La part du feu – Hélène Gestern

Alors que son père est hospitalisé en raison d’une coupure profonde qu’il s’est faite avec un couteau de cuisine, Laurence apprend de sa bouche qu’il l’a reconnu à sa naissance mais qu’il n’est pas son père biologique. La jeune femme est complètement déstabilisée, d’autant plus qu’il lui demande de garder le silence vis à vis de sa mère. Cette dernière, atteinte d’une forme rare de la maladie de Parkinson, traverse des moments très difficiles et Laurence et son père font tout ce qu’ils peuvent pour l’accompagner au mieux depuis un moment déjà.

En fouillant dans les affaires de sa mère, Laurence découvre des lettres, des tracts, des coupures de journaux qui prouvent qu’il existe des zones d’ombre dans le passé de ses parents. Spécialiste de l’étude des manuscrits, elle se sert de ses compétences pour faire des recherches sur un certain Guillermo Zorgen, militant d’extrême gauche qui a fait parler de lui dans les années 1970 et dont elle a retrouvé le nom dans un document. Pour certains, c’est un idéaliste qui a fait les frais d’une période trouble. Pour d’autres, c’est un dangereux pyromane. Laurence cherche à comprendre qui il était réellement et quel lien il entretenait avec ses parents.

Une nouvelle fois, Hélène Gestern met en scène une femme en quête de son passé, un passé en lien avec la grande Histoire. C’est toujours un vrai plaisir de découvrir le travail de recherche de ses personnages principaux, de se plonger avec eux dans les archives ou d’aller s’entretenir avec des spécialistes de certaines périodes de notre histoire. L’auteur nous emmène sur de fausses pistes, on est quasi persuadé de détenir la vérité et puis, finalement on s’aperçoit que l’on se trompe et que c’est bien plus complexe que cela.

L’amour, avec tout ce qu’il peut recouvrir de passionnel et de destructeur, n’est jamais bien loin non plus dans les romans d’Hélène Gestern. Celui-ci ne fait pas exception. La part du feu n’a cependant pas la même saveur que L’odeur de la forêt, roman envoûtant dont l’ambiance est encore gravée dans ma mémoire, ou que du passionnant Eux sur la photo. Il lui manque peut-être une héroïne plus touchante, avec un peu plus de tripes.

GESTERN, Hélène, La part du feu, Arléa, 2015.

10 réflexions sur « La part du feu – Hélène Gestern »

    1. J’aime beaucoup Hélène Gestern alors j’essaie de découvrir tous ses romans petit à petit. Il me reste Portrait d’après blessure et Un vertige à lire.

    1. Je crois que tu devrais au moins lui donner une chance ! C’est un auteur dont on entend peu parler mais que j’aime beaucoup.

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