La tête en friche – Marie-Sabine Roger

Germain, c’est l’idiot du village, le genre de type qui n’a pas la lumière à tous les étages. En tous cas, c’est comme ça que le perçoivent ses copains de bistrot. Sa mère, qui l’a élevé seule, ne se gênait pas pour le rabaisser quand il était enfant. Et elle le fait encore aujourd’hui… Elle lui donnait aussi des claques et ne lui témoignait jamais la moindre affection. Maintenant, elle est vieille et commence à perdre la tête.

Germain vit de petits boulots à droite et à gauche. Il est inscrit dans une agence d’intérim et fait tous les travaux difficiles que les autres ne veulent pas faire. Quand il ne travaille pas, il cultive son jardin, discute avec ses copains au café, rend visite à sa copine ou compte les pigeons dans le parc. C’est là qu’il fait la connaissance de Margueritte, une dame âgée très instruite qui ne porte aucun jugement sur lui et lui apprend un tas de choses, à travers les livres notamment.

Germain, qui se rend bien compte qu’il n’est pas comme les autres et ne comprend pas toujours tout ce qu’on lui dit, a toujours été fâché avec la lecture. Il faut dire que son maître, à l’école primaire, a tout fait pour le dégoûter. Mais il n’est jamais trop tard pour changer d’avis et se rattraper. Petit à petit, il se lie d’amitié avec Margueritte et accéde à la culture. Sa façon de penser évolue. Germain s’ouvre aux autres. Il n’envisage plus le monde qui l’entoure de la même façon.

On pourra reprocher à La tête en friche d’être un roman facile. Grâce à une vieille dame, quelques livres et un peu de considération, Germain passe du statut de limité intellectuellement à celui d’homme capable de réfléchir par lui même et de faire des remarques pertinentes dans une conversation. Dans la vraie vie, ce serait sans doute impossible. Mais on est dans un roman et ça fait parfois du bien de se laisser porter par une histoire pleine d’optimisme et de tendresse qui rappelle combien la culture est importante dans la vie.

J’aurais sans doute oublié La tête en friche dans quelques temps mais en attendant, j’ai passé quelques heures agréables en sa compagnie et ce n’est déjà pas si mal que cela !

ROGER, Marie-Sabine, La tête en friche, Éditions du Rouergue, 2008.

17 pensées sur “La tête en friche – Marie-Sabine Roger”

  1. J’avais pris plaisir à cette lecture, facile certes, mais il en faut qui fasse du bien aussi. J’avais nettement moins apprécié le film, qui a tiré vers le coté nunuche (et je n’aime pas Depardieu)

  2. Je n’ai jamais vu le film, justement parce que je supporte difficilement Depardieu. Et je suis entièrement d’accord, les lectures légères mais qui font du bien sont indispensables.

La parole est à vous !

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