Le bar du vieux français – Stassen et Lapière

Célestin, orphelin âgé de quatorze ans, fuit son village au coeur de l’Afrique pour un ailleurs qu’il imagine meilleur. Sa soeur meurt près du missionnaire qui les a baptisés et recueillis. Le jeune garçon se sent coupable et traînera cela toute sa vie. A bout de quelques années, il quitte la mission pour aller vers un nouvel ailleurs. C’est sur la route, alors qu’il fait une halte au bar du vieux français, en plein milieu du désert, qu’il fait la connaissance de Leïla. La jeune femme est née en France et fuit sa famille qui ne la laisse pas vivre comme bon lui semble. Le Maroc est le pays de ses origines. Elle s’y sent bien même si le voyage n’est pas simple quand on est une femme et qu’on n’a pas d’argent.

Leïla et Célestin se trouvent tout de suite. Ils font un petit bout de chemin ensemble jusqu’à ce que leurs routes se séparent à nouveau. Ils décident de s’écrire. Comme ils n’ont pas d’adresse, le bar du vieux français recevra leurs lettres. Ils se donnent également rendez-vous sur le lieu de leur première rencontre un an après. Le vieux français ouvre par hasard une de ces lettres puis lit les suivantes. Il raconte l’histoire de ces deux voyageurs en quête d’eux-mêmes aux touaregs et aux touristes de passage.

C’est un véritable voyage au coeur de l’Afrique que nous propose Le bar du vieux français. Dans cette ambiance chaude qui colle à la peau, le lecteur découvre la vie de deux jeunes adolescents sur qui pèse le poids des traditions. La fuite semble le seul moyen d’être libre. Dans ces circonstances, la construction de soi relève du parcours du combattant. Si la noirceur domine, tout n’est pas totalement sombre. L’amour tient une grande place. Et la vie aussi, tout simplement.

Strassen, avec son trait épais, nous entraine dans des paysages à la fois durs et envoûtants. Les expressions des personnages sont marquées. L’influence de l’art africain est d’ailleurs fortement présente.

Lapière propose quant à lui des personnages qui trainent des casseroles derrière eux mais ne se laissent pas abattre. La vie semble plus forte que tout.

STASSEN, Jean-Philippe, LAPIERE, Denis, Le bar du vieux français, Dupuis, 1999.

2 pensées sur “Le bar du vieux français – Stassen et Lapière”

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