La ville sans juifs – Hugo Bettauer

La ville sans juifs hugo BettauerÉcrit en 1922 et sous-titré « Un roman d’après-demain », La ville sans juifs est une politique fiction autrichienne étonnamment prédictive. En effet, l’auteur, Hugo Bettauer, imagine dans ce texte une Vienne en pleine crise économique. Les responsables ? Les juifs, forcément. La décision est donc prise de les chasser de la ville.

La loi d’expulsion concernant les juifs mais également toutes les personnes de souche juive, on en arrive à des situations complètement ubuesques. Ainsi l’homme politique Antonius Schneuzel se rend compte qu’il a contribué, en défendant cette loi, à l’expulsion de sa fille et de ses petits-enfants. Il avait oublié que son gendre, Aloïs Corroni, s’appelait Sami Cohn avant de recevoir le baptême !

Lotte Spineder, jeune fille de la bourgeoisie, est désespérée : son fiancé, Léo Strakosch, va devoir fuir à Paris. Ses parents refusent de laisser partir leur unique enfant avec lui par peur de ne plus jamais la revoir. Pourtant, ils apprécient Léo. Lotte se plie à leur décision tout en s’enfonçant dans le désespoir.

Dans la capitale autrichienne, la situation économique se dégrade de plus en plus. La spéculation va bon train, la couronne perd de sa valeur et le prix des produits de première nécessité grimpe de manière astronomique. La ville étant vidé de tous les juifs, il est désormais difficile de trouver des coupables… Dès lors, comment se sortir d’une telle situation ?

En écrivant ce texte, Hugo Bettauer n’avait pourtant pas imaginé le pire.  La ville sans juifs est encore en deçà la réalité… De nombreuses années avant le début de la « solution finale », l’auteur décrit la montée de l’antisémitisme et imagine l’expulsion des juifs qui en découle. Si il pointe du doigt le ridicule de certaines situations et les conséquences d’une décision désastreuse, il garde tout de même foi en l’être humain. En effet, les juifs sont finalement autorisés à revenir à Vienne.

Journaliste et auteur de plusieurs romans, Hugo Bettauer a fait l’objet de nombreuses controverses en Autriche, pendant l’entre-deux-guerres, notamment de la part des journaux d’extrême droite. Satire de l’antisémitisme, La ville sans juifs ne se lit pas pour ses qualités littéraires. Le style est plat, l’intrigue pauvre et ne parlons pas d’un quelconque suspens. L’intérêt du texte est ailleurs. Sa portée à été telle que son auteur a été assassiné par un militant du parti nazi en 1925.

BETTAUER, Hugo, La ville sans juifs, Belfond, 2017.

12 réflexions sur « La ville sans juifs – Hugo Bettauer »

    1. J’ai lu ce livre par hasard grâce au comité de lecture de la rentrée littéraire auquel j’ai participé cet été. C’est en découvrant l’œuvre que je me suis renseignée sur son auteur.

    1. Le livre est intéressant en raison de son sujet et de son point de vue visionnaire. Après, au niveau de l’écriture, il y a mieux ! C’est donc à toi de voir…

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