L’adoption 2 : La garùa – Zidrou et Monin

Spoiler. Si vous avez l’intention de découvrir le tome 1 de L’adoption, ne lisez pas les lignes qui suivent !

La petite Qinaya est repartie au Pérou, dans sa famille biologique. Alain et Lynette, ses parents adoptifs, ont fermé les yeux sur les irrégularités de la procédure d’adoption. Le tome 1 se conclut sur leur arrestation pour enlèvement par les forces de l’ordre. Pour préserver sa femme, Alain prend tous les tords à sa charge et écope de trois ans de prison ferme.

Gabriel, le grand-père français de Qinaya, fait appel à un détective privé et le tome 2 s’ouvre sur son arrivée à Lima pour retrouver l’enfant. A 74 ans, c’est la première fois qu’il se paie un billet d’avion, il ne parle pas un mot d’espagnol et il voyage seul. C’est dire son envie de serrer dans ses bras celle qu’il a mis si longtemps à accepter comme sa petite fille. Gabriel ne s’attend donc pas à ce qui arrive : Qinaya a grandi et complètement oublié son achachi. Sa vie est ailleurs maintenant. Avec sa famille et les survivants du séisme d’Arequipa.

Comme à son habitude, Gabriel se referme sur lui-même. Il reste muré dans sa chambre d’hôtel et n’a qu’une hâte : rentrer en France. Mais on le connaît maintenant et on sait que derrière les apparences, le vieux bourru cache un cœur en or. Il est incapable de faire son vieux grincheux très longtemps.

J’avais refermé le premier tome déçue par l’invraisemblance de son dénouement mais séduite par cette belle histoire, pleine d’amour et de tendresse. J’ai dévoré ce deuxième opus, surprise par la tournure inattendue des événements et très émue par le personnage de Gabriel. Zidrou est vraiment un scénariste de talent !

Ici, il n’est plus vraiment question d’adoption mais de sentiments, de liens familiaux, de souffrances malgré lesquelles il faut continuer à avancer. Le lecteur se laisse porter par cette histoire pleine d’émotions dans laquelle légèreté et gravité se côtoient. Les passages en espagnol apportent une touche d’exotisme agréable, le trait expressif et d’une grande justesse d’Arnon Monin est un régal. Bref, c’est un diptyque que je vous recommande vivement !

ZIDROU, MONIN, Arno, L’adoption 2 : La garùa, Bamboo Édition, 2017.

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50 réflexions sur « L’adoption 2 : La garùa – Zidrou et Monin »

  1. Tu sembles emballée et satisfaite de ce tome 2. C’est ce que je retiens. Ton avis vient donner le contre-pied à des chroniques de lecteurs qui étaient sortis légèrement déçus du dénouement final

    1. Ah oui ? Je suis complètement à contre-courant alors parce que c’est le dénouement du 1 qui m’a déçue. Là, je trouve justement que c’est bien trouvé. Après, on s’éloigne quand même beaucoup du sujet de l’adoption. C’est peut-être cela qui pose problème à certains lecteurs.

    1. C’est ce que je dis en réponse à Mo’ : le sujet de l’adoption est vraiment laissé de côté. L’album porte peut-être finalement mal son nom…

    1. Cela ne m’a pas dérangée mais effectivement, tu as raison. Quand on connaît un peu le sujet de l’adoption, on a aussi du mal à croire qu’un couple puisse devenir légalement parents dans ces conditions.
      Dans le 2, c’est ce papi qui est touchant. Zidrou est très fort pour parler de l’intime.

    1. J’ai l’impression que les avis sont assez contrastés tout de même. Et j’ai l’impression que, par rapport à ce tome 2, c’est surtout en raison d’attentes différentes.

  2. moi c’est le contraire. j’ai été plus interpellée par le premier tome même si je suis d’accord les sentiments du grand-père dans ce tome sont d’une grande sensibilité.

    1. Il me semble que la sensibilité, les émotions, sont un point fort du scénariste. A confirmer tout de même car je ne le connais pas suffisamment.

  3. J’ai adoré le 1er tome et je n’avais pas vu que le 2è était sorti ! Et à te lire, je vais littéralement me jeter dessus ! Hâte de connaître le dénouement.

  4. Tu es plus enthousiaste que moi ! Comme je les ai lus dans la foulée, j’étais impatiente de voir ce qui arrivait à la petite Qinaya. D’où ma déception. Mais je reconnais que cet album aborde les thèmes que tu soulignes avec émotion et justesse.

  5. Moi, j’ai été déçue par le virage pris lors de ce tome… Et puis je n’ai pas aimé les dialogues en espagnol, surtout parce qu’ils ne sont pas traduits (et que je ne comprends rien à l’espagnol !! 🙂 )

    1. Je comprends ta remarque concernant l’espagnol. Je le comprends et le baragouine pas top mal alors cela ne m’a pas gêné mais si ça avait été en allemand par exemple, je n’aurais pas pu !

La parole est à vous !