L’accident – Agnès Aziza

Ce livre circule de mains en mains dans le CDI du collège où travaille Noukette. J’ai donc décidé de l’acheter pour mes trolls mais avant de le mettre en rayon, j’ai eu envie de le lire. Comme j’avais noté le titre depuis longtemps, je ne me suis pas méfiée, je l’ai ouvert dans la salle d’attente du dermato. Où est le problème, me direz vous ? Et bien, quand on se met à pleurer comme une madeleine, il ne reste plus qu’à croiser les doigts pour que le médecin ait un peu de retard et nous laisse le temps de sécher nos larmes…

La première de couverture met tout de suite le lecteur dans l’ambiance : « Aujourd’hui j’ai quinze ans trois jours et vingt heures comme mon frère le jour de l’accident« . Et la quatrième n’est pas mieux : « ça parle de mort et les adultes ne veulent jamais en parler« .

Vanessa, la narratrice, raconte l’accident de scooter de son frère Henri. Les chamailleries le matin au petit-déjeuner, le départ d’Henri sur son deux roues, l’interro d’anglais pendant laquelle elle a soudainement ressenti comme un coup dans la poitrine, le surveillant qui est venu la chercher en français, son père dans le bureau du CPE qui tente de lui faire comprendre que son frère vient d’avoir un accident et n’avait pas attaché son casque, l’état d’hébétude, l’attente à l’hôpital puis l’annonce de la terrible nouvelle.

Les 50 pages de ce roman sont un véritable coup de poing. On a l’impression d’y être, de partager les émotions, le ressenti et le malheur de la narratrice. C’est terrible. Je ne sais pas si je pourrai conseiller ce livre. Je vais le mettre sur le présentoir des nouveautés et puis, on verra. Le sujet est sensible. Cette année, une élève a perdu sa soeur dans un accident de scooter. Il y a vingt ans, c’est une de mes copines de hand qui a fini ses jours sous les roues d’un camion.

Même si on n’a pas été touché de près par un tel drame, on ne peut pas rester insensible aux sentiments de la narratrice. L’adolescence est un âge où l’on se croit immortel. L’accident rappelle aux jeunes le contraire. Sans tabou. Sans trop en faire non plus. Juste avec une histoire cruellement parlante.

AZIZA, Agnès, L’accident, Grund, 2011.

10 pensées sur “L’accident – Agnès Aziza”

  1. Comme toi je ne m’étais pas méfiée avant de le lire. J’avais juste envie de comprendre l’engouement autour de ce roman. Et j’ai compris… Les « grands » continuent de le faire tourner et m’en parlent souvent. Ils sont assez rares ces romans là finalement, c’est précieux…

  2. J’ai finalement réussi à le conseiller à une élève de sixième. Je verrai
    ce qu’elle en a pensé à la rentrée.
    Oui, ces romans là sont assez rares et le problème c’est quand on te
    demande si tu en as un autre dans le même genre !

  3. Un sujet toujours délicat et pas facile à traiter, je le note, dans mon nouvel établissement, cela s’est produit il y a peu de temps mais je ne connais pas encore assez bien les sensibilités des élèves pour savoir si je peux leur conseiller cette lecture…

  4. Il faisait partie du prix ados (quatrième-troisième) l’année dernière. Les élèves le prenaient parce qu’il faut lire au moins trois livres de la sélection et que celui là est petit. Dans l’ensemble ils ont aimé mais ils ont trouvé ça très dur (et moi aussi).

La parole est à vous !

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