le Saguenay, des territoires situés à l’intérieur et remplis de richesses d’après les autochtones, il  a besoin de l’aide de la population locale. Il noue donc des liens avec Donnacona, le chef des iroquoiens, et repart en France avec deux de ses fils, Domagaya et Taignoagny.

A son retour, Jacques Cartier réussit à convaincre François Ier de monter une deuxième expédition qui a lieu en 1535. C’est à cette époque que débute la bande dessinée. Le voyage est plus compliqué que le premier mais Cartier et ses hommes, aidés par Domagaya et Taignoagny, arrivent de nouveau dans le village de Donnacona. Les relations entre le français et l’iroquoien sont faites de courtoisie et de méfiance, d’attractions et de craintes.

Jacques Cartier réussit à atteindre  la cité d’Hochelaga : ceux que l’on appelle les sauvages n’ont rien d’animaux. Sédentaires, ils cultivent leur terre et ont organisé, sur un emplacement choisi avec soin, une cité structurée et protégée par des palissades constituées de plusieurs épaisseurs. Les indiens prennent les français pour des immortels, ce qui arrange Cartier et ses rêves de conquêtes. L’explorateur est cependant bien embêté quand le scorbut fait des dégâts parmi les siens. Heureusement, il découvre par hasard au cours d’une conversation que les iroquoiens connaissent un remède naturel à ce mal dont on ne connaît pas encore l’origine.

Obligé de renter en France, Cartier tend un piège à Donnacona et le capture. Il compte sur lui pour vanter les richesses du Saguenay, un territoire qu’il n’a pas pu encore explorer, et convaincre le roi de monter une troisième expédition. Celle-ci a bien lieu mais ne se déroule pas comme l’homme l’aurait souhaité. Cartier rentre donc à Saint-Malo et ne retournera plus en Amérique du Nord.

Jacques Cartier : A la poursuite d’Hochelaga propose une vision assez humaniste de l’explorateur malouin même si elle est basée sur des faits réels. Le riche dossier documentaire qui accompagne la bande dessinée précise que l’on sait assez peu de choses à son sujet. A-t-il utilisé les indiens d’Amérique pour mieux piller leurs richesses ? Était-il réellement intéressée par la découverte de leur culture si éloignée de celle des européens ? Autant de questions difficiles à trancher.

Quoi qu’il en soit, j’ai pris beaucoup de plaisir à me plonger dans cette bande dessinée. Le scénario comme le dessin n’ont certes rien d’extraordinaire mais c’est toujours intéressant de réviser ses leçons d’histoire de manière aussi simple.

CLOT, Christian, Filippi, Denis-Pierre, BOUTIN, Pat, Jacques Cartier : A la poursuite d’Hochelaga, Glénat, 2017.

  La BD de la semaine, c’est chez Mo aujourd’hui.

25 réflexions sur « Jacques Cartier : A la poursuite d’Hochelaga – Christian Clot »

  1. Pourquoi pas… mais… je suis moyennement tentée en fait. Pour un tel récit, j’imagine qu’il y a quantité de choses à dire et d’anecdotes à raconter. Pourtant, la pagination me semble assez maigrelette. Et puis je te sens un peu mitigée aussi.
    Ça me fait penser à un autre album (que j’ai bien aimé par contre) et qui nous fait partir à la découverte de l’Australie. As-tu lu « Terra Australis » de Bollée et Nicloux ?

    1. Non, je ne connais pas « Terra Australis » mais je note !
      Ce titre n’est clairement pas un indispensable mais je l’ai apprécié pour son aspect historique. Au niveau du scénario comme de l’illustration, c’est vrai qu’il y a bien mieux. Il n’en reste pas moins intéressant.

    1. Les 3èmes vont le lire puisqu’il fait partie du prix de la BD historique auquel je participe avec certains d’entre eux. ça change de la Première ou Seconde Guerre !
      Il est tout à fait accessible et certaines pages sont intéressantes notamment pour le regard porté sur les autochtones. Après, ce n’est pas un indispensable.

  2. Je suis tentée aussi, pour moi mais aussi pour le collège (car comme tu dis, il y a beaucoup d’albums sur les deux guerres, mais sur le reste, beaucoup moins).

La parole est à vous !