La porte de la salle de bain – Sandrine Beau

J’ai rencontré il y a un peu plus d’un an une libraire, une vraie libraire, qui me fait parfois découvrir des pépites. Sans elle, je n’aurais peut-être jamais ouvert ce petit roman que je vais mettre bien en évidence sur les étagères de mon CDI à la rentrée prochaine et que je vous conseille de laisser traîner chez vous si vous avez des ados.

La porte de la salle de bain raconte l’histoire de Mia, une jeune fille qui attend de voir pousser ses seins avec impatience. Quand le moment tant attendu arrive, elle est remplie de joie mais sent très vite que le regard que les hommes portent sur elle n’est plus le même. Pas simple de grandir, pense t-on au départ ! Sauf qu’avec un tel titre, on se doute bien que le roman ne va pas en rester là…

Pudique, Mia est gênée quand son beau-père, surnommé « la moule » par sa grand-mère, débarque dans la salle de bain alors qu’elle prend sa douche. Ce qui pourrait apparaître au départ comme de la simple maladresse ou un manque de respect vis à vis de la pudeur d’une adolescente, se transforme en quelque chose de malsain.

Mia n’arrive pas à se confier à sa mère. Comment va t-elle réagir ? Va t-elle la comprendre ou va t-elle trouver des justifications à la présence de cet homme dans sa chambre alors qu’il la pense endormie ? C’est tellement simple pour lui. Il s’occupe seul d’elle et de son frère le soir quand leur mère est au travail. En sa présence, il ne se comporte pas de la même manière.

L’auteure, Sandrine Beau, sauve Mia. Il n’y a cependant pas besoin d’aller plus loin, tout est dit. La pédophilie et l’inceste sont des sujets difficiles à traiter, surtout en littérature de jeunesse, et elle s’en sort avec brio ! L’héroïne trouve un moyen pour faire cesser les agissements de « la moule ». Le jeune lecteur qui s’identifie à elle n’est donc pas mis en danger du point de vue psychologique. Mais le message sur le respect du corps et de l’intimité de chacun est fort. Quelques solutions pour se prémunir des prédateurs sont d’ailleurs proposées avec subtilité et aideront, je l’espère, ceux qui sont confrontés à une situation similaire.

Un roman à mettre entre toutes les mains parce ce que malheureusement, cela n’arrive pas qu’aux autres…

BEAU, Sandrine, La porte de la salle de bain, Talents hauts, 2015.

11 pensées sur “La porte de la salle de bain – Sandrine Beau”

  1. Hélas, la lecture des pages ‘procès’ du quotidien local est bien trop pleine de ce genre d’histoires… Oui, ça arrive partout (sans tomber parano non plus) et mieux vaut être vigilant (et que les enfants sachent arrêter l’autre quand ça va trop loin? mais pas facile facile)

    1. L’enfant ne peut pas arrêter l’autre…parce que c’est un enfant. Ce n’est pas à l’enfant d’arrêter… c’est à l’autre de ne pas commencer.
      L’enfant n’est pas dans l’acte. Il n’a rien fait. Il ne comprends pas.
      Juste pour info…un enfant sur quatre subit l’inceste. Et l’acte sexuel commence à la pose des mains sur le corps et pas après.

    2. Keisha : Non, il ne faut pas tomber dans la parano mais je pense que c’est important pour un enfant de savoir que cela existe, que ce n’est pas lui le coupable mais l’adulte. Je ne pense pas qu’un livre puisse changer quoi que ce soit mais s’il peut aider, ne se serait-ce qu’un peu, c’est déjà ça…
      Isabelle : Bienvenue ici ! Oui, bien sûr, je suis d’accord avec ces remarques. Mais lui proposer des moyens de se défendre peut être utile tout de même.

La parole est à vous !