Joséphine Baker – Catel & Bocquet

Chanteuse, danseuse, actrice, meneuse de revue, militante pour les droits des Noirs américains, résistante, mère adoptive de plusieurs enfants d’origines différentes: Joséphine Baker est une femme à la vie trépidante et engagée. Jean-Louis Bocquet, au scénario, et Catel Muller, au dessin, retracent ici son parcours, depuis sa naissance en 1906 dans une famille pauvre du Missouri à sa mort, en 1975, à Paris.

Le pavé -450 pages de BD et une centaines de pages documentaires composées d’une chronologie et de notices biographiques de personnes qui ont joué un rôle dans la vie de l’artiste- s’attarde d’abord sur l’enfance de celle qui s’appelle alors Freda Josephine McDonald. L’identité de son père est incertaine et sa mère, Carie, est une danseuse noire amérindienne. Joséphine va à l’école mais elle est très tôt obligée de travailler comme bonne. C’est grâce au chant et à la danse qu’elle se sortira de ces conditions de vie difficiles.

Elle se fait remarquer sur scène et commence sa carrière aux États-Unis.  Sa couleur de peau est malheureusement un frein dans un pays où les droits civiques des Noirs ne sont pas les mêmes que ceux des Blancs. A Paris, son talent est enfin reconnu comme il se doit. Jospéhine Baker devient alors la célèbre artiste que l’on connaît. La BD accorde cependant une trop large place à cette période là. On s’y perd un peu et c’est souvent redondant lorsque la chanteuse monte sur scène. Quant à sa vie sentimentale, on a du mal à suivre !

En revanche, à partir du moment où Joséphine Baker effectue des missions de renseignement pendant la Seconde Guerre et chante devant les soldats, cela devient nettement plus intéressant. On sent la femme engagée, la femme de conviction. Elle se bat également aux côté de Martin Luther King pour l’égalité des droits entre les Noirs et les Blancs. Bien décidée à montrer que le multiculturalisme est une richesse, elle adopte, dans son château des Millandes, en Dordogne, douze enfants d’origines différentes et surnomme sa famille la tribu « arc-en ciel ».

C’est un bel hommage qui est rendu à Joséphine Baker à travers cet ouvrage. Le dessin en noir et blanc de Catel s’adapte remarquablement aux différentes périodes de la vie de l’artiste. Ainsi, les traits de son visage évoluent imperceptiblement au fil des années grâce à quelques traits habillement placés. Je trouve également sa silhouette très joyeuse, très agréable à regarder.

Il n’y a rien à redire non plus sur le scénario, extrêmement documenté, si ce n’est qu’il manque de passion. Je n’ai pas retrouvé, par exemple, le même engouement que pour Olympe de Gouges publié par le même duo et dans la même collection. Est-ce la vie de Joséphine Baker qui est moins passionnante ou l’intérêt du scénariste et de la dessinatrice pour sa vie qui est moindre ?

MULLER, Catel, BOCQUET, Jean-Louis, Joséphine Baker, Casterman, 2016.

C’est chez Moka que la BD du mercredi fait sa rentrée cette semaine.

48 réflexions sur « Joséphine Baker – Catel & Bocquet »

    1. Oui et tu verras bien après si tu veux découvrir la suite de cette collection. Il y a aussi Kiki de Montparnasse mais je ne l’ai jamais lu.

  1. Je fréquente un peu plus activement les rayons BD ces derniers temps et souvent mon regard s’arrête sur la couverture de celui-ci, toujours bien mis en valeur. Je m’y suis arrêté quelquefois mais je n’ai pas encore sauté la pas de l’achat malgré l’intérêt que je porte à J. Baker.

    1. Vu le volume des livres de cette collection , c’est vrai qu’on les repère facilement. Honnêtement, je ne commencerais pas par celui-là mais tout dépend de l’intérêt que tu portes au personnage.

    1. J’ai découvert sa vie avec le roman graphique : elle est passionnante ! Je ne savais pas que les femmes revendiquaient déjà haut et fort leurs droits pendant la révolution.

  2. Oh tiens, moi j’ai également aimé les deux. Elle a eu une vie incroyable cette Joséphine tout de même ^_^ et j’avais remarqué aussi que sa vie amoureuse a été très riche on va dire ^_~

  3. Je suis très intriguée. J’aime le personnage et ses combats mais j’avoue que le nombre de pages me freine un peu… À tort? Certainement. Je l’ai vu à la bibliothèque, je sais que son moment viendra!

  4. J’ai beaucoup aimé cette bd, je l’ai trouvé vraiment intéressante et je n’ai pas ressenti ce « manque de passion » dont tu parles… Mais je n’ai pas encore lu « Olympe de Gouges » ! Par contre j’avais bien aimé aussi « Kiki de Montparnasse.

La parole est à vous !