La variante chilienne – Pierre Raufast

Tout a commencé par La Fractale des raviolis. Les billets ont fleuri sur la blogosphère mais j’ai décidé de ne pas le lire. J’avais peur que ce soit un peu trop alambiqué et loufoque à mon goût. Puis, Pierre Raufast est devenu le chouchou de ces dames des blogueurs. L’homme est reconnaissant puisqu’il les a remerciés dans son nouveau roman, La Variante chilienne. Certaines mauvaises langues diront que c’est un moyen de les corrompre de s’assurer de bonnes chroniques. Moi, je pense plutôt que cette marque de sympathie fait chaud au coeur et montre une conception de la lecture très positive. Bref, je n’étais pas persuadée que La variante chilienne ait plus de chance de me plaire que La fractale des raviolis mais à force d’entendre autant de bien de ces romans, j’ai fini par me laisser convaincre.

Pendant quelques heures, je me suis donc retrouvée à la campagne, au bord d’une piscine remplie en partie de terre, en compagnie de Florin, un homme qui range ses souvenirs dans des bocaux pour ne pas les perdre, de Pascal, un philosophe en vacances et de Margaux, une adolescente en fuite.

Voilà pour le cadre, ou plutôt l’histoire cadre. Mais cela ne s’arrête pas là. Florin est un aède, un conteur. Il caresse ses cailloux et les souvenirs remontent à la surface. Le lecteur se laisse alors porter dans des univers incroyables. Jeanne d’Arc, Borges, un potier polyglotte, un village dans lequel la pluie ne s’arrête jamais de tomber, des fossoyeurs orduriers. Les histoires s’enchaînent les unes après les autres sans que le lien paraisse une seule fois artificiel.

C’est un véritable Ovni que nous propose Pierre Raufast. Dans un style très fluide, il raconte des choses hallucinantes. La fantaisie et l’humour côtoient la réflexion. On se demande comment l’auteur fait pour imaginer tout ça et on referme le livre en s’interrogeant sur le poids des souvenirs dans la construction d’une vie.

Malgré toutes ces qualités, je n’ai pas eu de coup de coeur pour ce livre. Les souvenirs de Florin sont si nombreux que j’ai fini par m’y perdre un peu. Il me faudrait peut être des petits cailloux à moi aussi pour bien me souvenir de La variante chilienne.

Cela ne m’empêchera pas pour autant de suivre cet auteur atypique car franchement, de tels romans, on n’en croise pas si souvent dans une vie de lecteur.

RAUFAST, Pierre, La variante chilienne, Alma éditeur, 2015.

12 réflexions sur « La variante chilienne – Pierre Raufast »

  1. J’ai découvert cet auteur avec ce livre…j’ai bien aimé le symbole des souvenirs par les cailloux et la manière dont on vit ou non avec ce poids des souvenirs…c’est ce que je retiendrai de ce livre. Mais il est vrai qu’il est atypique et je comprends qu’on puisse un peu passer à côté!

  2. Merci Saxaoul pour cette chronique. Ce qui est admirable dans votre photo, c’est que le rouge va bien avec la tranche cachée du livre. Comme quoi, même les détails invisibles s’apprécient pour celui qui sait… (phrase à méditer amicalement

La parole est à vous !

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