La quatrième mur – Sorj Chalandon – Lu par Féodore Atkine

Années 1970. Georges, un étudiant parisien engagé dans de nombreux combats politiques contre les fascistes, fait la connaissance de Samuel Akounis, un grec d’origine juif réfugié en France. Très vite, les deux hommes se lient d’amitié.

Quelques années plus tard, Georges se marie et devient papa d’une petite Louise. Samuel, sur le point de mourir, lui demande de monter Antigone de Jean Anouilh au Liban. Le pays est alors en guerre. Samuel a commencé à réunir des acteurs de différents horizons politiques et religieux, ennemis depuis des années et des années, et à obtenir des autorisations pour jouer la pièce. Il veut permettre aux habitants de se réunir et de faire une courte trêve sur le ligne verte. Malheureusement, la maladie le rattrape. Georges lui promet de mener à bien son utopie.

Il laisse donc femme et enfant à Paris pour se rendre à Beyrouth. Sur place, Samuel a tout prévu. Georges rencontre des membres des différentes communautés religieuses et tente de les comprendre sans les juger. Bien entendu, les résistances sont nombreuses et il faut surmonter les obstacles les uns après les autres. Lui qui s’interrogeait au départ sur l’intérêt d’un tel projet, refuse désormais d’y renoncer. Il veut aller jusqu’au bout coûte que coûte. Pour son ami mais aussi pour tout un tas d’autres raisons.

Les bombardements dévastent alors la capitale libanaise. Georges se retrouve en plein massacre de Sabra et Chatila. La guerre est désormais une réalité pour lui. Une réalité qui le marquera à jamais et dont il ne sortira pas indemne…

Le quatrième mur est un roman poignant dont le lecteur non plus ne sort pas indemne. L’écriture de Sorj Chaladon est d’une force et d’une justesse incroyable. On a l’impression de participer à cette guerre, de ressentir les émotions de Georges, de subir cette tension permanente dans un pays en état de guerre. Et puis, les valeurs véhiculées par le texte sont importantes. La fidélité en amitié et la tolérance vis à vis de ces guerres que l’on ne peut pas vraiment comprendre quand on ne fait pas partie des populations concernées.

J’ai presque regretté de ne pas avoir lu ce livre en version papier pour pouvoir m’arrêter plus facilement, relire certains passages, revenir en arrière. Mais en y réfléchissant, je suis contente d’avoir écouté la version audio. Le texte, en raison de son rythme, se prête bien à une lecture orale et Féodor Atkine en fait une lecture remarquable.

Dans l’entretien, à la fin du livre, on apprend que l’auteur est un ancien journaliste qui a couvert un certain nombre de guerres. Il a mis beaucoup de lui dans le personnage de Georges. Le quatrième mur prend alors une dimension encore plus forte à mon sens.

Cette chronique me paraît bien fade par rapport à ce que j’ai ressenti tout au long de ma lecture. Ce roman fait incontestablement partie des livres qui m’ont marquée. Je n’ai qu’un conseil, lisez-le.

Les avis d’Enna qui parle aussi de sa rencontre avec l’auteur, de Sandrine et de Sylire.

CHALANDON, Sorj, ATKINE, Féodor, Le quatrième mur, Audiolib, 2014.

12 réflexions sur « La quatrième mur – Sorj Chalandon – Lu par Féodore Atkine »

  1. Je me suis aperçue en lisant ton billet que j’avais laissé un
    commentaire qui disait que ce livre serait peut être l’occasion pour moi
    de découvrir Sorj Chalandon. C’est désormais chose faite et je ne vais
    pas m’arrêter là !

  2. J’adore Feodor Atkine. C’est un très bon comédien mais surtout il possède un voix enchanteresse (pour le moins )
    Peut-être réussirait-il à me garder éveillé tout le long de cette lecture audio, moi qui ai vite fait de décrocher en temps normal.

  3. Je suis contente que tu aies aimé aussi! UN gros coup de coeur pour moi comme tu le sais mais aussi pour le lecteur! Je compte bien essayer de trouver d’autres livres audio lu par Féodor Atkine!

  4. Après la lecture de quatre romans, j’ai toujours autant de plaisir à découvrir ces textes si forts. D’autant plus que j’ai eu deux fois l’occasion de rencontrer cet homme incroyable et qui a de nombreuses choses à nous apprendre.

  5. C’est aussi un roman qui m’a beaucoup marquée (je l’ai lu et pas écouté). Quand je l’ai refermé, j’ai eu besoin de plusieurs minutes pour m’en remettre.

La parole est à vous !

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