La mort nomade – Ian Manook

Yeruldelgger n’est plus flic. Usé par des années et des années de lutte contre la criminalité et la corruption (cf premier et deuxième tome), il vit désormais seul dans une yourte au beau milieu de la steppe mongole. Au contact de la nature, en renouant avec les traditions, l’homme espère chasser la violence et la colère qui s’emparent trop souvent de lui pour vivre enfin en harmonie. Il n’a plus de contacts ni avec Oulan-Bator ni avec Solongo, la légiste dont il est amoureux.

Sa retraite est cependant de courte durée. Une femme arrive à cheval, un arc en bandoulière, afin de lui demander de l’aide pour retrouver sa fille, disparue depuis trois mois, et la venger. Yeruldelgger n’a aucune envie de renouer avec son métier mais il tombe sous le charme de cette inconnue. Arrive alors une deuxième femme qui a retrouvé le corps d’un homme avec qui elle partageait des amours nomades -relations sans lendemain- depuis quelques jours. Ceux qui ont tué l’homme ont également brûlé la yourte de la femme.

Ainsi commence le dernier opus des aventures de Yeruldelgger. S’ensuit une enquête faite de moult rebondissements. L’intrigue se perd en complexité au beau milieu d’un monde où la violence et la corruption font partie intégrante du quotidien. Encore une fois, les nomades se font avoir. Leur sol est ruiné par les pelleteuses de multinationales avides qui n’hésitent pas à arroser le gouvernement de pots de vin pour obtenir les autorisations nécessaires à leur entreprise. Ainsi qu’à tuer si cela s’avère nécessaire.

Toute cette violence, finit cependant par lasser le lecteur. On a presque l’impression que l’auteur prend un malin plaisir à multiplier ces scènes en les justifiant rapidement et de manière abrupte. De plus, les relations entre les personnages ne sont plus aussi fortes qu’auparavant. Et la culture nomade, qui faisait le charme du premier opus notamment, passe complètement à l’arrière-plan. Serait-ce le tome de trop ?

MANOOK, Ian, La mort nomade, Albin Michel, 2016.

9 réflexions sur « La mort nomade – Ian Manook »

  1. Déjà au premier tome, j’avais trouvé que la violence était par moment gratuite et qu’il se complaisait à décrire les scènes où les femmes étaient des victimes, c’est ce qui m’avait arrêtée dans la saga, je n’avais pas dépassé le premier tome, alors celui-là, avec ce que tu en dis, vraiment, je pense n’avoir aucune chance de le lire (même une blogueuse archi fan de l’auteur a dit que c’était exactement les mêmes ingrédients que les 2 premiers, le supplément d’âme en moins)

    1. Je me souviens très bien de ce débat autour de la place des femmes et de la violence. Je ne suis pas forcément d’accord avec ce qui est reproché à l’auteur, j’ai donc poursuivi ma lecture. Je crois que ce qui fait que j’ai beaucoup accroché au départ, ce sont les personnages et la Mongolie.

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