L’Amérique derrière moi – Erwan Desplanques

Une bouteille de champagne à la main, le père du narrateur, âgé de soixante-dix ans, annonce qu’il est atteint d’un cancer du poumon, stade avancé. Deux jours plus tard, le narrateur apprend qu’il va être papa pour la première fois. La fin d’une vie et le début d’une autre viennent se télescoper.

« Je pouvais témoigner que la main du mourant s’accrochait jusqu’au bout et celle du nouveau-né, dès la première seconde. Seule la parole leur faisait défaut, à l’un comme à l’autre, que le regard compensait.« 

Dans ce récit, le narrateur explore les liens familiaux et revient sur son enfance, à Reims, aux côtés d’un père qui, jamais, ne laisse transparaître ses sentiments. Ancien parachutiste dans l’armée, passionnée par les États-Unis, c’est un homme excessif et passionnel. Erwan Desplanques a su trouver le ton juste pour évoquer celui qui n’est autre que son propre père, lui rendant ainsi un bel hommage, lucide et tendre à la fois. Le recul et l’humour permettent au lecteur de trouver sa place sans se sentir voyeur.

Les chapitres sur l’histoire familiale alternent avec le présent. Le narrateur habite avec sa femme dans un petit appartement parisien. Partagé entre son métier de journaliste, les concerts de son groupe de rock, la naissance à venir et les allers-retours à Reims pour aller voir son père, il est à un de ces moments charnières, de ceux au cours desquels on fait un choix décisif pour sa vie future. Tout cela est évoqué avec beaucoup de pudeur, encore une fois sans voyeurisme. L’auteur excelle dans la manière de raconter le petit détail qui fait mouche et qui parle à tout le monde. On en redemande !

Un récit intime et poignant qui a beaucoup raisonné en moi.

Clara a beaucoup aimé elle aussi.

DESPLANQUES, Erwan, L’Amérique derrière moi, Éditions de l’Olivier, 2019.

13 réflexions sur « L’Amérique derrière moi – Erwan Desplanques »

    1. Il ne faut pas avoir de crainte de ce point de vue là. Le lecteur trouve parfaitement sa place et ça pourrait très bien ne pas être autobiographique.

  1. Je suis contente que tu aies aimé ! Je trouve dommage que beaucoup bloquent à cause du fait que ce soit de l’auto-fiction car il il a beaucoup de qualités. Une lecture bien plus marquante qu’il n’y paraît.

La parole est à vous !