La ferme du bout du monde – Sarah Vaughan

La vie de Lucy vacille. Épuisée par de longues journées de travail sans relâche dans un service de néonatalogie, la jeune femme effectue un mauvais dosage qui aurait pu coûter la vie à un bébé si sa collègue ne s’en était pas aperçue à temps. Elle découvre également que son mari la trompe avec une autre femme bien plus séduisante qu’elle.

Incapable de retourner travailler, Lucy décide alors de quitter Londres pour rejoindre sa famille dans la ferme de son enfance, en Cornouailles. Isolée au sommet d’une falaise et battue par les vents, la demeure abrite les siens depuis trois générations. Au contact des animaux, de la landes et des embruns, Lucy se sent revivre. Sa vie citadine lui avait fait oublier à quel point elle a besoin de ce bout du monde pour se sentir bien.

Elle ne s’attend cependant pas à découvrir une certain nombre de réalités qu’elle a niées depuis de trop nombreuses années. En effet, la ferme est endettée et malgré un travail acharné, sa mère et son frère qui gèrent l’exploitation depuis la mort du père, ne savent pas comment ils vont s’en sortir. L’oncle de Lucy a un projet qui rapporterait gros mais qui nécessiterait d’abandonner la ferme et la famille ne peut s’y résoudre. La grand-mère de Lucy, qui a toujours vécu là, ne veut pas finir ses jours ailleurs et tout le monde -sauf cet oncle- apprécie la vie ici. Lucy se jette à corps perdu dans le travail pour oublier la tromperie de son mari et tente de trouver des solutions pour sauver la ferme.

En parallèle, on découvre le passé de Maggie, la grand-mère, pendant la Seconde Guerre mondiale. Deux enfants, Will et Alice trouvent refuge à la ferme du bout du monde. Ils doivent se faire à un mode de vie rude mais sont relativement protégés des ravages de la guerre. Maggie coule des jours heureux à leurs côtés. Elle leur fait découvrir une grotte cachée dans la falaise, apprend à Will à nager, parcourt les sentiers escarpés. Jusqu’à ce qu’un évènement vienne modifier à jamais son destin. Un cataclysme si dramatique qu’elle le gardera gravé en elle jusqu’au crépuscule de sa vie sans jamais en parler à qui que ce soit.

La ferme du bout du monde, le titre est évocateur pour les amateurs de paradis perdus dont je fais partie. Et le roman a été à la hauteur de mes espérances ! On visualise avec délectation les paysages décrits par Sarah Vaughan. Cette belle bâtisse en pierre à flan de falaise, ces sentiers où il fait bon se promener les cheveux au vent, cette vie rude et difficile mais authentique.

Le cadre est cependant loin d’être la seule qualité de ce texte. Lucy est un personnage attachant qui est à une période de sa vie où elle a besoin de faire le point sur avenir, sur ce qu’elle veut réellement. La tromperie de son mari et la faute qu’elle a commise au travail sont des éléments déclencheurs qui l’obligent à s’interroger sur elle-même.

J’ai aimé également tous ces secrets de famille que l’on découvre en même temps que l’héroïne. L’auteur entretient le suspens, mêle le passé et le présent et le lecteur tourne les pages avec envie. Le seul regret que j’aurais concerne l’écriture, trop simple, trop journalistique à mon goût. Cela n’en reste pas moins un roman que je vous conseille de lire sur votre chaise longue  cet été !

VAUGHAN, Sarah, La ferme du bout du monde, Préludes, 2017

12 pensées sur “La ferme du bout du monde – Sarah Vaughan”

  1. J’ai lu 150 pages et il est certain que ‘écriture ne casse pas des briques. Mais je trouve la lecture agréable malgré tout. Ce roman a quelque chose de « la petite maison dans la prairie ».

    1. J’ai dévoré La petite maison dans la prairie quand j’étais enfant. C’est peut-être pour cela que j’ai aimé La ferme du bout du monde alors 😉 !

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