Le chagrin des vivants – Anna Hope

A la veille du deuxième anniversaire de l’Armistice, l’Angleterre s’apprête à recevoir le corps du soldat inconnu, rapatrié depuis la France, et à lui rendre hommage. Encore fortement marquée par la guerre, la population londonienne va pouvoir épancher sa peine. Parmi elle, trois femmes de milieux différents vivent chacune à leur manière cet évènement.

Ada a perdu Michael, son fils, et vit murée dans son chagrin. Proche de la folie, elle a parfois l’impression de le croiser dans la rue et va jusqu’à le suivre pour finalement s’apercevoir qu’il s’est évaporé. Jack, son mari, est chaque jour à ses côtés sans qu’elle lui prête vraiment attention. Ada ne sait pas comment son fils est mort et n’arrive pas à faire son deuil.

Hettie danse avec d’anciens soldats au Palais pour quelques pences et donne une partie de son maigre salaire à sa famille. Elle vit pauvrement et espère trouver l’homme qui lui permettra de s’acheter une robe neuve, comme son amie Di. Son frère est rentré de la guerre fortement marqué et elle ne sait pas comment le sortir de là.

Le fiancé d’Evelyn est mort au front. Employée dans une usine d’armement pendant la guerre, elle a perdu un doigt et travaille désormais au bureau des pensions de l’armée. Face à elle, des soldats porteurs de nombreuses séquelles qui réclament leur dû mais ne sont pas toujours satisfaits.

La narration passe de la vie de l’une de ces trois femmes à l’autre, brossant en arrière plan le portrait d’une société qui a du mal à comprendre la douleur et les souffrances de ceux qui ont combattu en France ou qui ont perdu leurs proches. Ada, Hettie et Evelyn sont terriblement seules, incapables de partager le mal qui les rongent. Faut-il creuser le passé ou tenter de l’oublier ? Chacune répond à sa manière et tente de continuer à vivre.

J’ai découvert avec surprise que Le chagrin des vivants était le premier roman d’Anna Hope. Quelle maitrise de la narration ! Dès les premières pages, le lecteur est happé par la vie de ces trois femmes et tourne les pages avec avidité pour connaître leur trajectoire. L’auteure réussit à créer un certain suspens et nous plonge avec une grande précision dans un univers vieux d’un siècle. Les remerciements montrent d’ailleurs, s’il en était encore besoin, qu’elle s’est beaucoup documentée. Voilà qui me donne envie de découvrir son deuxième roman, La salle de bal.

Merci à MTG qui m’a convaincue de découvrir ce livre.

HOPE, Anna, Le chagrin des vivants, Gallimard, 2016.

27 réflexions sur « Le chagrin des vivants – Anna Hope »

    1. Oui, La salle de bal rencontre pas mal de succès auprès des blogueurs. Je l’ai déjà réservé à la médiathèque et j’espère qu’il me plaira autant que celui-ci.

  1. Mon commentaire de ce matin n’a pas l’air d’être passé. Je disais que je ne l’avais pas lu, mais je suis plongée dans « La salle de bal » qui m’accroche bien.

    1. J’ai fait une erreur de manipulation en publiant l’article. Ton commentaire, et d’autres, apparaissent dans les feedback et je suis la seule à pouvoir les lire. J’ai réussi à faire en sorte que cela ne se reproduise pas mais je n’arrive pas à les remettre en commentaires.
      Je vais poursuivre ma découverte de cet auteur, c’est certain.

    1. Je crois que Valérie du blog Parenthèse de caractère(s) n’a pas aimé mais c’est le seul avis « négatif » dont je me souviens.

    1. Moi aussi, j’aime beaucoup quand on est plongé dans une ambiance et qu’il y a un arrière plan historique.
      Le dimanche touche à sa fin et il va falloir retourner à la réalité demain matin 🙁 !

  2. Comme toi, je l’ai lu et chroniqué dans la foulée, très enthousiaste, suite au coup de coeur de Mind the Gap. Et, comme toi,  » La salle de bal « , roman pour lequel j’hésitais avant de lire  » Le chagrin des vivants  » est dans ma liste !

  3. Je suis ravi que tu aies aimé ce roman , qui est le coup de foudre 2017 pour moi. La salle de bal est dans la même veine, sur la même construction, un régal aussi.
    Oui, pour un premier roman, c’est impressionnant , elle est douée cette jeune auteur anglaise !

  4. J’ai beaucoup aimé ce premier roman, une belle écriture, des portraits de femmes émouvants, une maîtrise de la narration comme tu l’as dit, une accélération de rythme vers la fin…Une réussite. J’ai très envie de lire  » La salle de bal » mais je vais attendre un peu car c’est quand même « éprouvant » (notamment un passage).

    1. C’est vrai que ce n’est pas un sujet très joyeux et que, parfois, on a besoin de lire des choses plus légères. Merci de ton passage ici, ça me fait toujours plaisir de savoir que tu es toujours là.

      1. Merci, c’est gentil…Bon, j’ai craqué! hier, j’ai emprunté « La salle de bal ». J’aime déjà beaucoup…
        à bientôt!

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