L’amie prodigieuse III et IV – Elena Ferrante

L’été dernier, après un coup de cœur pour les tomes 1 et 2 de la saga italienne L’amie prodigieuse, j’avais décidé de faire une pause avant d’enchaîner sur la suite. J’ai profité des dernières vacances pour découvrir les deux derniers opus. Entre temps, j’ai visionné avec joie la première saison de l’adaptation en série.

Au début du troisième opus, intitulé Celle qui fuit et celle qui reste, Elena vient de terminer ses études supérieures à Pise et a publié un premier roman qui, à sans grande surprise, rencontre un franc succès. Elle s’apprête à se marier avec Pietro, un universitaire issu d’une famille d’intellectuels,  et à quitter définitivement Naples pour Florence. Nous sommes à la fin des années 1960, les mouvements protestataires et féministes s’organisent en France comme en Italie. Elena écoute, lit, s’instruit et s’approprie ces idées nouvelles.

De son côté, Lila travaille jusqu’à épuisement dans une usine de salaison et se fait exploiter par Bruno Soccavo, le patron. Comme d’autres ouvrières, elle est victime de harcèlement sexuel. Elle vit avec son fils et Enzo dans un appartement de San Giovanni a Teduccio et va mal. Ses contacts avec Lenù son très rares.

Celle qui fuit et celle qui reste est très différent des deux premiers tomes de la saga. Naples et son milieu populaire sont devenus lointains. Les personnages secondaires sont toujours nombreux mais certains apparaissent tandis que d’autres disparaissent quasiment. Elena s’englue dans une vie qui ne lui convient pas. Elle n’écrit plus, ne sort pas, vit uniquement pour ses enfants et son mari et regrette d’en être arrivé là après avoir autant donné pour ses études. On a envie de la secouer et on s’ennuie ferme, à l’image de sa vie.

Heureusement, le quatrième tome, L’enfant perdue, tient toutes ses promesses. Lila revient vivre à Naples avec Enzo et son fils Gennaro. Elle a découvert l’informatique grâce à Enzo qui a suivi des cours par correspondance. C’est l’époque des premiers ordinateurs et elle se passionne pour ce domaine. En bonne autodidacte, elle apprend par elle-même et devient performante. Le couple crée même une petite entreprise qui connaît beaucoup de succès au niveau local. Lila va mieux même si les guerres du quartier la rongent toujours. Ses rapports avec son entourage sont toujours aussi compliqués et Gennaro lui donne du fil à retordre.

Lenù, elle, veut quitter Pietro pour Nino Sarratore, qu’elle aime depuis l’enfance et qu’elle a retrouvé grâce à son livre. Emportée par la passion, elle laisse ses filles de côté et prend des risques considérables pour passer du temps avec Nino, qui est lui aussi marié. Sa belle-mère lui mène la vie dure, tout comme Pietro. Elena retrouve petit à petit le chemin de l’écriture et s’affirme enfin, autant en tant que femme que comme écrivain. C’est un vrai régal !

Lors d’une visite à Naples, Lenù et Lila se retrouvent. La route des deux femmes se rapproche, jusqu’à se mêler de plus en plus. Leur relation est toujours aussi complexe et on a parfois du mal à décrypter le caractère de Lila. On aimerait bien savoir ce qu’elle fait et ce qu’elle pense autrement qu’à travers le regard de son amie mais cela ne sera jamais le cas. Pour le plus grand bonheur du lecteur, Naples est de nouveau présente, avec ses histoires plus ou moins récentes entre habitants du quartier, ses règlements de compte, la drogue, la misère. Si le roman a connu autant de succès, la ville telle qu’elle est décrite y est certainement pour beaucoup.

Bref, c’est une saga inégale mais que je ne regrette pas d’avoir découverte. D’ailleurs, j’attends avec impatience la suite de l’adaptation en série !

FERRANTE, Elena, L’amie prodigieuse III : Celle qui fuit et celle qui reste, Folio, 2017.

FERRANTE, Elena, L’amie prodigieuse IV : L’enfant perdue, Gallimard, 2018.

18 réflexions sur « L’amie prodigieuse III et IV – Elena Ferrante »

    1. Il n’y a pas d’urgence. Je ne me serais certainement jamais lancée dans la série si une amie ne m’avait pas offert le premier tome. Il a traîné un an dans ma PAL et je me suis lancée quand je suis partie en vacances à Naples.

    1. Oui, je suis d’accord. J’avais envie de connaître la suite quand même mais j’ai décidé de l’emprunter alors que j’avais acheté les trois premiers.

  1. Moi c’est le contraire, j’ai beaucoup aimé le 3 et moins le 4 où l’auteur semble pressée d’en finir avec ses personnages et son histoire.
    Belle saga en effet, je regarderai un jour l’adaptation . Naples est l’un des personnages principaux du livre et presque on aurait envie d’aller y faire un tour.

    1. J’ai eu la chance de m’y rendre cet été. c’est une ville très particulière, aux ambiances multiples en fonction des quartiers. Et la région est magnifique ! Quand je me promenais, je pensais souvent aux personnages du roman.

    1. Oui, je ne me voyais pas ne pas lire le quatrième tome. Je voulais absolument savoir comment cette histoire se termine.

  2. Je n’ai jamais été tentée par ce livre mais je me demande des fois si j’ai tort. Je verrai plus tard si l’envie m’en prend. Je ne savais pas qu’il y avait une série, je croyais que c’était un film…

  3. J’ai trouvé aussi que la série était inégale selon les tomes mais je suis contente de l’avoir lue et j’ai passé d’excellentes moments !

    1. Je crois que c’est l’avis de beaucoup de lecteurs. Ce n’est pas évident de rester au même niveau sur une saga aussi longue et les attentes sont nombreuses et divergentes.

  4. Je n’ai pas encore commencé, j’ai les deux premiers sur mes étagères pour l’instant, je n’ai pas acheté la suite car si c’est inégal, ce n’est pas sûre que j’ai envie de tous les lire. Je n’ai pas regardé la série car je n’avais pas lu le premier, dommage.

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