Le bleu est une couleur chaude – Julie Maroh

A la mort de Clémentine, Emma hérite de ses journaux intimes. Elle découvre alors tous les souvenirs d’adolescente de celle qu’elle aime. Tout commence en 1994, quand la grand-mère de Clém’ lui offre un journal pour ses quinze ans. L’adolescente est en Seconde littéraire et rencontre Thomas, un Terminale.

« Je suis une fille et une fille, ça sort avec des garçons« , se dit-elle alors. Mais après six mois ensemble, Clem’ se rend compte qu’elle ne peut pas coucher avec lui. Pas parce que c’est la première fois. Plutôt parce que cela lui semble être contre sa nature. La nuit, elle rêve d’une inconnue aux cheveux bleu croisée un jour dans les bras d’une autre femme. Elle se sent seule, perdue, au fond du gouffre.

Clémentine finit par trouver quelqu’un à qui parler. Valentin, son meilleur ami, est homosexuel. Un soir, il l’emmène faire la tournée des bars gays et Clem’ croise par hasard Emma, la jeune femme pour qui elle avait eu un coup de foudre dans la rue quelques mois plus tôt. Mais Emma est en couple et Clem’ refoule son homosexualité. Dès le départ, leur histoire d’amour s’avère compliquée.

Le bleu est une couleur chaude est une BD qui a beaucoup fait parler d’elle, notamment suite à son adaptation au cinéma par Abdellatif Kechiche sous le titre La vie d’Adèle. Le film a reçu la Palme d’or à Cannes en 2013. Je ne l’ai pas (encore) vu, je ne pourrai donc pas comparer les deux œuvres.

La bande dessinée laisse une grande place à l’amour et à la sensibilité. L’histoire est racontée uniquement du point de vue de Clémentine car Emma est plus âgée, a été élevée dans une famille ouverte d’esprit et assume parfaitement son homosexualité. Pour Clem’, les choses sont beaucoup plus compliquées. Elle doit faire face à ses propres doutes mais aussi à l’intolérance de ses amis de lycée et au rejet de sa propre famille. Sa découverte du désir et de la sexualité se fait donc dans un contexte qui fait peu rêver.

Le scenario n’évite malheureusement pas quelques écueils. En effet, la copine d’Emma, avec ses cheveux courts et son allure masculine, me semble assez caricaturale. J’ai trouvé également que les raisons du décès de Clem’ arrivaient trop brusquement, sans être préparées. Il y a aussi une scène peu crédible, celle où Emma, qui dort chez Clem’ pour la première fois, sort de la chambre nue en pleine nuit pour aller boire alors que les parents sont dans la maison.

Si je ne suis pas fan non plus du trait de Julie Maroh, j’ai quand même beaucoup aimé cette histoire d’amour intense et bouleversante dans laquelle Clem’ se bat avec courage contre les préjugés. Les scènes d’amour sont de toute beauté et celles dans lesquelles elle se bat avec ses doutes sont criants de vérités.

Un livre poignant qui milite avec finesse pour la tolérance. A lire et à faire lire

MAROH, Julie, Le bleu est une couleur chaude, Glénat, 2010.

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42 réflexions sur « Le bleu est une couleur chaude – Julie Maroh »

  1. BD lue à sa sortie et adorée !! Coup de <3 pour moi et rien ne m'avait contrarié à l'époque. Vu le film aussi, assez différent au final, on ne retrouve pas l'ambiance de la BD mais c'est un bon film, dont les scènes sensuelles ont été critiquées (à tort moi je trouve même si cela reste des scènes très crues et sans doute pas faciles à jouer pour les actrices).

    1. Oui mais il n’y a pas que cela. C’est aussi l’histoire d’une femme qui se cherche, tout simplement, et une belle histoire d’amour.

  2. Ca reste ma BD préférée de tous les temps. C’est vrai qu’il y a quelques clichés, mais certaines personnes sont aussi des clichés. Dans ma classe, les garçons qui préfèrent les garçons sont par exemple assez repérables.
    Et l’histoire de la maladie, ce n’est pas ce que je préfère. Mais la lecture de cette BD m’arrache régulièrement quelques larmes.

    1. De toute façon, je pense qu’il est difficile d’éviter les clichés sur des sujets comme celui-ci. Le comportement des parents, par exemple, est caricatural mais sans doute très répandu, malheureusement.
      Je comprends l’émotion que te procure une telle lecture…

  3. Et bien, cela pique de plus en plus ma curiosité. Je l’avais complètement oubliée et pourtant, j’avais très envie de la lire à sa sortie. je vais la mettre sur ma wish list et à l’occasion je la lirai volontiers. En tout cas, tu donnes envie de la lire.

    1. Je l’avais oubliée moi aussi et je suis tombée dessus par hasard à la médiathèque. Je n’ai pas hésité une seule seconde à l’emprunter !

    1. J’ai été moins sensible au graphisme mais le scénario est tellement réussi que je suis complétement passée au dessus de cela.

  4. Ce fut un coup de coeur sans réserve pour moi. Quelle BD !!
    Depuis, j’ai vu le film, très différent. Mais très fort aussi.

    1. J’ai vu la bande annonce et je crois que je vais laisser passer un peu de temps avant de voir le film. Les images de la BD sont encore très fraîches dans ma tête et j’ai peur d’être déçue.

  5. Lu il y a des années… J’avais aimé cette lecture, que je suis contente d’avoir à la maison d’ailleurs ! Peut-être pourrais-je trouver le temps de le relire ?

La parole est à vous !