La petite fille en rouge – Roberto Innocenti

« Approchez, les enfants, que je vous raconte une histoire. » Tels sont les premiers mots de cet album qui nous propose de suivre les aventures de Sophia, une petite fille en robe rose et manteau à capuche rouge qui habite dans une forêt un peu particulière.

Dans cette forêt, les arbres ont laissé la place au béton, aux immeubles, aux voitures, à la foule. La pollution sonore et visuelle agresse tout de suite le lecteur. Des hommes dorment par terre, le sol est jonché de détritus, les murs recouverts de tags. Le dessin fourmille de détails et après plusieurs lectures, on découvre encore des choses. Sophia, elle, semble habituée à cette forêt. Elle est même attirée par les miroirs aux alouettes que proposent les publicités et les magasins.

Sa grand-mère n’étant pas très en forme, la petite fille remplit son sac de biscuits, de miel et d’oranges pour aller lui rendre visite à l’autre bout de la ville. Sa maman lui recommande de ne pas s’écarter de son chemin, un conseil que Sophia suit scrupuleusement jusqu’à cet endroit que tout le monde appelle « The Wood », le centre commercial. Attirée par une vitrine, elle perd sa route et se trompe de sortie. Dans une ruelle déserte, elle est prise au piège par des chacals. Un chasseur qui connaît la forêt comme sa poche vole à son secours. Sophia ne se méfie pas de ce redoutable carnassier…

Vous l’aurez compris, La petite fille en rouge est une réécriture moderne du Petit Chaperon Rouge. Roberto Innocenti transpose le conte dans l’univers de la ville, un univers tout aussi féroce, voire même plus, que celui de l’histoire d’origine. Les tentations sont nombreuses, la richesse ne voit même pas la misère qui est à ses pieds et les loups cachent bien leur jeu. Comment ne pas se faire avoir quand on vit dans un tel univers ?

Le dénouement laisse une place à l’espoir puisque la tricoteuse, cette vieille dame qui raconte l’histoire, propose une fin heureuse aux enfants après les avoir fait pleurer. Et oui, les histoires sont magiques, elles peuvent avoir plusieurs fins ! Et puis, ce qu’il y a de bien avec les livres, c’est que l’on peut jouer à se faire peur et apprendre des choses tout en étant en sécurité dans son canapé ou au fond de son lit.

Un excellent album à découvrir à partir de 8-9 ans et jusqu’à… 120 ans tant les interprétations du texte et des illustrations peuvent être variées.

Encore une fois, c’est Noukette et Jérôme qui m’ont fait découvrir ce livre.

INNOCENTI, Roberto, La petite fille en rouge, Gallimard jeunesse, 2013.

4 pensées sur “La petite fille en rouge – Roberto Innocenti”

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