Jules B : L’histoire d’un Juste – Armelle Modéré

Jules B, cordonnier, semble plus préoccupé par ses problèmes personnels que par la guerre. Les réquisitions allemandes et le retard dans la livraison du cuir l’empêchent de travailler correctement et il noie son chagrin dans l’alcool pour oublier que sa femme est partie avec un baron. C’est d’ailleurs après avoir été viré du bistrot suite à une altercation un peu trop musclée avec le boucher qu’il assiste à un accident de voiture. 

Dans le coffre, Jules découvre trois enfants. Trois petits juifs désormais orphelins. Alors que la personne qui se trouve avec lui, craignant l’arrivée des allemands, décide de s’enfuir, Jules cache les trois marmots dans un panier et les met à l’abri chez lui. Ne s’occupant guère d’eux, il continue à lever le coude seul dans sa cuisine et à pleurer sa pauvre Hélèna.

Derrière ses apparences rustres, Jules est tout de même touché par ce qui arrive aux trois enfants à qui il a sauvé la vie. N’écoutant que son courage, il décide leur venir en aide. Quitte à risquer sa propre vie. C’est ainsi qu’il devient ce qu’on appellera plus tard un Juste parmi les nations. Si Jules agit ainsi, c’est parce qu’il écoute son cœur et se moque bien que ces enfants soient juifs ou non. Lui, ce qu’il veut, c’est aider des gens dans la détresse et c’est tout.

Cette bande dessinée historique, destinée aux jeunes lecteurs, aborde un sujet grave avec une certaine douceur et une grande dose d’humanité tant à travers le scénario que le graphisme. La grande Histoire est racontée ici à travers la petite. Choisir l’angle de la vie quotidienne permet de rendre les choses un peu plus supportables. Représenter les personnages par des animaux répond au même objectif. Le propos est moins dur, moins cruel. Jules est un cochon et les enfants juifs sont des petites souris. On pense forcément à Maux d’Art Spiegelman pour l’aspect animalier mais la comparaison s’arrête là. La fin ouverte permet encore une fois de ne pas trop plomber nos chères têtes blondes tout en ne leur cachant rien de la triste réalité du sort réservé aux juifs pendant la Seconde Guerre mondiale.

A découvrir à partir de la fin du primaire ou le début du collège.

L’avis de Jérôme et de Noukette.

MODERE, Armelle, Jules B : L’histoire d’un Juste, Des ronds dans l’O, 2016.

RDV chez Stephie pour découvrir d’autres BD.

20 réflexions sur « Jules B : L’histoire d’un Juste – Armelle Modéré »

  1. merci de me le remettre en mémoire je l’avais déjà noté je voudrais le proposer à mon fils. je vais me mettre à sa recherche!

  2. Pareil ici ! Je l’avais repéré grâce aux chroniques de Noukette et de Jérôme et puis et puis… une année est passée jusqu’à ta chronique. Merci 😉

  3. Nous nous sommes plongés dans le même contexte historique cette semaine ! Je vais faire une pause avec ce sujet car ça devient un peu lourd. Mais je me la note pour plus tard !

    1. On est d’accord ! Et sinon, il y a aussi la série de dessins animés Les grandes grandes vacances que j’ai regardée avec ma fille cet été.

  4. Lu il y a quelques temps, j’ai été un peu déçue, je crois que j’attendais mieux (et puis je n’ai pas compris pourquoi l’auteure parlait de sa famille dans la postface…)

La parole est à vous !