« Laver les ombres » de Jeanne Benameur

Les portraits de deux femmes.
Léa, la fille, s’épuise dans la danse et fait souffrir son corps pour atteindre la perfection mais aussi pour combattre le mal être qui l’envahit régulièrement, pour se sortir du gouffre qui l’empêche de vivre pleinement son amour avec Bruno, un peintre.
Romilda, la mère, est une vieille dame qui vit seule avec un secret qui lui pèse lourd sur le cœur, trop lourd…A Naples, pendant la guerre, alors qu’elle n’a que 16 ans, l’homme qu’elle aime lui promet le mariage et la fait travailler dans une maison close.

Mais comment raconter la triste vérité à sa fille alors qu’elle a tout gardé pour elle depuis le début ? Est-ce que Léa va être capable de tout entendre ? Est-ce que Romilda va pouvoir vaincre sa honte et parler ? C’est un soir de tempête où tout le monde est barricadé chez soi que tout va se jouer…

                           

Laver les ombres est un roman face auquel on peut difficilement rester insensible en raison de son thème mais aussi de son écriture. Jeanne Benameur m’a fait vibrer. J’ai eu l’impression de devenir Léa, d’affronter la tempête avec elle… J’ai eu envie de pleurer avec Romilda et de l’aider. L’amour entre la mère et la fille, l’effet de vases communicants entre le psychisme de l’une et de l’autre m’a bouleversée. Bref c’est un vrai coup de cœur !

Quelques extraits:

Alors elle plonge la main sous le lit. Elle attrape un livre, toujours le même. Un vieux livre aux pages fatiguées, aux bords cornés. Un livre d’amour. Et elle lit. Désespérément.

Que les mots au moins l’emportent. Loin. Loin. (p.18)

Petite, elle a appris à guetter les signes de ce qu’on cache. C’est dans le corps que cela a lieu. Et cela reflète aussi, partout autour. Les mots ne viennent qu’après. Ou pas. (p. 36)

Apprendre à trébucher.
Intégrer le faux pas.
En faire sa danse.

Apprendre la marche imparfaite de tous ceux qui ont dans le corps un poids qui se déplace et les entraîne. Sans qu’ils y puissent rien.

Et danser avec ça.

Tous. Des semblables. Qui tentent de rétablir l’équilibre. A chaque pas. Entravés, empêtrés dans les vies et les histoires qui s’agrippent, déséquilibrent. (p.159)

Lire les avis extrêmement enthousiastes de Clarabel et de BelleSahi et aussi celui de Julie.

BENAMEUR, Jeanne, Laver les ombres, 2008.

13 réflexions sur « « Laver les ombres » de Jeanne Benameur »

  1. Ce roman est définitivement l’un de ceux qui me tentent le plus dans cette rentrée (parce qu’il fait bien partie de la rentrée, hein?) Ca semble vriament très touchant!

  2. @Karine : oui, il fait bien partie de la FAMEUSE rentrée littéraire…
    @Antigone : n’hésite pas !
    @Sylire : je ne connais pas « les demeurés » mais je suis certaine de lire d’autres livres de cet auteur !
    @BelleSahi : oui, son écriture est très touchante.
    @Françoise : je te le conseille vivement !

  3. J’ai lu « Laver les ombres » la semaine dernière et comme toi, j’ai poursuivi avec un autre Benameur. Je vais terminer « Présent ? » ce week-end. L’écriture de cette femme me plaît beaucoup.

  4. J’avais été subjuguée par l’écriture à la lecture de « Les demeurées ».
    J’ai été très sensible aussi à ce titre là..
    C’est une écriture à fleur de peau qui me touche beaucoup.

La parole est à vous !

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