Je ne suis pas sorcier ! – Pie Tshibanda

Ngeleka vit dans un village congolais. Parce qu’il est bossu, tout le monde se moque de lui et le prend pour un sorcier. Un jour, un enfant meurt de façon inexpliquée et plutôt que de chercher la véritable cause on accuse le sorcier -ou celui que l’on considère comme tel- qui n’est autre que le père de Ngeleka.Toute la famille est bannie de la tribu et part sur les routes à la recherche d’un nouvel endroit pour vivre. Ngeleka, encore enfant, ne comprend pas pourquoi son père ne cherche pas à se défendre. « la souffrance fait partie de la vie. Où que nous soyons, qui que nous soyons, la croix de la souffrance pèse sur nos épaules. » (p. 80). Dans ce cas, rien ne sert de se battre… Tel semble être la philosophie du patriarche.

Depuis son enfance jusqu’à son entrée dans l’âge adulte -époque où se termine le roman-, Ngeleka se pose beaucoup de questions sur la sorcellerie et toutes les histoires qu’il entend à droite et à gauche à ce sujet. Il ne trouve pas toujours de réponses mais une chose est certaine : la nature humaine a besoin de boucs émissaires responsables des maux que personne ne peut expliquer ou ne veut assumer. Et les boucs émissaires sont toujours les plus faibles, bien entendu !

Au sujet de la sorcellerie, ces quelques lignes m’ont frappée. Elles sont exprimées par le père de Ngeleka, juste avant sa mort. Les voici : « Cherche les fils conducteurs qui vont du sorcier à la victime et qui permettent l’ensorcellement. Et si le grand fil conducteur est la foi, la crainte, la culpabilité, explique alors comment ça se fait que le sorcier agisse à distance sur quelqu’un qui ne croit pas en lui. Y aurait-il des fils conducteurs inconscients ?  » (p. 125-126).

Avec Je ne suis pas sorcier, Pie Tshibanda nous conte une Afrique traditionnelle où les croyances ont encore la vie dure. De nombreuses scènes de vie mettent également en avant la dureté de la vie, la corruption qui est monnaie courante tout comme le racket ou les enseignants vivant dans la misère parce que sans salaire depuis plusieurs mois. Un roman authentique et captivant !

TSHIBANDA, Pie, Je ne suis pas sorcier !, Pocket, 2010.

3 pensées sur “Je ne suis pas sorcier ! – Pie Tshibanda”

La parole est à vous !

%d blogueurs aiment cette page :